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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 06:23
Elections en Israël : la « liste commune » non-sioniste, soutenue par les partis arabes et le Parti communiste à 11 % !

Élections en Israël : la « liste commune » non-sioniste, soutenue par les partis arabes et le Parti communiste à 11 % !

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Le pari est réussi pour l'alliance historique constituée par la « Liste commune » (al-Qaimah al-Mushtarkah en arabe) : les principaux partis arabes unis à la coalition Hadash, menée par le Parti communiste, c'était une première.

Le résultat est, lui aussi, historique : avec près de 11 % (10,98 %), elle devient la troisième force politique du pays, c'est le meilleur score obtenu par des forces qui s'inscrivent dans la critique du consensus sioniste, la défense de la minorité arabo-palestinienne, et l'établissement d'une paix juste garantissant les droits du peuple palestinien à disposer d'eux-mêmes.

A titre de comparaison, en 2013, divisés, le Hadash/Parti communiste avait obtenu 3 %, la Liste arabe unie 3,5 % et le parti arabe Balad 2,5 %, soit 9 % en tout, avec 11 députés. Il y a dix ans, en 2003, le rapport de force restait identique : 7,5 %, dont 3 % pour le Hadash, et 8 députés en tout.

C'est une victoire politique, une résistance et une riposte à un pouvoir israélien, menée par la droite extrémiste de Netanyahu, qui multiplie les provocations envers la minorité arabe : la définition officielle d’Israël comme « État juif » constituant une attaque claire sur ses droits civiques.

S'affirmant clairement non-sioniste – dans un scrutin contesté par l'ultra-sioniste Likoud de Netanyahu d'un côté, et le Parti travailliste réuni dans « l'Union sioniste » avec le parti de la figure de la droite nationaliste Tzipi Livni – la « Liste commune » a fait le choix de l'unité entre Arabes et Juifs animés par un souci de paix, d'égalité et de justice sociale.

Le discours rassembleur mais ferme sur les principes de la tête de liste, le jeune leader du Hadash Ayman Odeh, a joué dans le succès de la « liste commune ». La présence du leader communiste Dov Khenin, juif, communiste et défenseur des droits des Palestiniens, est aussi un symbole.

Les deux feront partie de la prochaine Knesset – le Parlement israélien -, accompagnant 12 de leurs camarades, 14 députés qui porteront la voix des sans voix en Israël : la minorité arabe opprimée, les Arabes et Juifs prêts, selon un des mots d'ordre de la liste, à une « co-existence pacifique ».

Nous transmettons ci-dessous le communiqué du Parti communiste d'Israel (traduction d'EDT/AC):

« Les partis du premier ministre Benjamin Netanyahu et de son challenger Isaac Herzog ont obtenu respectivement 29 et 24 sièges sur les 120 sièges de la Knesset aux élections générales israéliennes du mardi 17 mars. La « Liste unie » a remporté 14 sièges, 3 de plus que les 11 sièges obtenus séparément par le Hadash et les partis arabes dans la Knesset sortante. La « Liste unie » constituera le 3 ème bloc le plus important dans la prochaine Knesset.


« Aujourd’hui, nous apportons notre réponse au racisme et à ceux qui veulent nous exclure » a déclaré le leader de la « Liste unie », Ayman Odeh. « Quand on aura 14 députés, on sera en mesure de peser sur la prise de décision ; personne ne pourra agir sans tenir compte de la troisième force parlementaire ».


Trois heures après le début du vote, la participation dans les secteurs arabes approchait déjà les 10%, à comparer avec les 3% de 2013. La nouvelle a rapidement atteint le premier ministre Netanyahou. « La domination de la droite est en danger. Les électeurs arabes vont aller voter en masse » a déclaré le leader de droite. « Allez voter, amenez vos amis et vos proches, votez pour le Likoud ! ».


Le député communiste du Hadash, Dov Khenin, candidat sur la « Liste commune » a accusé Netanyahou de racisme, et d'incitation à la haine à l’égard des électeurs arabes : « Un premier ministre qui fait campagne contre le vote de citoyens appartenant à une minorité ethnique franchit la ligne rouge du racisme, et de l'incitation à la haine » a affirmé Khenin.


Des membres de la « Liste commune » ont relaté que des coups de fil et des SMS avaient été envoyés par le Likoud pour pousser ses partisans à aller voter pour contrer la forte participation arabe constaée dans la matinée, à intimider des citoyens arabes, afin de les dissuader d’aller voter. Le député Khenin a saisi la Commission électorale centrale pour que le Likoud cesse immédiatement de diffuser ce type de messages. « C’est particulièrement grave un jour d’élection, quand le message adressé à tous les citoyens israéliens est de participer, de voter, de participer au système démocratique. En lançant de tels messages, le premier ministre montre qu’il est complètement à la dérive et qu’il est prêt à violer tous les principes démocratiques pour rester au pouvoir ».


Le leader de la « Liste commune », Ayman Odeh a voté dans la matinée près de son domicile à Haïfa avant d’entamer une journée de campagne. « Comme tout électeur arabe aujourd’hui, je suis excité à l’idée de voter, de faire partie de l'histoire, en participant à un tournant historique qui va fondamentalement changer la vie des citoyens arabes et de tous les citoyens de l’Etat » a-t-il déclaré. « Je vous appelle tous à aller voter ce matin, à croire qu’il est possible que les choses s’améliorent ici, que nous – Arabes et Juifs – pouvons construire un meilleur avenir pour nos enfants, de nos propres mains ».


A la précédente Knesset, le parti Hadash (Front démocratique pour la paix et l’égalité – parti communiste d’Israël) avait quatre sièges. Il en a maintenant cinq : Ayman Odeh, Aida Touma-Sliman, Dov Khenin, Youssef Jabareen et Abdallah Abu-Maarof. Touma-Sliman, Khenin et Abu-Maarof sont membres du Bureau politique du Comité central du Parti communiste d’Israël. »

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 06:21
Il y a 50 ans, la mort de Malcolm X : souvenirs de sa rencontre historique avec Fidel Castro à New York

Il y a 50 ans... la mort de Malcolm X : rappel de sa rencontre historique avec Fidel Castro à New York

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

« Tant que l'Oncle Sam est contre toi, tu sais que es tu un bon gars », ce fut un des commentaires que fit Malcolm X à Fidel Castro le 19 septembre 1960, quand ils se rencontrèrent à l'Hôtel Theresa de Harlem, pour cette seule et unique occasion.

Fidel était venu à New York pour participer à l'Assemblée générale des Nations Unies. La Révolution cubaine était au pouvoir depuis un peu plus d'un an et demi, mais l'opposition du gouvernement nord-américain au processus naissant était déjà manifeste. Un climat hostile anti-cubain se répandait à travers la presse et les déclarations des porte-paroles du gouvernement états-unien. Les gérants des principaux hôtels new-yorkais refusaient de loger la délégation cubaine. Le seul qui offrait ses services exigeait des conditions humiliantes.

En sac à dos et en treillis de combat, le Premier ministre cubain fit donc irruption à l'improviste à l'ONU et affirma sa détermination de camper dans les jardins du siège de l'organisme mondial. Immédiatement, la solidarité de la communauté latine et afro-américaine fut patente. La délégation cubaine fut invitée à se loger à l'hôtel Theresa, au plein cœur d'Harlem, le quartier pauvre du peuple noir new-yorkais. Parmi les coordinateurs de cette action se trouvait Malcolm X, dirigeant alors de Nation of Islam.

La rencontre entre ces deux leaders, dans la chambre qu'occupait Fidel, fut fraternelle et comprit de nombreuses réflexions philosophiques et politiques. On y parlait de Cuba et du peuple afro-américain, de Lumbumba et d'Afrique, du racisme et de la solidarité. Les mots du Commandant en chef scellèrent la raison qui unissait ces hommes: « Nous luttons pour les opprimés ».

Un des journalistes invités à cette rencontre historique, Ralph D.Matthews écrivit un article pour l'hebdomadaire New York Citizen-Call, qui fut publié le 24 septembre 1960. Cubadebate le reproduit pour ses lecteurs.

Dans la chambre de Fidel

Pour voir le premier ministre Fidel Castro après son arrivée à l'Hôtel Theresa de Harlem, il fallait se frayer un chemin parmi une petite armée de policiers de New York qui surveillaient le bâtiment, ainsi que plusieurs agents de sécurité états-uniens et cubains.

Mais une heure après l'arrivée du dirigeant cubain, s'entassaient Jimmy Booker du journal Amsterdam News, le photographe Carl Nesfield et moi-même dans la tempête de la chambre Caribéenne et nous l'écoutons échanger des idées avec le leader musulman Malcolm X.

Le docteur Castro ne voulait pas perdre son temps avec les reporters des quotidiens, mais il accepta de voir à deux représentants de la presse noire.

Malcolm X fut un des rares qui purent entrer parce qu'il avait récemment été nommé pour un Comité d'accueil de dignitaires en visite qui avait été mis sur pied à Harlem par le Conseil de quartier du 28ème district.

Nous suivions Malcolm et ses collaborateurs, Joseph et John X, au bout du couloir du neuvième étage. Fourmillant de photographes, frustrés de ne pas avoir pu voir le barbu Castro, et de reporters vexés d'avoir été refoulés par les agents de sécurité.

Nous passons en les frôlant et, un par un, on nous laissa entrer dans la chambre du docteur Castro. Il se leva et serra la main de chacun d'entre nous. Il semblait être de très bonne humeur. L'accueil enthousiaste que lui avait réservé Harlem semblait encore résonner dans ses oreilles.

Castro portait un treillis militaire vert. Je l'attendais aussi débraillé que les photos des magazines le laissait apparaître. A ma grande surprise, sa tenue décontractée était repassée, immaculée et impeccablement propre.

Sa barbe, dans la faible lumière de la chambre, était couleur café avec juste une pointe de rouge.

Après les présentations, il s'assit au coin du lit, et demanda à Malcolm X de s'asseoir à ses côtés et parla dans un curieux anglais approximatif. Nous qui étions autour de lui n'avons pas saisi les premiers mots qu'il prononça, mais Malcolm les entendit et répondit: « Pour vous, le centre de la vie était glacial. Et ici, c'est chaleureux. »

Le premier ministre sourit, acquiesçant: « Aaah, oui. On sent bien cette chaleur, ici ».

Ensuite le dirigeant musulman, toujours combatif, dit: « Je crois que tu trouveras que le peuple de Harlem n'est pas tant 'accro' à la propagande venue du centre-ville ».

Dans un anglais hésitant, le docteur Castro dit: « Cela, je l'admire. J'ai vu comment la propagande peut changer les gens. Votre peuple vit ici et est confronté constamment à cette propagande et pourtant il comprend les choses. C'est très intéressant. »

« Nous sommes 20 millions », affirma Malcolm, « et nous comprenons toujours ».

Des membres du parti de Castro entrèrent depuis la chambre adjacente, rendant la petite chambre encore plus étroite. La plupart des cubains fumaient de longs cigares et quand quelque chose les amusait, ils penchaient la tête en arrière et expulsaient des bouffées de fumée tout en riant.

Les gestes que faisaient Castro en parlant étaient étranges. Il touchait ses tempes avec ses doigts tendus comme s'il voulait souligner quelque chose ou se taper la poitrine comme pour s'assurer qu'elle était toujours là.

Son interprète traduisait les phrases plus longues de Malcolm X en espagnol et Castro écoutait attentivement et souriait poliment.

Au cours de la conversation, le Castro de Cuba et le Malcolm de Harlem couvrirent un vaste champ philosophique et politique.

Sur ces problèmes avec l'Hôtel Shelbourgne, le docteur Castro déclara: « Ils ont notre argent, 14 000 dollars. Ils ne voulaient pas que nous venions ici. Quand ils surent que nous viendrions ici, ils ont voulu que nous venions accompagnés »

Sur la discrimination raciale, il affirma: « Nous luttons pour tous les opprimés ». Mais il leva une main prudente: « Je ne voudrais pas intervenir dans la politique intérieure du pays ».

Et ensuite, avec une petit ton de mise en garde, en parlant toujours sur la question générale de l'inégalité raciale, le docteur Castro déclara: « Je parlerai à l'Assemblée (Générale des Nations Unies) ».

Sur l'Afrique:

« A-t-on des nouvelles de Lumumba? », Malcolm X répondit par un grand sourire au fait que soit mentionné le dirigeant congolais. Castro leva alors la main: « Nous allons essayer de le défendre (Lumumba) énergiquement ».

« J'espère que Lumumba séjournera ici au Theresa ».

« Il y a 14 nations africaines qui font leur entrée à l'Assemblée. Nous sommes latino-américains. Nous sommes leurs frères ».

Sur les noirs nord-américains:

« Castro lutte contre la discrimination à Cuba, partout ».

« Notre peuple change. Nous sommes désormais un des peuples les plus libres du monde ».

« Vous êtes dépourvus de vos droits et vous les réclamez »

« Aux Etats-unis, les noirs ont plus de conscience politique, une vision claire des choses, que quiconque ».

Sur les relations entre les Etats-unis et Cuba:

En réponse à l'affirmation de Malcolm selon laquelle « Tant que l'Oncle Sam est contre toi, tu sais que tu es un bon gars », le docteur Castro répondit: « Pas l'Oncle Sam, mais ceux qui contrôlent ici les revues et les journaux ».

Sur l'Assemblée générale des Nations unies:

« Il y aura une leçon formidable à tirer de cette session. Bien des choses se passeront lors de cette session et les peuples auront une idée plus claire de leurs droits ».

Le docteur Castro a terminé sa conversation en tentant de citer Lincoln: « On peut tromper une partie du peuple, un moment... », mais l'anglais lui manqua, et il leva les bras comme pour dire: « Vous savez bien ce que je veux dire ».

Malcolm, se levant pour les adieux, expliqua ce qu'était son organisation musulmane à un reporter cubain qui venait d'arriver: « Nous sommes des adeptes de Elijah Muhammad. Lui dit que nous pouvons nous asseoir et prier pour 400 années de plus. Mais si nous voulons nos droits maintenant, il va falloir que... ». Ici, il s'arrêta et sourit énergiquement, « Bien... »

Castro sourit. Il sourit de nouveau quand Malcolm lui renconta une histoire: « Personne ne connaît mieux son maître que ceux qui le servent. Nous avons été des serviteurs depuis que l'on nous a emmené ici. Nous connaissons tous ces petits trucs. Tu comprends? Nous savons tout ce que va faire le maître avant qu'il ne le sache lui-même. »

Le dirigeant cubain écouta la traduction en espagnol et ensuite pencha sa tête en arrière en riant de bon coeur: « Si », dit-il avec enthousiasme, « Si ».

Après les « adieux », nous avons arpenté de nouveau le couloir bondé, pris l'ascenseur qui nous déversa dans la rue, où la foule était toujours massée.

Un riverain de Harlem enfiévré lança dans la nuit un seul cri: « Vive Castro! »

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 06:27

Appel du Parti Communiste d'Ukraine : « non à l'interdiction du Parti communiste, non à la guerre, non au fascisme ! »


 

Traduction pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/


 

La nomination du nouveau Procureur général Viktor Chokine a conduit à une pression patente et sans précédent sur le Tribunal administratif du district de Kiev pour forcer les juges à consciemment livrer un verdict illégal – qui violerait la Constitution, la Loi ukrainienne, le Droit international – et à interdire le Parti communiste d'Ukraine. Le caractère impudemment arbitraire du procureur se reflète clairement dans la décision du Tribunal administratif du district de Kiev de refuser de continuer à examiner l'affaire à cause des pressions venant du Bureau du Procureur.


 

Il est clairement apparu que le principal objectif du Procureur général nouvellement nommé n'est pas de combattre la corruption et le crime, ni d'établir la vérité sur les réels assassins des activistes de Maidan, ceux qui sont morts dans l'incendie de la Maison des Syndicats d'Odessa en mai 2014 et ceux qui ont été tués à Mariupol et Krasnoarmeisk, mais de mener des représailles politiques contre le Parti communiste – la seule force politique qui lutte en réalité contre le pouvoir absolu des oligarques et qui protège les droits des travailleurs. Le seul parti qui appelle à la paix et la préservation de l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Le seul parti qui résiste à la diffusion du fascisme et du nationalisme obscurantiste.


 

Ces représailles devaient être calées sur l'anniversaire du Coup d’État de février (2014), et vues comme une « victoire » du régime qui détournerait l'attention de l'échec complet de ce pouvoir, l'absolue pauvreté régnant dans la société et la faillite du pays.


 

Tout en menant la persécution du Parti communiste, le nouveau Procureur général accélère personnellement le processus visant à monter des allégations contre les membres de la faction communiste au Parlement qui a voté pour la loi du 16 janvier 2014.


 

A ce sujet, le présidium du Comité central du Parti communiste d'Ukraine affirme que le 16 janvier 2014 les députés communistes ont voté pour la préservation de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, le désarmement des gangs militaires, la mise en échec du fascisme et du nazisme, la protection des tombes, mémoriels et obélisques en hommage aux héros de la Grande guerre patriotique contre les vandales.


 

Le présidium du Parti communiste d'Ukraine attire l'attention du monde entier sur le fait que la persécution des communistes et des dissidents, la destruction voulue de l'Ukraine et de son peuple par la junte oligarchique, repose sur les mêmes slogans qui ont été utilisés par les complices d'Hitler durant la Grande guerre patriotique, ceux qui ont réalisé des atrocités comme les massacres de Babi yar et Volyn.


 

Dites non à la guerre en Ukraine ! Non au fascisme !

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 06:51
Les 25 réformes structurelles que le gouvernement grec a promis à Bruxelles

Les 25 réformes structurelles que le gouvernement grec promet à Bruxelles

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Plus dure sera la chute. La colère grande à SYRIZA, où certains dénoncent une trahison, une capitulation face à la Troïka. Qu'en est-il ? Le projet de réformes structurelles envoyé par le Ministre de l'Economie grec donne une réponse : les Grecs vont encore souffrir

Répondre à d'immenses aspirations populaires, satisfaire de maigres promesses sociales se chiffrant néanmoins en milliards, le tout sans toucher aux privilèges des armateurs, du clergé, de l'armée, en respectant les engagements européens et en payant toute la dette. Comment faire ?

La réponse : en s'engageant non seulement à continuer les plans d'austérité précédents mais à aller plus loin dans les « réformes structurelles » exigées par l'UE.

De l'engagement auprès du peuple grec à celui auprès des dirigeants européens

Un petit jeu pour mesurer, en quelques jours, l'ampleur des reculs. Le 11 janvier, le ministre de l'Economie Varoufakis déclare devant l'Eurogroupe : « le peuple grec nous a donné un mandat fort pour mettre un terme au cycle de l'austérité qui a causé d'immenses dégâts sociaux et économiques.

Le nouveau gouvernement s'est engagé à ramener l'espoir, la dignité et la fierté aux citoyens grecs et à mettre en place un programme général pour traiter les racines de la piètre performance socio-économique de la Grèce ».

Le 16 janvier, les mandataires ne sont plus les mêmes : « la tâche du gouvernement est de mettre en place les réforme profondes dont la Grèce a besoin pour stopper les forces combinées de la déflation et de la spirale négative de la dette, de retrouver une croissance portée par l'investissement et de maximiser la valeur actuelle nette des remboursements de la dette à nos créanciers ».

« Notre gouvernement sera le plus réformateur de l'histoire grecque »

Dès le 11 janvier, Varoufakis mettait les choses au clair : « son gouvernement a été élu pour stabiliser, réformer, ramener la croissance en Grèce », réaffirmait ses engagements : « garder des finances publiques saines », « réaliser des réformes structurelles », « favoriser l'investissement ».

Il allait plus loin : « notre gouvernement sera le plus réformateur de l'histoire grecque moderne, parmi les plus enthousiastes réformateurs d'Europe ». De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace.

Dans ce document, point par point, Varoufakis rassurait les dirigeants européens : les privatisations ? « Notre gouvernement est tout sauf dogmatique, nous allons évaluer chaque projet au cas par cas. Tout ce qui a été dit dans les médias sur la privatisation du port du Pirée est très loin de la réalité. En fait, c'est tout le contraire, l'investissement étranger sera favorisé ».

Le salaire minimum ? « Ce sera progressif après septembre, avec consultation du patronat et des syndicats … pour ne pas pénaliser la compétitivité en échange le gouvernement s'engage à des réformes, ainsi dans la sécurité sociale avec la réduction des cotisations salariales ».

La ré-embauche de fonctionnaires ? « Elle sera limitée à 2 013 cas .. et se paiera par des économies dans d'autres postes de dépenses publiques ».

Trois promesses : respecter les engagements, rigueur budgétaire, payer la dette

On pourrait continuer. Le 16 février, Varoufakis affirme à la Troika ses trois engagements : « (1) réaffirmation de notre engagement à respecter les termes de notre accord de prêt avec tous les créanciers ; (2) aucune action qui ne menace de grever le budget actuel, ou a des implications sur la stabilité financière ; (3) aucune action visant à diminuer la valeur des prêts contractés ».

L'accord conclu avec l'Europe pour étendre les prêts européens sur 6 mois prévoyait en contre-partie l'adoption de « réformes structurelles » à proposer du côté du gouvernement grec. Poursuite des plans d'austérité de la Troïka, sous un autre nom, en somme.

A quoi ressemblent alors les « réformes structurelles » proposées par le gouvernement grec ? 7 pages très denses, 66 points dans 14 domaines. Quand le gouvernement Tsipras annonce qu'il sera « le plus réformateur de l'histoire grecque », cela se vérifie.

La plupart des engagements restent encore très vagues dans la « réforme fiscale structurelle », la « stabilité financière », « les politiques de croissance », et la « réponse à la crise humanitaire ».

Cela ne dit pas tout mais les réformes fiscales et les politiques de croissance occupent 2 pages, celles sur la stabilité financière 1 page … la réponse à la crise humanitaire, quelques lignes !

Sur quels engagements concrets le gouvernement grec va partir pour les prochains mois ? Le gouvernement multiplie les déclarations – y compris dans son plan – sur la lutte contre la corruption, l'évasion fiscale, les trafics, cela reste hypothétique.

25 réformes structurelles (sans nuance) promises par le gouvernement grec

Sur le concret, on peut résumer en 25 points :

1 – AUGMENTATION CIBLEE de la TVA ? : La « rationalisation de la TVA » dit Varoufakis, avec refonte des taux de façon « à maximiser les revenus sans pénaliser la justice sociale ». Le gouvernement souhaite « limiter les exemptions » (pas les supprimer) et « éliminer les décomptes non-raisonnables » (quels sont ceux raisonnables?) ;

2 – SPENDING REVIEW dans le PUBLIC : « Révision et contrôle des dépenses publiques » (spending review) : dans l'éducation, la santé, le transport, l'administration locale, les aides sociales. Le « spending review » a été l'instrument utilisé par le gouvernement social-libéral italien actuel pour imposer une « austérité juste » (sic).

3 – AMELIORER l'EFFICACITE des ADMINISTRATIONS : « Améliorer drastiquement l'efficacité des administrations locale et centrale en ciblant les promesses budgétaires, par des restructurations de la gestion et la ré-allocation des ressources mal distribuées ». Réforme de l’État, économies budgétaires, restructurations rationnelles, on connaît..

4 – COUPER DANS les DEPENSES PUBLIQUES : « Identifier des mesures par une spending review dans chaque ministère et la rationalisation des dépenses non salariales ». Soit couper désormais dans les dépenses publiques, des ministères, sans toucher directement les salaires

5 – LIMITER les DEPENSES de SANTE : « Contrôler les dépenses de santé tout en améliorant la livraison, la qualité des services médicaux, et en garantissant un accès universel ». Pour réaliser cette mission impossible, faire plus en dépensant moins, le gouvernement sera « aidé par l'OCDE », connu pour pester contre les systèmes de santé publics trop coûteux …

6 – LUTTER contre les RETRAITES ANTICIPEES : Travailler à « l'unification du système de retraites, en éliminant les failles dans le système, les incitations qui conduisent à une augmentation excessive des retraites anticipées, en particulier dans les banques et le secteur public ». En pointant les abus réels, au nom de l' « égalité » et de la lutte contre les privilèges cela signifie faire accepter un recul de l'âge de départ à la retraite.

7 – REALISER DES ECONOMIES sur les CAISSES de RETRAITE : « Consolider les caisses de retraite de façon à réaliser des économies ». Comment, sans toucher aux pensions, ni aux personnels des caisses ?

8 – Un REVENU (très) MINIMIMUM GARANTI … contre les RETRAITES avant 65 ANS : « aider les employés entre 50 et 65 ans y compris par un revenu minimum garanti, afin de lever les incitations à prendre des retraites anticipées ». Autrement dit, plutôt un revenu minimum pour tous à 500 € qu'une retraite à 1 000 € !

9 – HAUSSE DE LA PRODUCTIVITÉ dans le PUBLIC sans HAUSSE SALARIALE : « Réformer la grille des salaires dans le secteur public, avec pour but de 'décomprimer la distribution des salaires' via des gains de productivité et des politiques de recrutement appropriés sans réduire les paliers salariaux actuels, mais en s'assurant que la facture des salaires dans le secteur public n'augmente pas ». Cela signifie, travailler plus (intensément), embaucher guère plus (voire moins), sans gagner plus !

10 – REDUIRE les AVANTAGE SOCIAUX Dans le PUBLIC : « Rationaliser les avantages non-salariaux, pour réduire la dépense globale dans le secteur public, sans mettre en péril le fonctionnement du secteur public, en accord avec les pratiques de l'UE ». Réduire les dépenses dans les services publics, comment, sans dégrader le service ?

11 – MAXIMISER la MOBILITE dans le SECTEUR PUBLIC : Promouvoir des mesures comme « l'amélioration des mécanismes de recrutement, encourager les nominations managériales au mérite, processus juste pour maximiser la mobilité des ressources humaines et autres dans le secteur public ».

12 – S'ENGAGER auprès des BANQUES BIEN GEREES : La Grèce est engagée « auprès des banques qui sont gérées sur des principes commerciaux/bancaires sains »

13 – ASSURER la STABILITE du SECTEUR BANCAIRE avec la BCE : « Utiliser le Fonds de stabilité financière héllénique et s'assurer, en collaboration avec la BCE, la Commission européenne et le SSM, pour s'assurer qu'il joue son rôle consistant à assurer la stabilité du secteur bancaire et ses prêts aux banques commerciales, tout en respectant les règles européennes de concurrence ».

14 – RESPECT des PRIVATISATIONS déjà réalisées : S'engager à « ne pas revenir sur les privatisations déjà actées. Là où le processus de contrat a été lancé, le gouvernement respectera le processus, conformément à la loi »

15 – MISSIONS de SERVICE PUBLIC dans les FIRMES PRIVATISEES : Préserver la « fourniture de biens publics fondamentaux par les firmes/industries privatisées » en conformité avec la « législation européenne » ;

16 – ENCORE PLUS DE PRIVATISATIONS : « Analyser les privatisations qui n'ont pas encore été lancées, avec en vue d'améliorer ses termes afin de maximiser les revenus à en tirer par l’État, améliorer la concurrence dans les économies locales, promouvoir la reprise économique nationale et stimuler les perspectives de croissance ;

17 – PLUS de PARTENARIATS PUBLIC-PRIVE : Adopter une approche « au cas par cas, avec l'accent mis sur les concessions sur le long terme, les partenariats public-privé et les contrats qui maximisent non seulement les revenus gouvernementaux mais aussi les perspectives d'investissement privé ».

18 – De l'EMPLOI TEMPORAIRE bon marché sur le dos des CHOMEURS : « Etendre et développer le schéma actuel qui accorde des emplois temporaires aux chômeurs »

19 – HAUSSE graduelle du SMIC … contre FLEXIBILITE : Lancer une « nouvelle approche intelligente des négociations salariales collectives qui balance besoins de flexibilité et justice. Cela inclut l'ambition d'augmenter les salaires minimum tout en préservant la compétitivité et les perspectives d'emploi .. l'ampleur et le timing des changements sur le salaire minimum sera fait en consultation avec les partenaires sociaux et les institutions européennes et internationales »

20 – DEVELOPPER la CONCURRENCE LIBRE et non-FAUSSEE : Supprimer les « barrières à la concurrence »,

21 – LUTTER contre la BUREAUCRATIE : Introduire des actions pour « réduire le fardeau administratif de la bureaucratie », dont « une législation qui interdit les administrations publiques de demander des documents que l'Etat possède déjà ».

22 – DEMANTELER les PROFESSIONS REGLEMENTEES : « Poursuivre les efforts pour lever les restrictions disproportionnées et injustifiées dans les professions réglementées, dans le cadre de la stratégie générale pour frapper les intérêts corporatistes » ;

23 – LIBERALISER le MARCHE de l'ENERGIE, respect des DIRECTIVES de l'UE : « Aligner la législation du marché du gaz et de l'électricité avec les bonnes pratiques et la législation de l'UE ».

24 – DEVELOPPER les BONS ALIMENTAIRES : Répondre aux besoins … « nés de la montée de la pauvreté absolue par des mesures non-pécuniaires fortement ciblées (ex : bons alimentaires) »

25 – UN REVENU MINIMUM GARANTI pour TOUS … sans DEPENSES SUPPLEMENTAIRES : Évaluer « le schéma de Revenu minimum garanti en vue de l'étendre nationalement », ce qui doit se faire « sans aucun impact fiscal négatif »

Les dirigeants européens n'ont pas sauté au plafond, ils ont considéré le document comme « un bon point de départ ». Un bon point de départ pour continuer à faire payer plus le peuple grec jusqu'à l'agonie, les faire payer une dette indue pour soutenir l'Euro de la misère.

Combien de temps va encore durer l'agonie du peuple grec, sa duperie fondamentale ? Combien de temps avant de poser la seule et vraie question : remettre en cause l'euro et l'UE, refuser de payer la dette, faire payer les riches en Grèce comme ailleurs.

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 07:04
Au Vénézuela, la révolution menacée, entre coup d'Etat et ingérences: les communistes appellent à l'unité dans la lutte

Face aux tentatives de coup d'Etat au Vénézuela, pas de reniement ni de capitulation, mettons en échec les conspirateurs !


Traduction d'un communiqué du bureau politique du PC vénézuelien pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/


Face aux diverses formes d'ingérence de l'impérialisme nord-américain et européen, contre les peuples et gouvernements qui défendent un développement indépendant et souverain, le Bureau politique du Parti communiste du Venezuela (PCV) a fait savoir que cela fait partie, pour lui, d'une rivalité inter-impérialiste pour un nouveau « partage du monde » et la mise en œuvre d'une stratégie visant à garder et élargir leur domination sur le monde, pour continuer des politiques de re-colonisation.


Le Bureau politique du PCV a souligné que la confession cynique du président nord-américain, Barack Obama, qui a reconnu qu'ils ont « tordu le bras » aux gouvernement qui n'acceptent pas ses diktats – mettant en évidence son caractère d'instrument impérialiste des trans-nationales du complexe financier-militaro-industriel nord-américain – est clairement une menace internationale, en particulier contre le peuple et le gouvernement du Venezuela.


C'est une vérité historique, preuve irréfutable que constitue les deux siècles de conduite agressive et belliqueuse du gouvernement états-unien face à la souveraineté nationale et le droit à l'auto-détermination des peuples. Le PCV dénonce et rejette cette politique impérialiste, exhortant toutes les forces vraiment démocratiques, patriotiques, progressistes, populaires et révolutionnaires à se prononcer publiquement.


Pour le PCV, il est clair que cette tentative de « tordre le bras » au Vénézuela s'exprime dans un plan déployé sur plusieurs fronts, une offensive réactionnaire – pour des intérêts de domination impérialiste, et en soutien à l'oligarchie apatride et l'ultra-droite néo-fasciste vénézuelienne – avec comme objectif de renveser le gouvernement bolivarien présidé par Nicolas Maduro et liquider, politiquement et physiquement, les forces populaires et révolutionnaires engagées dans la transformation profonde de la société vénézuélienne, à la recherche de la perspective d'un avenir socialiste.


Le PCV a dénoncé à plusieurs reprises le fait qu'il y a une offensive politique, économique et médiatique de l'ultra-droite mondiale, utilisant toutes les moyens de l'impérialisme : sabotage intégral de l'économie, provocations, efforts pour discréditer les cadres, assassinat d'activistes et dirigeants du processus, et récemment le coup d'Etat déjoué et la tentative d'assassinat contre le président Nicolas Maduro.


Le PCV a exprimé sa solidarité la plus ferme et ainsi qu'un soutien sans failles au président Maduro ainsi qu'au gouvernement bolivarien, insistant sur le fait que face à l'aiguisement actuel des contradictions de classe et l'approfondissement de l'affrontement entre la nation et l'impérialisme, il est indispensable de renforcer l'unité patriotique, ouvrière-populaire, révolutionnaire et civico-militaire, dont le objectifs doivent se concentrer sur la réalisation prochaine du Congrès national du Conseil patriotique des partis politiques du Grand pôle patriotique « Simon Bolivar ».


Le PCV réaffirme les consignes de lutte qu'il porte toujours :


Pas un dollar de plus pour la bourgeoisie !

Contre l'accaparement … Conseils populaires pour la distribution de biens !

La prison pour les corrompus, accapareurs, spéculateurs et mafieux … où qu'ils soient !

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 06:55

Le résistant grec Manolis Glezos, député de SYRIZA, demande « pardon au peuple grec d'avoir contribué à cette illusion »

 

Article-Traduction pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Manolis Glezos est un héros en Grèce, une légende vivante de la Résistance, 92 ans. Elu sur les listes de SYRIZA en 2014, c'est lui qui – avec un ami – le 30 mai 1941 avait inspiré les résistances grecs et d'Europe en détachant à 18 ans le drapeau nazi du haut de l'Acropole.

 

Glezos a connu les prisons de l'occupant nazi allemand, celles de l'occupant fasciste italien puis celle des collaborateurs grecs, et encore celle de la dictature grecque après la guerre, à deux reprises. Il n'est pas d'autre figure en Grèce qui ne soit plus écoutée.

 

Les 80 ans passés, il s'était engagé dans le mouvement SYNAPSISMOS, puis SYRIZA – tout en gardant son indépendance de pensée et d'action, avec son « Mouvement des citoyens engagés » qu'il a fondé au début des années 2000.

 

Il avait critiqué en 2013, lors de la Conférence fondatrice de SYRIZA, la mise au pas imposé par Alexis Tsipras imposant la transition de la « Coalition de gauche radicale » en « parti unique de la gauche de gouvernement », avec la dissolution des courants et la suppression es voix internes critiques envers l'Union européenne et l'euro.

 

Manolis Glezos a exprimé sa désillusion hier sur le site de son « Mouvement des citoyens engagés ». Désillusion face à la capitulation du gouvernement mené par SYRIZA face aux décideurs européens. Voici notre traduction :

 

« Vous pouvez changer le nom de Troika pour le remplacer par le nom des « institutions » prises séparément, celui de mémorandum par « accord », et celui des créanciers par « partenaires » : cela ne change rien à la situation antérieure, comme si il suffisait de dire que le « poisson » est de la « viande » [NdT : référence à la pratique du clergé grec à l'époque médiévale consistant à dissimuler la pauvreté, en changeant le nom des aliments. Le KKE a pris exactement la même métaphore dans sa critique du gouvernement actuel]

 

Bien entendu, on ne peut pas changer le vote du peuple grec aux élections du 25 janvier 2015.

 

Le peuple a voté pour ce que SYRIZA a promis : en finir avec l'austérité qui n'est pas seulement la stratégie de l'oligarchie allemande et des autres pays de l'UE, mais aussi la stratégie de l'oligarchie grecque.

 

En finir avec les mémorandums et la Troika, abolir toutes les lois d'austérité.

 

Le lendemain des élections, nous devions mettre un terme légal à la Troïka et ses conséquences.

 

Un mois a passé désormais, et les promesses ne se sont pas matérialisées.

 

C'est fâcheux, très fâcheux même.

 

Pour ma part, je veux m'excuser auprès du peuple grec car j'ai contribué à cette illusion.

 

Avant qu'il ne soit trop tard, toutefois, il nous faut réagir.

 

D'abord, les adhérents, amis et partisans de SYRIZA, à tous les niveaux de leurs organisations, devrait décider dans des rencontres extraordinaire si ils acceptent cette situation.

 

Certains prétendent que pour parvenir à un accord, il nous faut d'abord battre en retraite. Avant toute chose : il ne peut pas y avoir de compromis entre l'oppresseur et l'opprimé. Entre l'esclave et l'occupant, la seule solution, c'est la Liberté.

 

Mais même si nous acceptions cette chose absurde, les concessions déjà faites par les précédents gouvernements pro-austérité en termes d'emploi, d'austérité, de pauvreté, de suicides sont allés bien trop loin. »

 

Manolis Glezos, Bruxelles, 22 février

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 06:20

pavlopoulos.jpgUn nouveau président de droite pour la Grèce qui fait polémique : le symbole douteux de l'Etat clientélaire et policier

 



Article pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



C'est la gueule de bois. La décision de nommer Prokopis Pavlopoulos comme Président passe mal, un personnage que l'extrême-gauche a adoré détester, comme le symbole du pire de la classe dirigeante, de sa droite corrompue et encore marquée par l'héritage de la dictature.



C'est l'Union sacrée ou presque. Le candidat proposé par SYRIZA pour la Présidence a obtenu une majorité écrasante, bien au-delà du gouvernement Tsipras, avec 233 voix sur 300. Ls partis de droite ANEL (Grecs indépendants) et surtout la « Nouvelle démocratie » ont soutenu le choix de SYRIZA.



M.Prokopis Pavlopoulos jouit d'une certaine respectabilité, destinée à rassurer l'oligarchie grecque et les bailleurs de fonds : ancien ministre de l'Intérieur d'un gouvernement conservateur, juriste formé à Assas et professeur d'université en droit. Pour le premier président nommé par un « gouvernement de ('la vraie') gauche », difficile de faire plus droitier.



Alexis Tsipras présente ce choix celui comme d'une personne qui a montré sa « haute sensibilité démocratique, un sens aigu de la conscience nationale et qui bénéficie d'un très large soutien dans la société et dans le Parlement ».



Malgré les dires de leur leader, certains soulignent à SYRIZA que Pavlopulos n'a pas pris ouvertement et clairement position contre les plans d'austérité. Il bénéficie surtout de la réputation d'être un européiste convaincu.



Pour l'aile-gauche du mouvement, la décision reste en travers de la gorge. Et c'est surtout son passage au Ministère de l'Intérieur de 2004 à 2009 qui suscite le plus de controverses, écornant le « vaste soutien » que Tsipras pense reconnaître à Pavlopoulos au sein la société grecque.



Premièrement, parce qu'il est connu pour avoir été une des figures marquantes du clientélisme grec. Il a embauché à l'Intérieur plus de 80 000 fonctionnaires, dont beaucoup d'amis et partisans de droite, du parti traditionnel de la Nouvelle Démocratie.



Si la pratique était courante, elle atteignait des proportions inédites, prétexte facile pour les plans d'austérité et licenciements ultérieurs enclenchés par ses successeurs. Loin d'être un pourfendeur de l'austérité, Pavlopoulos a surtout été le pilier d'un système corrompu que Tsipras dit combattre.



Ensuite, M.Pavlopoulos avait été au cœur de la polémique qui avait frappé la en Grèce, en 2008 étant un des éléments déclencheurs des manifestations des années suivantes : l'assassinat par les forces de police du jeune de 15 ans, Alexandros Grigoropoulos.



Le Ministre de l'Intérieur avait alors été critiqué pour avoir couvert le rôle de la police dans cet assassinat, qui avait déclenché une série d'émeutes urbaines durement réprimées par une police encore héritière sur bien des aspects des pratiques brutales de celle de la dictature.



Enfin, plus récemment, bien que ce soit plus anecdotique, la population grecque avait été choquée en 2012 par l'agression sur un plateau télévisé du porte-parole du parti néo-nazi Aube dorée, Ilias Kasidiaris, contre la députée communiste Liana Kanelli, sous les yeux de Pavlopoulos.



Accusé par Rena Dorou, de Syriza, le responsable néo-nazi lui avait jeté un verre d'eau au visage avant de s'en prendre à sa voisine communiste et de la frapper trois fois en plein visage.



M.Pavlopoulos n'était alors pas intervenu, restant stoïque face à l'agression dont étaient victimes les deux femmes politiques de gauche mais en particulier la députée du KKE, suscitant une polémique dans les médias, bien que Pavlopoulos ait reconnu par la suite avoir été choqué par le comportement du cadre de la formation néo-nazie.



Le plus inquiétant est que Prokopis Pavlopoulos n'était peut-être pas le premier choix de Tsipras.



Selon certaines sources, il aurait envisagé d'accorder la place à Kostas Karamanlis, le cacique de la Nouvelle démocratie, ancien premier ministre de 2004 à 2009, issu de la dynastie de droite des Karamanlis, dont l'oncle fut à plusieurs reprises Premier ministre de 1955 à 1981. Et il aurait été écarté pour ses relations jugées trop cordiales avec la Russie de Poutine.



Ce qui est certain, c'est que le poste avait été ouvert d'abord pour Dimitris Avramopoulos, une des figures les plus établies de la droite grecque: ancien maire d'Athènes, il fut surtout entre 2011 et 2013 ministre des Affaires étrangères et deux fois Ministre de la Défense.



Il représentait une option plus sûre par ses positions et ses relations au niveau de l'Union européenne comme de l'OTAN – et un appel du pied décisif vers le compromis européen de la part de Tsipras – mais Jean-Claude Juncker aurait mis son veto, ne voulant pas se séparer de celui qui était devenu le Comissaire européen à l'Intérieur depuis 2014.



L'illusion lyrique n'aura décidément pas duré longtemps. Les vieux renards (de droite) de la politique grecque gardent les postes de pouvoir, l'Etat clientaire se recompose doucement avec un nouveau pôle de gauche. Gare à la désillusion, et à la déception des attentes du peuple grec.

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 06:44

cp ukrLes juges du Tribunal administratif de Kiev refusent en bloc de traiter l'interdiction du Parti communiste d'Ukraine

 

Article pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Huit mois que le nouveau gouvernement ukrainien illégitime a lancé une procédure d'interdiction du Parti communiste d'Ukraine. Tous les moyens étaient permis. Cette fois, les juges du TA de Kiev ont décidé de ne pas céder au chantage de l'exécutif.

 

Le Parti communiste d'Ukraine subit depuis près d'un anune offensive sans précédent visant à le détruire comme seule force d'opposition nationale, dévouée à la défense des travailleurs d'Ukraine, sans distinction aucune ni allégeance à quelque clan dirigeant, oligarque, puissance étrangère.

 

Un an de chasse contre le Parti communiste : tous les coups sont permis

 

Les projets de loi visant à interdire le Parti communiste et son idéologie ont été portés en 2014 par des députés populistes d'extrême-droite comme Oleg Liachko, ils ont trouvé un relais chez le Ministre de la Justice Pavlo Petrenko qui a porté l'affaire devant le Tribunal administratif de Kiev.

 

Entre-temps, pendant l'été, la faction parlementaire du KPU – qui était après 2012 un parti majeur, la principale force d'opposition populaire, avec près de 14 % des voix et 32 députés – était dissoute. Dans l'hostilité la plus totale, avec des millions d'électeurs empêchés de voter dans l'est du pays, il a tout de même obtenu près de 4 % des voix en octobre 2014. Pas suffisant pour rester au Parlement.

 

Les charges alléguées contre le Parti communiste se centrent sur « l'atteinte à la souveraineté et l'intégrité territoriale », autrement dit un soutien direct à la rébellion séparatiste dans l'est du pays. Une charge qui permet au gouvernement d'y joindre l'intention de renverser le gouvernement par la force, l'atteinte aux libertés fondamentales et incitation à la haine raciale.

 

Depuis des mois, la police ukrainienne, le Ministère de la Justice ainsi que les services de renseignement mènent une enquête, aux méthodes douteuses, tentant de monter un dossier à charge pour l'interdiction du KPU.

 

Tous les moyens ont été utilisés, y compris l'enlèvement de militants et cadres communistes soumis à des interrogatoires musclés. Jusqu'à présent, le Tribunal administratif (TA) de Kiev a jugé qu'aucune preuve tangible n'avait été apportée, reportant à plusieurs reprises l'audition du cas.

 

Des pressions intolérables de l'exécutif : les juges se dessaisissent

 

Le 24 décembre 2014, la Cour d'appel de Kiev avait néanmoins enjoint le TA de Kiev de reconsidérer l'affaire, qui devait être relancée, après les travaux préparatoires, au cours du mois de février.

 

Ce 18 février 2015, coup de théâtre, les 10 juges du Tribunal administratif de Kiev décident en bloc de ne pas traiter la procédure portant sur l'interdiction du KPU, s'appuyant sur les pressions et méthodes intolérables dont ils ont été victimes de la part de l'exécutif.

 

Cette décision collégiale a été prise après la révélation que la maison du juge qui devait présider le cas, Valeri Kouzmenko, a été perquisitionnée par la police, son ordinateur saisi, contenant le matériel de travail sur l'affaire de l'interdiction du Parti communiste.

 

Selon Kouzmenko, il s'agit d'une tentative désespérée de faire pression sur le Tribunal et d'intimider les juges. Pour le gouvernement ukrainien, il s'agissait d'une mesure qui s'imposait alors que les juges étaient soupçonnés d' « abus de pouvoir » et de « faux ».

 

Pour le Ministère de la Justice, les juges sont de mèche avec les communistes !

 

La réaction du Ministre de la Justice, Pavlo Petrenko, qui avait lancé en juin 2014 la procédure d'interdiction contre le Parti communiste, ne s'est pas faite attendre.

 

Outre le fait que l'affaire pourrait être portée devant un autre Tribunal administratif, il a annoncé le lancement d'une procédure visant à imposer des mesures disciplinaires contre les 10 juges du TA qui pourraient conduire à leur radiation.

 

Selon le Ministre, les juges du TA de Kiev ne sont pas neutres et font le jeu du Parti communiste :

 

« Toutes les preuves ajoutées au dossier nous laissent croire que derrière le refus des juges de traiter l'affaire, et a vu de la composition du Tribunal administratif de Kiev, il y a un élément : ce tribunal, hélas, fait le jeu ou est sous l'emprise du Parti communiste d'Ukraine ».

 

La résistance continue pour défendre les droits démocratiques et sociaux

 

Il ne fait aucun doute que ce nouveau rebondissement jette un discrédit total sur la légalité de la procédure d'interdiction du Parti communiste, confirment les dénonciations par le KPU de l'emploi de méthodes illégales, de la fabrication de preuves pour appuyer des accusations sans fondement.

 

Pourtant, la réaction du pouvoir montre qu'il n'est pas prêt à reculer, quitte à brûler les ponts avec ce qu'il pourrait rester d'Etat de droit en Ukraine. Le gouvernement est prêt à lancer une épuration de l'appareil d'Etat, jusque dans sa branche judiciaire.

 

Dans cette lutte, la seule force nationale de masse qui refuse la main-mise des oligarques sur le pays, les plans d'austérité imposés par le FMI et la logique d'intégration européenne, les ingérences des grandes puissances capitalistes, les discriminations contre des millions d'Ukrainiens : c'est le Parti communiste.

 

C'est pourquoi il subit depuis un an cette vague de répression inédite, chaque militant endure intimidations verbales, violences physiques, poursuites devant les tribunaux, arrestations sans fondement. Et pourtant, il résiste, et ce dernier rebondissement judiciaire prouve encore une fois que la justice et la vérité sont de son côté. Solidarité avec nos camarades !

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 06:31

150217_Henri_Martin.pngDécès d’Henri Martin : disparition d’un grand dirigeant communiste français, d’un grand militant internationaliste

 

Article d'EDT pour le PCF du 15 ème repris par http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Nous apprenons aujourd’hui le décès dans sa 87ème année de notre camarade Henri Martin.


Nous adressons toutes nos condoléances à son épouse Arlette.


Notre tristesse est profonde tant Henri a été un repère politique pour des générations de communistes, y compris dans ces dernières décennies de confusion et de remise en cause. La section du PCF Paris 15ème a eu la chance de profiter directement de l’apport politique exceptionnel de ce grand militant, dirigeant du PCF.


Car c’est peut-être cet aspect que nous retiendrons le plus de lui, celui dont nous lui serons le plus reconnaissant.


Car derrière le symbole, le résistant engagé dès l’adolescence, le héros si courageux de « l’affaire Henri Martin », de la lutte contre le colonialisme, pour l’amitié avec les peuples de l’Indochine libres, il y a un militant profondément rigoureux, marxiste et léniniste, communiste.


Quel écart entre le prestige du nom d’Henri Martin, honoré très au-delà des rangs communistes, chez tous les partisans de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, par le peuple et l’Etat vietnamiens, et sa personnalité si humble, dévouée à l’organisation politique de la classe ouvrière, mais aussi si déterminée et organisée !


Quel écart mais quelle cohérence communiste profonde !


Des années de prison pour avoir dénoncé, si naturellement, les agissements de l’armée colonialiste, si contraire à son engagement prolongeant la résistance, sont devenus un vecteur de la lutte anticolonialiste en France, principalement menée par le PCF. Sous les ponts de France, on trouve encore, 60 ans après, des inscriptions peintes « Libérez Henri Martin ». Des peintures, des chants, des pièces de théâtre ont magnifié son sacrifice.


Mais Henri Martin est toujours resté avant tout un « simple » militant et un dirigeant communiste, au Comité central, dans l’activité vers les entreprises, dans ce secteur si important qu’était la formation des militants et cadres du Parti.


Henri a été dirigeant de l’école centrale du PCF pendant plusieurs années pour le plus grand profit aussi bien des « élèves » que des « enseignants » communistes. Il nous a remis ses notes et programmes. La boussole de la lutte des classes ne le quittait jamais, comme celle de l’importance de l’organisation léniniste répondant au centralisme démocratique.


Quand tout cela a été remis en cause puis balayé par les dirigeants opportunistes, depuis la fin des années 80 ailleurs et en France, Henri a été de ceux qui ont posé le plus lucidement la question de la préservation de l’outil révolutionnaire. Fidélité au Parti, défense de l’outil historique irremplaçable, conscience de l’exigence de l’unité du mouvement révolutionnaire, mais opposition résolue aux liquidateurs qui en sont aussi issus : comment faire ?


Dans cette période ingrate, un camarade doté de cette histoire et de cette trempe, notamment à la direction de l’association des vétérans, malgré l’âge, Henri Martin a continué à défendre le Parti, en prenant position notamment aux congrès, en diffusant des tribunes, en continuant à militer localement.


Le Parti communiste ne peut être qu’un parti conservant en toute circonstance son indépendance de pensée et d’action au service de la classe ouvrière.


Voilà le message que nous retiendrons, reconnaissants à Henri pour tous ses actes dans tous les épisodes historiques traversés, à ce grand dirigeant du PCF, à notre cher camarade.

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 06:12

part-par-par8096150-1-1-0.jpgTsipras fait les yeux doux à l'ultra-libérale OCDE pour forger un nouveau plan de « réformes structurelles »



Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Tsipras est prêt à jouer toutes les cartes institutionnelles, même les plus improbables. En parallèle à ses négociations avec la Troïka (UE, BCE, FMI), il est disposé à envisager de tendre la main à l'OCDE. Petit rappel de ce que propose l'institution pour la Grèce et la France.



Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre grec présenté comme de « gauche radicale », et Angel Gurria, secrétaire-général de l'ultra-libérale OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique). Ils se sont dit oui. Oui.



D'un côté, Tsipras réaffirme qu'il n'appliquera que les « réformes structurelles qu'il décidera », ou celles qui ne seront pas directement dictées par la Troika. De l'autre Gurria se dit disposé à proposer les services de l'OCDE pour élaborer un plan d'ajustement structurel alternatif, allégé.



Aux origines de l'OCDE : plan Marshall et unité européenne sous influence américaine



Tsipras aime manier les mots pour faire passer une réalité guère différente sur le fond – exit les termes de « mémorandums », de « troika » dans les discussions avec l'UE –, il aime les dangereuses rodomontades entre la « nation prolétaire » grecque et la « nation bourgeoise » allemande.



Jusqu'à sortir l'OCDE du placard. Le symbole est fort. L'organisation (l'OECE) avait été créée fin des années 1940 par les Etats-unis pour répartir les aides conditionnées et les prêts intéressés du « Plan Marshall », censé fournir un barrage au communisme.



Un plan qui avait bénéficié à la Grèce, sous protectorat américain et une dictature de droite. Un plan conditionné à la création d'un embryon d'unité européenne. L'ancêtre de la CEE puis de l'UE.



Un symbole qui n'est pas fortuit quand on sait combien Tsipras a usé et abusé dans sa rhétorique de la référence au Plan Marshall, pour défendre à tout prix l'Euro, l'Union européenne, les sauver de ses propres dirigeants devenus fous.



Le programme « tsipraso-compatible » de l'OCDE pour la Grèce : réformes structurelles contre filet de sécurité sociale



Alors, que proposait en 2013 l'OCDE pour la Grèce ?



Tout d'abord elle faisait le bilan du plan d'ajustement depuis 2010 soulignant les « progrès impressionnants dans la lutte contre les déséquilibres fiscaux et externes, et la mise en place des réformes structurelles pour améliorer la flexibilité du marché du travail et la compétitivité du travail ».



Certes, une impression contre-balancée par la dépression, la hausse du chômage, une croissance faiblement portée par une demande en berne mais l'OCDE reste optimiste : « la reprise est en vue », soulignant les effets positifs de la baisse du coût du travail sur la compétitivité et les exportations.



L'OCDE donne trois pistes pour la future administration grecque (à la fin de l'année 2013) :



  • la réforme de l'Etat : passant par les habituelles « lutte contre le fardeau administratif » et l' « inefficacité chronique des services publics » dont celle du « secteur de santé », qui sont généralement le prélude à une attaque contre les services publics, même si l'OCDE l'articule à la lutte contre l'évasion fiscale et à la création d'un cadre favorable à la libre concurrence ;

 

  • réforme du marché du travail : l'OCDE encourage la flexibilisation de la force du travail, dont elle salue les effets positifs sur le rétablissement de la compétitivité, tout en souhaitant l renforcement du corps des inspecteurs du travail pour « s'assurer que la libéralisation du marché du travail, nécessaire pour améliorer la compétitivité, ne détériore pas les conditions de travail » ;

 

  • un filet de sécurité sociale conditionnée aux revenus : c'est la grande thèse sociale de l'OCDE. Oui à une Sécurité sociale mais strictement limitée aux « plus nécessiteux », car selon l'organisation la crise a eu un impact social aggravé par l'absence d'un filet de sécurité global et par la faible capacité à concenter les dépenses sociales sur d'autres domaines que les retraites ;



Les dernières déclarations du nouveau Premier Ministre – faite de fidélité à son « Programme de Salonique » aux accents sociaux et de compromis sur les « réformes structurelles » voulues par l'UE – cadrent parfaitement avec l'agenda dessiné par l'OCDE pour la Grèce en 2013.

 

Le rapprochement n'a rien d'un flirt sans lendemain.

 

L'OCDE cible en France les 35 heures, le SMIC et l'Education nationale !

 

Pour conclure, on pourrait rappeler l'analyse que réalise l'OCDE de la situation de l'économie française et ce qu'elle préconise, si on reprend le rapport commandé par la présidence française à l'OCDE en 2013.

 

L'OCDE loue bien entendu le CICE (Crédit impôt compétitivité emploi), vaste cadeau fait au patronat se chiffrant à plus de 20 milliards d'euros. Elle fait feu de tout bois sur trois points :

 

- la baisse du niveau d'éducation et de formation, imputé à l'organisation actuelle de l'Education nationale publique ;

 

- le faible nombre d'heures travaillées en France – faisant fi du très haut niveau de productivité –, les 35 heures auraient été pour l'économie française le début du décrochage face au voisin allemand ;

 

- le niveau beaucoup trop élevé du SMIC – 80 % par rapport à la moyenne de l'OCDE, qui serait le principal obstacle des jeunes ;

 

France/Grèce, deux contextes très différents, des recettes différentes mais la même logique pour l'OCDE : intensifier l'exploitation (« flexibiliser le marché »), casser les services publics (en les « réformant »), baisser les salaires (quitte à rétablir des filets de sécurité).

 

Il n'y a rien à attendre de l'OCDE. Pas plus qu'il n'y a à attendre du FMI et surtout de la BCE, de l'Euro et de l'Union européenne. Ce n'est pas en jouant l'un contre les autres, jouer les « manchots » de l'OCDE pour rendre « muets » la Troika ? C'est toujours la langue et les mains du peuple grec que l'on coupe, priorité aux luttes pour dessiner une alternative !

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