Partis communistes

Notre lutte

Le site http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ publie des traductions de déclarations, de communiqués, d’articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international.

 

La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » qui refuse la dérive réformiste de la direction du PCF suivant le Parti de la gauche européenne. Notre site s’efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationaliste portée historiquement par le PCF.

 

Parmi ses centres d’intérêts prioritaires :

 

  • la solidarité avec les mouvements anti-impérialistes, notamment le soutien à Cuba, aux expériences socialistes d'Amérique Latine, aux résistances aux guerres impérialistes. Notre site relaie ainsi les mobilisations contre la guerre et l’occupation de l’Afghanistan, les prises de position contre l'OTAN, contre la subordination au bloc impérialiste nord-américain,

  • la mise en valeur des actions des partis communistes qui prennent le parti de la lutte de classe, restent fidèles à leur raison d’être révolutionnaire.

  • les tentatives de reconstituer une forme de coopération politique entre partis communistes, dans le monde comme en Europe, à l’opposé du PGE et de son acceptation de l’UE capitaliste. Le site traduit ainsi régulièrement les appels internationaux de partis communistes.

  • le refus du révisionnisme historique, de la criminalisation du communisme, notamment impulsée par l'Union Européenne, l’examen critique et la défense de l'héritage des expériences socialistes passées.

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Mise à jour : 23 décembre 2013

 

Non aux guerres impérialistes sur le continent africain ! : Les Partis communistes contre l'intervention en Syrie ; porter une opposition conséquente à l'intervention française au Mali ; Françafrique en Centrafrique, c'est non ! 

 

Des Partis communistes qui relèvent la tête en 2013 : au Népal, les communistes hégémoniques ; au Chili, un record de députés depuis 1973 ; en République tchèque, les communistes à 15 %, au plus haut depuis 89 ; Luxembourg, Autriche, résistance des PC (1-2%) dans des contextes hostiles ; Elections locales au Portugal : le PC à 12 %, Bloc de gauche à 2 % ; Lettonie : les communistes à la tête d'une coalition victorieuse à l'assaut de Riga ! ; à Chypre, les communistes résistent ... à 27 % ! ; Elections professionnelles en Grèce, le PAME lié aux communistes en tête ; Israel, communistes et anti-sionistes toujours présents ! ; au Japon, les communistes au plus haut depuis 1995 ; en Inde, les communistes dominateurs dans l'Etat du Tripura.

 

Révolutions latino-américaines et construction du socialisme: nationalisations à l'ordre du jour en Argentine et en Bolivie; réduction des inégalités et de la pauvreté au Vénézuela et en Bolivie; l'exemple cubain: supériorité du socialisme pour le bien-être des mères, des enfants, top 10 mondial de l'IDH non-économique

 

Sortir de l'Euro ? Le débat est ouvert ! : à Chypre, les communistes pour la sortie de l'Euro ; au Portugal, le débat avance pour une rupture avec l'euro dans le PCP ; une idée qui progresse en Espagne, avec des contradictions ; la gauche allemande déchirée, Die Linke freine contre son père fondateur !

 

Dénoncer le mythe de l'Europe sociale, combattre l'Europe du capital et de la guerre : Un congrès du PGE pour refonder l'Europe, la grande illusion ; le syndicat des cheminots britanniques pour la rupture avec l'UE ; 

 

Les partis du PGE: aile-gauche de la social-démocratie: une sioniste amie de Sarkozy candidate à la présidentielle de Linke en Allemagne, Izquierda Unida profite de ses résultats pour collaborer dans les gouvernements régionaux avec le PSOE en Espagne, Syriza lance des appels du pied à l'UE et se propose comme social-démocratie de substitution

 

 

Flag-Pins-Syria-Iraq.jpeg Cinq Partis communistes arabes dénoncent l’Etat islamique comme les interventions impérialistes en Syrie et en Irak

 

Traduction CA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les partis communistes signataires de cette déclaration dénoncent la cruauté de l'attaque sanguinaire menée par des organisations terroristes dangereuses comme l’Etat islamique (NdT : Daech en arabe) ainsi que la violation de la souveraineté de la Syrie et de l'Irak.

 

Ce mouvement a pris illégitimement possession de territoires où il est à l’origine de tellement d'exactions, de pratiques barbares : massacres de milliers de citoyens, décapitations, déplacements forcés de dizaines de milliers de personnes, enlèvements et prises d'otages. 

 

Actuellement, ces organisations terroristes étendent leurs territoires jusqu'au Liban et la Jordanie. Leurs activités desservent la cause palestinienne par des actions criminelles censément menées en représailles contre les bombardements israéliens sur la bande de Gaza.  

 

De ce fait, elles légitiment la position d'Israël dans la coalition internationale pour la lutte contre le terrorisme et instaurent une atmosphère de peur en Europe et dans le monde.

 

Ces forces terroristes sont financées par l'impérialisme américain, l'Otan et ses alliés.

 

Elles bénéficient des facilités financières, militaires et logistique de la part des pays réactionnaires arabes et leurs activités suivent un plan impérialiste sioniste et réactionnaire qui a été établi depuis plus de trente ans dans le but de diviser la région et de la fragmenter en plusieurs ethnies selon des lignes de fractures communautaires.

 

C’est l'essence du projet du Grand Moyen-Orient conçu par l'Etat américain sous prétexte de la lutte contre le terrorisme.

 

Il est donc impératif du lutter contre ces organisations terroristes, afin d'instaurer une stabilité intérieure à travers des institutions, et une véritable réconciliation nationale, qui soient dans l'intérêt du peuple.

 

Cela lui permettra de consacrer toute son énergie au combat contre l'impérialisme et le terrorisme qui menacent nos peuples ainsi que toute la région arabe. 

 

Nous appelons tous les partis communistes et toutes les forces nationales, progressistes et démocratiques à adopter une attitude pragmatique face au terrorisme en général et plus particulièrement l’Etat islamique et le Front Al-Nosra pour les éradiquer et couper leurs sources de financement.

 

De même, nous invitions ces partis à rejeter l'intervention impérialiste sous toutes ses formes en se coordonnant avec  les forces indépendantes dans le monde et à repartir à l’offensive selon la volonté de nos peuples, afin de résister à la colonisation et l’occupation  ainsi qu’aux tentatives de divisions et aussi pour reconnaitre leurs droits démocratiques et sociaux, et préserver l'unité nationale.

 

15 Septembre 2014

 

Partis signataires:

 

Parti communiste jordanien,

Parti communiste libanais,

Parti communiste irakien,

Parti communiste palestinien,

 

Parti communiste Syrien Unifié

Mardi 30 septembre 2014 2 30 /09 /Sep /2014 06:33
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SYNDICAT REPOND L 010514Grève générale massive au Maroc dans la fonction publique pour la retraite à 60 ans (et pour les libertés syndicales)

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Ce 23 septembre, le Maroc a été touché par une grève (quasi) générale massive qui devrait être le début d'une mobilisation contre la guerre menée par le Roi et le gouvernement islamiste contre le monde du travail sur tous les fronts.

 

L'esprit du « mouvement du 20 février 2011 » n'est pas mort. Cette formidable mobilisation qui a mobilisé des centaines de milliers de marocains dans les rues pour une réforme politique de la monarchie autocratique marocaine.

 

Cette révolution a été dévoyée, récupérée par le pouvoir qui a fait passer une Constitution laissant intact l'essentiel du contrôle du Roi sur tous les leviers de pouvoir du pays tout en nouant une alliance politique avec les forces islamistes.

 

Mais le ras-le-bol est général parmi la base des travailleurs du pays face à ce pouvoir autoritaire qui lance désormais une contre-offensive majeure contre les droits des travailleurs, en s'attaquant au seul secteur relativement organisé : la fonction publique.

 

La grève dans la fonction publique du 23 septembre 2014, convoquée par la FDT (Fédération démocratique du travail), l'UGTM (Union générale des travailleurs du Maroc) et l'ODT (Organisation démocratique du travail), réveille le spectre des grèves générales de 1981 puis 1990.

 

L'UMT (Union marocaine du travail) de son côté n'a pas participé à cette grève mais a organisé une série d'actions dans la semaine, tout en se déclarant prête à participer à une prochaine mobilisation. Le SNESup (Syndicat national de l'enseignement supérieur) s'est joint à la mobilisation pour une grève nationale de 3 jours, du 23 au 25 septembre.

 

La grève a été un succès massif, selon les syndicats participants.

 

L'UGTM donne des chiffres de 80 % de participation dans l'enseignement, la santé, les collectivités locales. La FDT parle de taux de 85 % dans l'enseignement, 75 à 80 % dans la santé, 70 % dans les collectivités locales, et entre 60 et 70 % dans les mines et la culture. Le SNESup évoque un taux de 100 % de participation dans les universités d'Oujda, Rabat, Casablanca, Fès, Agadir et Meknès.

 

Le Roi et les islamistes déclarent la guerre contre le monde du travail : contre-réforme des retraites et droit de grève en péril

 

La colère dans la fonction publique est à la hauteur de l'attaque du gouvernement, sur tous les fronts.

 

D'abord, c'est la contre-réforme des retraites. Elle prévoit le rehaussement de l'âge de la retraite de 60 à 65 ans d'ici 2020, la hausse du montant des cotisations (de 20 à 28 % partagés entre Etat et salariés) et un re-calcul de la retraite sur les 8 dernières années et non le dernier salaire perçu.

 

Selon les syndicats, la révision du calcul du paramétrage pour l'accès à la retraite conduirait dans la pratique à une baisse de 25 à 30 % du montant des retraites. Pour les syndicats : « c'est travailler plus, cotiser plus pour une retraite plus faible ! ».

 

Ensuite, c'est le gel des salaires et la hausse des tarifs. La monarchie marocaine pratique l'austérité, avec le gel des salaires des fonctionnaires.

 

Dans le même temps, les tarifs du carburant, de l'eau, de l'électricité ont été singulièrement rehaussés par le gouvernement, qui vient d'annoncer la fin de la subvention du gazoil. Pour le seul mois d'août 2014 : le prix de l'eau a augmenté de 12 %, celui de l'électricité de 6 %.

 

Enfin, une attaque sur les libertés syndicales. C'est concrètement une attaque en règle contre le droit de grève au nom de la « représentativité », avec le projet de loi proposé en janvier 2014, poussé par la CGEM (le MEDEF marocain).

 

Cette loi n'autorise alors la grève que par les syndicats les plus représentatifs, qu'en cas de rupture des négociations, avec un préavis de 10 jours sachant que la grève ne doit pas faire obstacle à la « liberté de travail » et qu'un service minimum doit être instauré dans les secteurs stratégiques, et que le chef du gouvernement peut l'interdire en cas de « crise nationale » ou de « guerre ».

 

De fait, c'est donc le pouvoir qui décide. Il limite un droit formel aux syndicats qu'il reconnaît (donc ceux de collaboration), le vide de sa substance – avec le « service minimum », la « liberté de travail » – tout en se réservant le droit de l'interdire purement et simplement. C'est l'enterrement de première classe du droit de grève.

 

Pourquoi le pouvoir autocratique marocain n'a pas peur ? Divisions, modération et collaboration des syndicats

 

La réussite de la grève du 23 septembre prouve un potentiel de mobilisation énorme parmi les travailleurs marocains. Mais ce mouvement ne doit pas faire illusion, le bloc au pouvoir composé de la Monarchie autoritaire marocaine et des forces islamistes garde la main.

 

Le mépris avec lequel le gouvernement traite les syndicats est souverain. Dans le « dialogue social », il a tout simplement écarté toute discussion sur la contre-réforme des retraites ! Le dialogue social au Maroc comme ailleurs, c'est bien cause toujours, c'est nous qui décidons.

 

La monarchie chérifienne, le gouvernement islamiste peuvent compter sur les divisions syndicales.

 

Diviser pour mieux régner, c'est déjà le sens d'une attaque ciblée sur la fonction publique, dernier secteur à bénéficier de certains acquis sociaux, cible facile du discours contre les « fonctionnaires privilégiés » pour éviter la convergence entre fonctionnaires, ouvriers et étudiants.

 

Cette division, le pouvoir l'alimente par ses agents dans les syndicats. L'UMT refuse pour l'instant la grève générale, l'ODT et le SNESup agissent avec leur propre agenda. Quant à l'UGTM et la FDT, leur « front commun » s'articule autour de revendications fort modérées.

 

Car le pouvoir peut compter sur la modération des revendications syndicales. Les syndicats expriment un « ras-le-bol » en des termes très radicaux, mais leurs axes de lutte sont très conciliants.

 

En réalité, l'ODT, l'UGTM et la FDT critiquent surtout la « méthode », les « manières » du gouvernement. Ce qu'ils veulent, c'est retourner à la table des négociations, rouvrir le dialogue social.

 

Ainsi l'UGTM et la FDT proposent à l'exécutif « de renouer avec un dialogue social susceptible de déboucher sur une réforme globale et durable du système des retraites ». L'ODT évoque la nécessité de lier la « réforme des retraites » à celle plus globale « de l'assurance maladie ».

 

On imagine que la monarchie est prête à engager une discussion pour « une réforme globale et durable du système des retraites » … dans les intérêts du patronat marocain qui propose de commencer par une exonération totale des cotisations patronales pendant les 3 prochaines années !

 

En fait, le pouvoir autoritaire marocain est confiant qu'il peut compter sur la collaboration des syndicats marocains. Les syndicats comme les partis d'opposition sont au Maroc « l'opposition de sa Majesté ».

 

Ils sont une soupape pour la colère sociale, canalisent les mouvements d'opposition vers des solutions inoffensives, renforcent la légitimité du pouvoir autoritaire. Le tout non sans contradictions, tant la base de ces syndicats peut conduire à une radicalisation du mouvement.

 

Mais en février 2011, les syndicats ne se sont pas joints franchement au mouvement populaire et étudiant – en dépit de leur soutien de principe – aucun appel à la grève générale (« la grève politique » est sacrilège au Maroc!) n'a accompagné la mobilisation.

 

L'accord du 26 avril 2011 entre patronat et syndicats a été une mascarade destinée à casser le mouvement du 20 février, d'obtenir une halte afin de relancer ultérieurement la contre-attaque du patronat, du gouvernement islamiste et de la monarchie.

 

La France et sa collaboration à la dictature marocaine : la liberté pour les multi-nationales, la prison pour les travailleurs

 

La France est prête à exprimer son indignation face au non-respect des droits de l'Homme, quand cela rentre dans ses intérêts, ou ceux de Total, Dassault ou Areva, et à les exporter à coups de bombes.

 

Cette indignation s'arrête aux portes de nos « amis les dictateurs », parmi les plus autoritaires du monde arabe. Hier Ben Ali en Tunisie et Hassan II au Maroc, aujourd'hui, les monarchies absolues du Qatar, des Emirats arabes unies comme la monarchie autocratique de Mohammed VI au Maroc.

 

Selon l'Association marocaine pour la défense des droits de l'Homme (AMDH), le pays compte encore 240 prisonniers politiques et d'opinion, dont 70 issus du mouvement 20-février.

 

Plusieurs leaders du mouvement étudiant, du mouvement ouvrier, croupissent en prison, dans l'indifférence de la France.

 

On pense à la jeune militante du mouvement 20-février Wafa Charef, en prison depuis le 9 juillet à Tanger pour avoir déposé plainte pour violences policières en avril dernier dans une manifestation pour la défense des droits des ouvriers de la multi-nationale GREIF. Le 11 août, elle a été condamnée à un an de prison ferme et une lourde amende.

 

Tout récemment, l'étudiant Mustapha Meziani (issu des organisations étudiantes marxistes) est mort dans la prison de Fès après 72 jours de grève de la faim. Il avait été arrêté après des affrontements entre étudiants marxistes et islamistes en avril dernier sur le campus de Fès.

 

Faut-il rappeler que la monarchie chérifienne est non seulement un régime autocratique mais aussi notre meilleur allié dans la région, ainsi qu'une source d'investissements sûre pour nos grosses entreprises.

 

Mohammed VI a « tout changé pour rien ne change » dans le pouvoir hérité de son père, Hassan II, dont les 30 ans de règne ont été marqués par une brutale répression contre les mouvements de gauche, les nationalistes saharouis et toute opposition sociale et politique.

 

Le roi Mohammed VI a donné quelques signes d'ouverture politique de façade pour mieux fonder une nouvelle alliance de pouvoir avec les formations islamistes.

 

La Constitution de 2011 n'a rien changé sur la main-mise réelle du Roi sur tous les pouvoirs : il contrôle le pouvoir judiciaire avec le Conseil supérieur de la magistrature, il a le pouvoir exécutif (dont il délègue la gestion concrète au gouvernement) ainsi qu'un pouvoir législatif (avec les « décrets-loi »), et l'autorité religieuse suprême en tant que « commandant des croyants ».

 

Si le roi est intouchable, il peut dissoudre les deux assemblées, il nomme le chef du gouvernement et reste chef des Armées. Depuis 2011, ce nouvel équilibre des pouvoirs s'est révélé le statu quo dans la gestion autocratique (mais « modérée ») du pouvoir par Mohammed VI.

 

Pour la France, le Maroc de Mohammed VI comme celui de Hassan II est garant d'un alignement sur les positions occidentales : contre-poids historique à l'Algérie et la Libye anti-impérialiste, partenaire tacite de l’État d'Israel, pilier régional de l'OTAN depuis 1995 dans le cadre du « dialogue méditerranéen », avec Israel, l'Egypte (de Moubarak alors) et la Tunisie (de Ben Ali).

 

La France est le premier partenaire commercial du Maroc (21 % des exportations marocaines vont en France, 13 % de ses importations sont françaises), c'est surtout de loin le premier investisseur détenant 38 % du stock d'IDE du pays.

 

Concrètement, 750 filiales françaises opèrent au Maroc (40 % de plus qu'il y a trois ans!) employant 80 000 personnes. Cela ne compte pas les très nombreuses sociétés marocaines gérées par des patrons français ou à capitaux français.

 

36 des 40 entreprises du CAC 40 sont présentes au Maroc. Veolia, Suez dans l'eau, l'électricité et le ramassage des ordures se sont taillés la part du lion récemment, se gavant sur les hausses de tarifs qui saignent les travailleurs marocains.

 

Renault a choisi en 2012 d'installer une usine de 2 000 ouvriers à Tanger pour produire des Renault, Dacia et Nissan exportés en Europe, Afrique et dans tout le Moyen-orient.

 

Ce qui attire les entreprises françaises, ce sont les « libertés pour le capital ». La monarchie autocratique garantit la « liberté d'investissement », ainsi que le droit de transférer les bénéfices et de rapatrier les dividendes.

 

Les entreprises profitent par ailleurs d'une exonération totale de l'impôt sur les sociétés pendant les cinq premières années puis d'un taux réduit à 17,5 % par la suite. Ajouté à une main d'oeuvre aux salaires faibles et précaire, à la faiblesse des organisations syndicales garantissant la « paix sociale » le Maroc est devenu l'el-dorado des entreprises françaises.

 

On voit ce que signifie la « liberté » pour la France dans un pays comme le Maroc : « liberté de commerce », « liberté pour le capital » mais « oppression des travailleurs, des minorités, des femmes » dans un pays mené d'une main de fer par un Roi-autocrate allié aux islamistes.

 

 

Travailleurs français, travailleurs marocains, unité face au pouvoir autocratique et sa guerre contre le monde du travail marocain, unité face à la complicité de l'impérialisme français au crime permanent commis contre le peuple marocain !

Lundi 29 septembre 2014 1 29 /09 /Sep /2014 06:11
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gaza_school-photo_gallery_97083227.jpgCes 26 écoles palestiniennes détruites par l'armée israélienne et ces 447 enfants assassinés qui n'ont pas connu la rentrée



Communiqué du Parti communiste d’Israël



Traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



« Beaucoup de morts sont des enfants tués dans leur sommeil » : ce sont les mots que Adalah [NdT : Centre légal pour les droits de la minorité arabe en Israel] et Al Mezan [NdT : Centre pour les droits de l'Homme] ont utilisé pour les bombardements brutaux de l'armée israélienne des écoles et équipements de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) où plus de 10 000 personnes déplacées ont fui leurs domiciles pour des raisons de sécurité, pendant les bombardements.



Avec le début de l'année scolaire, Adalah à Haifa en Israel, et Al Mezan à Gaza en Palestine, ont envoyé une lettre demandant que le Ministère de la Défense israélien, le Procureur général et l'Avocat général militaire ouvrent des enquêtes criminelles immédiates sur les attaques militaires israéliennes ayant touché les écoles et installations de l'UNRWA.



Les organisations des droits de l'Homme estiment que ces actes constituent des violations sérieuses du droit humanitaire international, et des lois internationales sur les droits de l'homme, pouvant s'apparenter à des crimes de guerre, se référant au bombardement israélien de cinq écoles et installations de l'UNRWA à Gaza. La lettre a été préparée par l'avocate d'Adalah, Sawsan Zaher. Les cinq cas sont les suivants :



selon les témoignages recueillis par Al Mezan, le 30 juillet 2014, dans la matinée, les forces aériennes israéliennes ont bombardé les bureaux de l'UNRWA dans le camp de réfugiés de Jabalia avec cinq frappes aériennes consécutives. Ces frappes ont tué 21 civils palestiniens et blessé plus de 100 des 3 200 personnes déplacées se trouvant sur place. Un certain nombre d'enfants morts ont été tués pendant leur sommeil.



Le 3 août 2014, l'armée israélienne a tué 11 civils, dont 5 enfants, et blessé 25 personnes déplacées sur 3 000 qui se trouvaient dans les locaux de l'UNRWA à Rafah.



Le bombardement direct des écoles de l'UNRWA à Deir al Balah par l'armée israélienne le 23 juillet 2014 a blessé 5 civils se trouvant dans l'école sur les 1 500 réfugiés qui vivaient là.



Le 29 juillet 2014, l'armée israélienne a bombardé les locaux de l'UNRWA dans le quartier d'Al Zaytoun. Cette installation abritait 2 200 personnes déplacées, et 8 personnes ont été blessées à cause de l'attaque.



Le 24 juillet 2014, l'armée israélienne a bombardé des écoles de l'UNRWA à Beit Hanoun. Ces bâtiments accueillaient 300 personnes déplacées, 15 ont été tuées et plus de 100 blessées. La majorité de ceux blessés était des femmes et des enfants.



Adalah et Al Mezan, dans une lettre précédente datant du 27 juillet 2014, ont demandé aux autorités israéliennes d'ouvrir une enquête criminelle indépendante sur des crimes de guerre de l'armée israélienne dans ce cas.



Adalah et Al Mezan avancent dans ces lettres que l'armée israélienne n'a pas différencié les cibles militaires et civils sur chacune de ces attaques contre les installations de l'UNRWA, et a violé son devoir de protéger les civils pendant les affrontements :



« Le droit humanitaire international exige aussi d'Israel qu'il ouvre une enquête criminelle immédiate sur ces soupçons de crime de guerre, et de demander à ceux qui les ont réalisé de rendre des comptes ».



Pendant la guerre, 174 écoles à Gaza ont été bombardés et endommagées, 26 écoles publiques et une école de l'UNRWA à Gaza n'ont pas ouvert leurs écoles au début de l'année scolaire 2014/2015 après avoir été complètement détruites par l'armée israélienne.



30 écoles n'ont aussi pas pu ouvrir leurs portes en raison du nombre important de personnes déplacées occupant encore les locaux, alors que 447 enfants tués pendant les attaques militaires israéliennes ne retourneront pas du tout à l'école.



La liste des écoles publiques à Gaza qui ont été complètement détruites et endommagées en résultat de l'agression militaire israélienne a été publiée en arabe par le Ministère de l’Éducation palestinien.



1 – Ecole d'agriculture Hani Na’eem

2 – Ecole élémentaire Abu Tammam

3 – Ecole Hayel Abdel Hamid

4 – Ecole Mahdeya el Shawa

5 – Ecole Subhi Abou Kartch

6 – Ecole des martyrs de Shujayea

7 – Ecole Beit Dajan

8 – Ecole Ali Ben Abi Talib

9 – Ecole élémentaire Shujayea

10 – Ecole secondaire Abbas

11 – Ecole Jamal abdel Nasser

12 – Ecole Moaz ben Jabal

13 – Ecole Mahatet Miyah el Karamah

14 – Ecole Caesarea

15 – Ecole Soukina ben Hussein

16 – Ecole Khaoula bint el Azur

17 – Ecole Rudolph Filter

18 – Ecole Ibn Zaidoun

19 – Ecole el Barij

20 – Ecole Fathi el Balaoui

21 – Ecole Maari pour garçons

22 – Ecole Maari pour filles

23 – Ecole Ibn el Nafis

24 – Ecole nouvelle Absan

25 – Ecole Ghassan Kanafani pour filles

26 – Ecole Ghassan Kanafani pour garçons

 



Dimanche 28 septembre 2014 7 28 /09 /Sep /2014 06:19
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syriafmjd1Pas de compromision sur les principes nationaux avec l'impérialisme américain : la Syrie vaincra



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Dans la matinée du 23 septembre, l'impérialisme américain, ainsi que ses alliés et ses agents dans la région, ont lancé des actions armées sur le territoire de la République arabe syrienne. Ces actions sont une violation manifeste du droit international, qui interdit la violation de la souveraineté nationale d'un État indépendant.



Ces actes de guerre prennent prétexte de la lutte contre les organisations terroristes. Ces mêmes organisations qui ont été créées dans les laboratoires des services secrets impérialistes, en particulier ceux britanniques et américains, avec la contribution active de cercles sionistes, afin de créer un prétexte légitimant une intervention impérialiste globale et les ingérences dans les affaires des pays de la région, en particulier la Syrie, au vu de la position que nous défendons chèrement contre l'hégémonie impérialiste et sioniste.



L'histoire de notre peuple, et des peuples du monde entier, prouve que nous ne pouvons avoir aucune confiance en l'impérialisme, et surtout l'impérialisme américain, parrain du terrorisme mondial.



Celui qui pense qu'il peut faire avec les États-Unis est inconscient : c'est l'ennemi numéro un de notre peuple, de la libération nationale de notre terre, ainsi que de la liberté de tous les peuples.



Le Parti communiste syrien appelle tous les patriotes en Syrie à défendre leur patrie, protéger leur souveraineté nationale et être conscient des manœuvres et des ruses impérialistes.



Tous les prétextes utilisés par l'impérialisme américain, même la lutte contre le terrorisme, ne peuvent pas justifier la violation de notre souveraineté nationale.



Notre peuple lutte courageusement contre des bandes terroristes, gagne du terrain dans la lutte et la vaillante armée syrienne – comptant sur le soutien de son peuple – a mis en échec les bandes terroristes obscurantistes comme les derniers événements nous le confirment.



Donc les cercles impérialistes ont accéléré le rythme de l'attaque contre la Syrie. Le peuple syrien luttera, comme il l'a fait dans le passé, et résistera courageusement contre toute agression portant atteinte à l'indépendance nationale et à la dignité. La victoire nous appartient.



Nous réaffirmons que la résistance n'est pas seulement un devoir, mais elle est possible, et la patrie passe avant toute autre considération.



 

La Syrie ne cédera pas.

Samedi 27 septembre 2014 6 27 /09 /Sep /2014 06:42
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BvfH4nbCYAA7hP5.jpgLe Parti communiste russe (KPRF) a déjà envoyé 1 500 tonnes d'aide humanitaire aux populations civiles ukrainiennes



Communiqué du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF) n'arrête pas sa solidarité envers les populations d'Ukraine aux déclarations de principe, sa solidarité s'inscrit dans des pratiques de solidarité concrètes. Nous vous communiquons ici leur déclaration :



« Nous souhaitons vous informer que notre solidarité a un caractère très concret, un côté pratique (NdT : le KPRF a en effet produit des analyses fort intéressantes sur la situation en Ukraine, que nous ne manquerons pas de traduire ultérieurement)



Le Parti communiste de la Fédération de Russie a jusqu'à présent déployé 15 caravanes d'aide humanitaire en direction de la population des régions de Donetsk et Lugansk.



Chaque semaine, des dizaines de tonnes de produits alimentaires, de vêtements, de médicaments et de manuels scolaires pour les élèves ont été envoyés aux gens du peuple vivant dans la région. En tout et pour tout, le KPRF a envoyé plus de 1 500 tonnes de produits de première nécessité.



Ceux qui ont à survivre maintenant dans la partie sud-est de l'Ukraine ont aussi désespérément besoin d'un soutien moral, c'est pourquoi le KPRF a commencé à recueillir des messages de solidarité qui leur sont adressés. Plus de 10 000 messages ont déjà été envoyés à nos frères et sœurs ukrainiens.



Sur la voie conduisant au Donbass, les caravanes du KPRF parties de Moscou sont passées par plusieurs villes, villages où des citoyens ont aussi rejoint la campagne de solidarité et apporté ce qu'ils pouvaient à l'action du KPRF.



Jusqu'alors, l'aide humanitaire du KPRF équivaut à peu près à ce qui a été fait au niveau gouvernemental.



Le KPRF continuera à fournir toute l'aide possible à la population de la région de Donbass et à lancer des appels à la solidarité internationale avec ces gens courageux luttant contre le fascisme en Ukraine. »



 

No pasaran !

Vendredi 26 septembre 2014 5 26 /09 /Sep /2014 06:55
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we-podemos.jpgPodemos, le « Yes we can » made in Spain : non, le possibilisme médiatique « ni droite, ni gauche » n'est pas dangereux pour le système (capitaliste) !


Analyse AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Il y a deux ans le mouvement des « Indignés » finissait sur une impasse politique. Il y a un an, Izquierda Unida menée par le PCE grimpait dans les sondages, frôlant les 20%. Il en faut moins aux médias dominants pour faire émerger un mouvement inoffensif pour le système, reprenant et dévoyant certaines aspirations des « Indignés » : Podemos de Pablo Iglesias.



Les modes médiatiques et politiques circulent aussi vite que les derniers i-phone, avec une baisse correspondante de leur valeur : après Die Linke, SYRIZA, c'est maintenant Podemos qui semble faire briller les pupilles de certains leaders de la pourtant modérée « gauche radicale ».



Podemos a neuf mois. Un beau bébé né en janvier 2014 de l'esprit fécond du professeur d'université en science politique et figure télévisuelle, Pablo Iglesias, regroupant autour de lui d'autres universitaires, et quelques cadres du groupuscule trotskiste « Izquierda anti-capitalista ».



Le succès de Podemos surfe sur le « mouvement des Indignés » de 2011 dont il reprend certaines aspirations idéalistes, les slogans populistes, la confusion idéologique pour alimenter un mouvement électoraliste aussi vague politiquement que soutenu par les médias du système.



Sans la moindre organisation, histoire, financement, le mouvement de Pablo Iglesias était dans tous les médias pour la campagne des européennes, bénéficiant d'une complaisance qui lui a permis d'obtenir 7,98 % et 5 députés. Podemos est donné à 20 % dans les sondages.



Alors, pourquoi l'idéologie dominante, les médias du système ne craignent-ils pas les « anti-système » auto-proclamés comme Iglesias et son mouvement Podemos ?



Un vocabulaire inter-classiste confusionniste :

la « Caste » contre les « citoyens », une capitulation idéologique



Une partie importante du succès de Podemos, c'est le vocabulaire qu'il emploie : proche des « gens », accessible, loin de toute « idéologie », dixit Pablo Iglesias.



C'est la « Caste » (les 1%, les « partis », les bureaucrates, les financiers) contre les « citoyens » (les 99 %, gens honnêtes, profs de fac, petits patrons, docteurs en sociologie au chômage, designers en freelance). N'en déplaise au Dr.Iglesias, le choix de ce vocabulaire est très idéologique.



La « Caste » devient l'ennemi, identifiée au pouvoir politique, aux « élites traditionnelles » associés aux partis mais aussi aux syndicats. Ce sont les « mauvais » patrons, liés au pouvoir, les financiers, les bureaucrates, qui ternissent l'image des patrons « honnêtes ».



Pas touche par contre à l'université, aux médias, comme chiens de garde de l'idéologie dominante. On me mord pas la main qui vous nourrit.



Le terme même de « caste » pose problème. Pas seulement parce qu'il est du répertoire de l'extrême-droite lepéniste en France, néo-fasciste en Italie, recyclant un poujadisme (ou qualunquisme en Italie) qui trouve sa concrétisation dans le « Mouvement 5 étoiles » de Grillo en Italie.



Sur le plan théorique, le terme de classe renvoie à la « science politique italienne », comme le confie presque naivement Cristina Hernandez, responsable à l'analyse politique du mouvement, dans une interview au journal communiste allemand Junge Welt.



Le livre « La casta » publié en 2007 par des journalistes du Corriere della Sera (le Figaro italien) a rencontré un franc succès, alimenté le discours « Tous pourris », « anti-parti » en Italie contre la « classe politique », les « élites » privilégiées, l' « Etat » et la « bureaucratie » vampirisatrice, repris par Beppe Grillo avec des relents fascisants.



Cette critique de l'élitisme vient de loin, de Pareto, Mosca et Michels à la fin du XIX ème siècle, subtils critiques de la confiscation du pouvoir en « démocratie » par des « oligarchies », des « élites » qui se maintiennent par la force et par la ruse, donc la manipulation, et ne meurent que pour être remplacées par de nouvelles élites.



La conclusion qu'ils en tiraient ? Il est impossible de construire des organisations révolutionnaires, une alternative socialiste (ou communiste) face à cette « loi d'airain de l'oligarchie ». Pareto (libéral de souche) et Michels (d'abord anarcho-communiste) ont fini par adhérer au fascisme.



Chez les « citoyens », tout le monde est le bienvenu. Face aux « patrons voyous », les patrons honnêtes, qui créent de l'emploi, travaillent dur. Face aux « partis corrompus », un mouvement neuf, vierge de toute souillure historique. Face aux « experts dominants », les experts critiques.



Le discours de « Podemos » prétend englober « tout le peuple » espagnol : or, il n'évoque jamais les conditions d'exploitation des travailleurs d'Espagne, la souffrance concrète des familles expropriées, leurs fins de mois difficiles, se contenant de souligner abstraitement le sort de ces milliers de jeunes sur-diplômés, promis à l'ascension sociale, et réduits à l'Agence pour l'emploi.



Ce n'est pas une découverte théorique, c'est un retour en arrière de deux siècles. Marx soulignait combien le concept du « citoyen » (ou d' « humain ») dans la société bourgeoise, c'est l'universalité abstraite, les droits formels, la fausse conscience, pendant et voile de l' « homme » concret, le travailleur exploité, privé de ses droits au quotidien, aliéné dans la production.



Théoriquement, le terme de « citoyen » sert de voile idéologique à la classe dominante, pour masquer les antagonismes de classe, l'hypocrisie idéologique de la démocratie des riches. Conquérir la « citoyenneté », la « démocratie », c'est soit une illusion naïve, soit un projet politique calculé.



Analyse de classe du phénomène Podemos : un « humanisme de la chaire » pour classes supérieures



Un projet politique, porté par qui et pour qui ? « Podemos » se veut représentant de la « société civile » le peuple (contre la « société politique », les « partis »). Cette mystification naît d'un mépris manifeste pour les rapports économiques, sociaux de production, les fractures de classe.



Alors, partons de la base économique, passons « Podemos » au crible de l'analyse de classe.



D'abord sur sa composition, si on prend la liste pour les européennes des 64 candidats – échantillon très imparfait, mais qui donne une idée, sachant que ce sont les « adhérents » qui les ont voté lors de primaires, on peut y voir une image fiable du profil des adhérents – on voit que:



La catégorie dominante est celle des « professeurs de fac, chercheurs, docteurs, spécialistes universitaires » qui compte pour 33 % des candidats. Suivent les professeurs du secondaire, avec 18 % des candidats. On est déjà à une majorité de 51 % de professeurs, chercheurs !



Puis, suivent d'autres « professions intellectuelles supérieures », « libérales » : les juristes (3%), les ingénieurs (3 %), les cadres de la culture (7%), les écrivains/journalistes (5%), ainsi qu'une commerçante (2%), un cadre financier (2%), une psychologue (2%), une comptable-chef (2%). Dans ce fatras social, tout de même de 30 % de « capacités », comme on disait au XIX ème !



Et pour les autres ? Des miettes pour les « professions intermédiaires », à 6 % : une infirmière (2%), une gestionnaire de cantine scolaire (2%), un chef d'une caserne de pompier (2%).



Et il y a bien sûr une faible caution populaire : une vendeuse (2%), un éboueur (2%), soit 4 % pour les employés et ouvriers. Aucun ouvrier d'industrie, comme il n'y aucun agriculteur !



Seul point nuançant l'analyse, la présence de sept chômeurs sur les listes (12%), tous se distinguent par leur sur-diplômes, avancés fièrement : « docteurs », titulaires d'un « master », « professeurs, journalistes, cadres » au chômage.



En somme, Podemos apparaît comme un parti sous hégémonie des « professeurs de fac », « université », « docteurs », puis des capacités, professions intellectuelles, libérales, cadres, enfin des couches intellectuelles prolétarisées, frustrées dans leur ascension sociale promise et trahie. Les « classes populaires » (terme déjà élastique) ne sont présents qu'à titre de témoignage.



L'électorat de Podemos est à l'image de ses candidats. Aux élections européennes, Podemos – selon le Centre de recherche sociologique (CIS) – obtient ses meilleurs scores chez les « nouvelles classes moyennes » (14,4 %) ou les « classes supérieures/moyennes-supérieures » (12,6 %), où il est le deuxième parti, devant le PS.



Il est également le premier parti chez les jeunes de moins de 35 ans (23 %), le deuxième parti chez ceux ayant une éducation supérieure (14%) et premier parti chez ceux avec une éducation scondaire-supérireure (17,5 %). Ces résultats sont catastrophiques chez ceux n'ayant pas suivi d'études (4%), ou des études primaires seulement (5%).



Pour les prochaines élections législatives, le profil de l'électeur-type : Podemos se révèle « inter-classiste » mais hégémonique chez les « classes moyennes et supérieures » où il devient le premier parti, tout comme chez ceux ayant réalisé des études supérieures.



Cela renforce Podemos dans son discours qui prétend à la fois être « accessible » à tout le monde, (car les gens ne peuvent pas tout comprendre), mais s'adresse aux « gens intelligents » susceptible d'accéder au discours de bon sens des professeurs de fac.



On reste dans l'illusion de l' « intellectuel » au-dessus des classes, qui éclaire les masses l' « intellectuel sans attache » loué par le libéral idéaliste Karl Mannheim.



Ce type d'intellectuel que critique vertement non seulement Marx comme les « socialistes de la chaire », confortablement installés dans leurs postes universitaires, Antonio Gramsci (repris à tort par certains des promoteurs de Podemos) les dénoncera comme « intellectuel traditionnels », intellectuels qui se pensent au-dessus des classes, en réalité ancré dans le système, là où ils devraient prendre le parti du Parti communiste, de l'immersion dans les masses laborieuses.



Mais cet « humanisme de la chaire » n'a que faire de devenir les « intellectuels organiques », les porte-parole de la classe ouvrière, de l'alternative révolutionnaire !



« Ni droite ni gauche », contre les « partis » :

danger du populisme et mépris des luttes



Sur la vague de la fin des idéologies (marxiste), de la critique de la politique (révolutionnaire), Podemos a repris deux slogans en apparence radicaux et novateurs, en réalité conservateurs et anciens : « On est ni de droite, ni de gauche », « tous (les partis, les politiques) les mêmes ».



Certes la critique envers la notion de gauche est à faire, l'utilisation par le PC espagnol de la « Gauche unie » : masquant l'identité de classe, la dimension idéologique derrière une notion trans-classiste, électoraliste, structurellement parlementaire. La « gauche » a justifié en Espagne la mise en place des politiques du capital par le PSOE, la collaboration d'Izquierda Unida à cette politique.



Toutefois « ce ni droite, ni gauche » va en fait plus loin dans l'électoralisme, le populisme, le trans-classisme, encore plus intégré au système derrière sa rhétorique anti-système. Comme le dit la responsable à l'analyse politique Carolina Hernandez dans une interview à Junge Welt : « nous pensons que cet axe droite-gauche n'est plus opportun ».



« Ni droite, ni gauche », bien sûr c'est un des mots d'ordre du Front national en France, Beppe Grillo lui-même en Italie affirme que son mouvement « non è di destra, né di sinistra ». On peut faire remarquer qu'en Espagne c'était le cri de ralliement … de la Phalange de José Antonio Primo de Rivera, cette organisation fasciste qui a répondu à l'appel du général Franco.



Le populismed'Iglesias n'est pas fascisme, loin s'en faut. Mais il profite des effets et crée les conditions d'une confusion idéologique, d'un vide politique, d'espoirs vite déçus, qui risque d'alimenter la résignation, le ressentiment, la démobilisation, propices à ce type de mouvement.



Cette absence de repère idéologique, politique (au-delà de la question de classe) a pu conduire Iglesias à accepter comme conseiller le théoricien fascisant franco-espagnol Jorge Verstrynge qu'il présentait comme « un honneur », lui qui aurait « évolué dans sa manière de voir les choses ».



Verstrynge est un copain des bancs de l'Université de Madrid connu pour avoir créé « Alianza popular » en 1976, une organisation d'extrême-droite composée de figures franquistes. Il dit avoir été adhérent du PSOE, d'Izquierda Unida. C'est un admirateur de Marine Le Pen.



« Tous les partis (et les syndicats) sont les mêmes ». Encore une fois, la trahison de l'UGT et du PSOE, la collaboration intermittente des CC.OO voire du PC espagnol donnent du grain à moudre à cette thèse. Mais elle est excessivement dangereuse.



Car ce « tous pourris » alimente la défiance envers l'organisation politique et syndicale (révolutionnaire), elle construit la démobilisation dans la lutte forcément perdante dans un mouvement qui sanctifie la « non-violence », pense que la seule lutte est entre « ceux d'en bas » (les gens) face à « ceux d'entre haut » (les politiques), une lutte qui doit passer par les urnes.



Car Pablo Iglesias, ses copains universitaires de Podemos manifestent un souverain dédain pour les luttes, le mouvement social … par contre il est omniprésent sur les « plateaux des médias », il a même accepté une invitation des « Déjeuners du Ritz », où se retrouve le gotha économique, politque espagnol. N'est-ce pas là qu'il faut peser pour changer de politique ?



Une organisation anti-démocratique derrière le chef



Podemos se félicite de ne « pas être un parti comme les autres », de ne pas avoir d'organisation rigide (avec son honni centralisme démocratique).



Pourtant, il est bien un parti, et sa non-organisation ne garantit pas l'expression démocratique, la prise de pouvoir des bases, mais la concentration du pouvoir par quelques-uns, la manipulation des masses. Le « politologue » Iglesias n'a-t-il pas lu Pareto, Michels … ou les a-t-il trop bien lus ?



Iglesias parle d' « horizontalité », d' « assembléisme », de « référendums permanents ». Il y a vingt ans, en Italie – laboratoire ultime de la destruction politique ! – Fausto Bertinotti théorisait la même destruction créatrice d'organisation qui légitimait la captation de Refondation communiste par un clan dirigeant, des tendances minoritaires. L'organisation de masse, de classe a fini d'être liquidée.



L'histoire ne se répète jamais à l'identique. Voyons concrètement ce qui est proposé dans les statuts de Podemos, chapitre 3 : « Organes de réprésentation, gouvernement et administration ».



L'Assemblée citoyenne est souveraine, elle est composée de tous les adhérents de Podemos, elle est convoquée deux fois par an (!) à l'appel du Conseil citoyen, constitué de 80 membres, organisé par secteurs de travail, se réunissant lui tous les trois mois, élu par l'Assemblée.



Enfin, le Conseil de coordination est composé de 10 à 15 personnes, il se réunit tous les mois. Ses membres sont nommés par le Conseil citoyen sur proposition du porte-parole (Pablo Iglesias). Le Conseil (les amis d'Iglesias) et le porte-parole (Iglesias) sont les organes exécutifs du parti.



Selon les statuts, c'est au Conseil de coordination mené par Iglesias d'assurer la continuité de la ligne politique consentie par les Assemblées et de les « adapter aux circonstances du moment ».



On peut admirer le tour de force du politologue Iglesias qui a recréé dans son organisation les ruses de l'illusion de la démocratie bourgeoise : donner au peuple une souveraineté formelle, aussitôt ôtée par la représentation, la délégation, l'élection de représentants qui disposent du pouvoir effectif (« assurer la continuité de la ligne », l' « adapter aux circonstances »), des élections par ailleurs biaisée par la « légitimité charismatique » (et « bureaucratique ») du chef.



Le chef, c'est bien ce qui a fait le succès de Podemos, Pablo Iglesias en convient, au prix d'une extrême personnalisation et dépendance médiatique. Podemos a poussé le vice jusqu'à choisir comme logo la tête d'Iglesias pour ses listes aux élections européennes.



Personnalisation à outrance, délégation bureaucratique masquée par la duperie représentative, culte de l'élection divinisée : Podemos représente l'illusion maximale de la démocratie bourgeoise, dans une organisation qui incarne son hypocrisie.



Un programme possibiliste vague miné par l'électoralisme : sur l'euro, les nationalisations, vous verrez !



Il reste maintenant à s'attaquer au contenu des propositions de Podemos. On peut le résumer à une phrase, son intitulé :« Podemos », « Nous pouvons », ou en anglais « Yes, we can » !



La reprise du mot d'ordre de Barack Obama en 2008 est tout sauf fortuite. Iglesias prétend reconstruire l' « espoir » sur un volontarisme abstrait (« Nous pouvons changer les choses », « Nous voulons décider »), dont l'électoralisme le prive de toute proposition concrète.

Les propositions de Podemos, c'est ce que les électeurs veulent bien y mettre dedans, c'est du « Venez comme vous êtes », le Fast food de la politique.



Comprendre les propositions de Podemos, c'est tant analyser son Programme fourre-tout que les déclarations (encore plus prudentes) d'Iglesias et de ses acolytes dans la presse.



Sur les nationalisations / privatisations. Le programme de Podemos est souvent cité comme épouvantail par les médias droitiers. Or, il est prudent et vague, il parle de « contrôle public sur les secteurs stratégiques » par « acquisition de parts dans les entreprises privatisées ». Le tout se ferait sans remettre en cause la concurrence libre et non-faussée.



Dans d'autres passages (un peu plus concrets) du programme, Podemos est encore plus prudent. Sur les banques et le secteur financier, il parle de les « réformer » dans un sens plus éthique et citoyen, en créant éventuellement une banque publique dans un océan de financiers privés.



Sur les médias (chéris), pas de nationalisations, mais bien une stratégie de limitation de la puissance des monopoles privés et la possibilité de monter des « médias participatifs » à la marge.



En public, Iglesias n'évoque quasiment jamais la ré-appropriation publique des secteurs stratégiques. Éclairante, un échange avec la journaliste de droite (vulgaire) Isabel San Sebastian, le 11 février, sur la 4 ème chaine, où il explicite sa conception du « contrôle public » sur l'économie :



« IglesiasJ'ai parlé de contrôle public, nationaliser peut être une option, il y en a beaucoup d'autres, comme favoriser les énergies renouvelables … Il y a dans ce pays beaucoup de patrons honnêtes, le problème c'est qu'on en a qui sont des bureaucrates, pas des entrpreneurs (…) ils se disent libéraux, mais ils sont proches du pouvoir et se passent les bakchiches (…) Un gouvernement responsable pourrait établir des mécanismes de contrôle public.



San Sebastian – Ce ne serait pas un gouvernement responsable, mais un pouvoir communiste !



IglesiasCommuniste, quoi ? Comment ? C'est normal d'avoir un contrôle sur l'électricité, comme en France (sic). Ce n'est pas un pays communiste que je sache. Les pays normaux (re-sic) ont une intervention publique, des mesures protectionnistes comme aux Etats-unis (re-re-sic). Ca, c'est l'histoire économique, nous on a que des bureaucrates, des voyous !



Sans Sebastian – Ah non, les Etats-unis, c'est justement pas l'exemple d'un contrôle public ! »



Contrôle public, c'est donc « mécanismes de régulation publique » de la concurrence entre acteurs publics, entreprises publiques dans la compétition avec les monopoles privés. Nationaliser, c'est une option à ranger au même niveau que les énergies renouvelables !



Sur l'Euro, l'Union européenne. Le programme de Podemos est plus clair : il parle de « refondation de l'Union européenne », de « réorienter la BCE », de « prévoir des mécanismes d'intégration et de coopération dans l'UE », désire renforcer les « pétitions européennes », un « budget européen social », fonder une « agence européenne de notation » …



En tout, nous avons noté 14 points qui poussent ouvertement à un renforcement de l'intégration européenne, à sa réorientation au service des citoyens, des gens. A noter qu'aucune fois la question de la monnaie unique, l'Euro, n'est évoquée, bien que nombreux sont ceux à gauche – d'ATTAC au PCE – qui posent la question de la sortie de l'Euro pour mener une politique alternative.



Dans une interview à El Pais, le 23 mai (juste avant le scrutin européen), Pablo Iglesias est obligé à des numéros d'équilibristes :



« El Pais – Vous proposez la sortie de l'euro ?

Iglesias – Retrouver sa souveraineté, c'est notre idée, dans la politique monétaire, c'est avoir une stratégie avec les autres pays du sud de l'Europe, ceux qui se trouvent dans une politique similaire. Ce qui est sûr, c'est que cet Euro n'est pas bon. On ne veut pas revenir en arrière, à la peseta. On dit que c'est inacceptable d'avoir une monnaie unique qui ne soit pas contrôlée par des institutions démocratiques. La BCE n'agit pas pour protéger les citoyens.

El Pais – alors, c'est quoi votre proposition ?

IglesiasCela dépend. Il faut démocratiser l'économie. Si cela passe par une nouvelle monnaie qui porte un autre nom, si cela passe par la poursuite dans l'euro, si il faut en finir avec l'euro, si il faut construire un nouvel espace monétaire, on verra en fonction des circonstances ».



Podemos, tel quel. Notre programme : « cela dépend », « vous verrez ». Dans l'immédiat : « ré-orienter la BCE », « démocratiser l'euro », « retrouver sa souveraineté dans le fédéralisme ». Le refus des idéologies, des utopies conduit le possibilisme de Podemos aux plus grandes chimères !



Mais, enfin, si Podemos n'a rien à proposer sur les nationalisations, sur la sortie de l'euro – outre « cela dépend », « c'est une option » –, il ne dit rien de la « réforme agraire », des « occupations », que peut-il proposer maintenant dans son « possibilisme » ?



La responsable à l'analyse politique de Podemos Carolina Hernandez confiait à Junge Welt (29 juillet) : « d'abord, instaurer des mesures anti-corruption (…) ensuite abolir les paradis fiscaux ». Un vague programme a-politique, au possible, de « moralisation » de la finance, la politique.



Mais Podemos est-il vraiment contre le système capitaliste ? Hernandez répond : « le système capitaliste n'est pas facile à changer. Mais cela ne veut pas dire que nous ne commençons pas à changer beaucoup de choses qui suivent la logique du capital ».



Iglesias ne dit pas autre chose dans l'interview à El Pais du 23 mai : « Cela n'a pas de sens de se dire 'contre le système' (capitaliste), il n'y a pas de dedans et dehors (…) Nous utilisons les moyens qui sont à notre portée pour tenter de changer les choses ».



Podemos, c'est l'obamisme en action, c'est aussi un vieux resucée dans des termes si proches du « possibilisme » théorisé par Paul Brousse (d'abord anarco-syndicaliste!) fin XIX ème siècle : la révolution est impossible, il faut donc « faire notre possible », en agissant pour des réformes possibles, une démocratisation de l'économie, avant tout à l'échelle locale.



Sur l'international : à l'est rien de nouveau … si ce n'est quelque soutien aux « indignés à crânes rasés » de Maidan !



Sur les questions internationales, Iglesias et Podemos surprend par son mutisme. Outre la question de l'UE, sur l'OTAN – question identitaire pour la gauche en Espagne, la fondation d'Izquierda Unida date des manifestations contre l'entrée dans l'OTAN en 1986 – Iglesias ne dit pas un mot.



Sur les événements en Syrie, en Ukraine, silence radio, Podemos semble ignorer que le monde est en guerre, que les rivalités inter-impérialistes, les manœuvres des Etats-unis et des pays de l'UE (qu'il prend en modèles) contre la souveraineté des peuples.



Le seul à s'être exprimé, c'est l'universitaire Santiago Alba Rico – un des idéologues du mouvement, issu de l'Université de Madrid – qui a écrit un article « Podemos en Ukraine », où il loue les putschistes de Kiev, les milices d'extrême-droite comme « une rebellion, un mouvement vaste et spontané de citoyens indignés (…) qui a fait tomber un gouvernement grâce à l'action desespérée, héroique et spontanée de milliers d'Ukrainiens ». Indignés à crâne rasé, la croix gammée sur le torse, mais indignés quand même !



Ce n'est pas une première pour Alba Rico qui a déjà salué l'intervention de l'OTAN en Libye, elle qui « sauvé des vies » et « n'a pas bombardé les Libyens mais uniquement Kaddafi ». Il faut dire que M.Alba Rico pense que les « Etats-unis ne sont pas intervenus militairement depuis 10 ans ».



Enfin, les médias droitiers – prêts à encenser Iglesias comme leur idiot utile – prépare déjà les armes pour l'ensevelir vivant : leur cible préférée, ses « liens supposés avec les dictatures de Cuba et du Vénézuela ».



Les réponses d'Iglesias ne visent jamais à défendre les processus révolutionnaires d'Amérique latine. Il botte en touche sur le Vénézuela. Sur Cuba, en réponse à la présidente de la région de Madrid, la PP Esperanza Aguirre il dit qu'il y a du bon et du mauvais : « le fait qu'il n'y ait pas de pluralisme, cela ne me plaît pas (…) mais si le blocus était levé, Cuba pourrait réaliser les changements que nous voulons tous ». La restauration du capitalisme ?



Les communistes, voilà l'ennemi ? En tout cas du système, oui !



L'analyse de Podemos peut paraître dure, car, oui, en dépit de ses proclamations « ni droite, ni gauche », Podemos a les traits d'un « mouvement de gauche » : il attire d'ailleurs des électeurs qui se qualifient de gauche, autour de revendications « humanistes », « démocratiques ».



C'est en cela qu'il est dangereux, c'est en cela que consiste son rôle dans le système : canaliser la « gauche radicale » vers une impasse politique, la confusion idéologique ; isoler le mouvement de protestation de la classe qui veut le changement radical, la classe ouvrière ; liquider ce qui reste du mouvement communiste, seule force radicalement alternative.



Dire qu'Iglesias, les militants de Podemos sont anti-communistes, c'est subjectivement plutôtfaux. Iglesias peut défendre l'histoire du PCE en public face à des révisionnistes anti-communistes, son rôle dans la résistance, la figure de la « Pasionaria », manifester ses sympathies pour ses militants.



Il est même prêt à dire qu'il a « la gauche dans son ADN, parce que son grand-père, socialiste, était commandant de l'Armée républicaine » (Publico, 15 janvier 2014). Le coup du 'j'ai un grand-père de gauche, je sais d'où je viens', chaque militant communiste l'a vécu une fois dans sa vie !



Toutefois, sa mission objective, c'est bien celle de faire obstacle à la résistible ascension purement électorale attendue pour Izquierda Unida (IU, menée par le PC espagnol) qui était annoncée à 20 % fin 2013, et qui aujourd'hui est descendue en-dessous des 5 %.



Déjà, les médias dominants font pression sur la direction d'IU pour qu'elle s'allie avec Podemos dans le rapport de force le plus défavorable qui soit : avec Podemos à 20 %, IU à 5%, histoire de noyer le poisson communiste (tiède) dans l'océan glacé du possibilisme sans rivages.



Dans les Asturies, la direction droitière d'IU – qui a purgé les communistes il y a trois ans pour mieux s'allier avec le PS – est à l'avant-garde de l'alliance avec Podemos et les verts d'Equo.



Ailleurs, comme à Madrid, c'est du 50/50 entre ceux qui veulent s'allier avec le PS au premier tour, et c'est ceux qui veulent « refonder la gauche » avec Podemos pour former un « pôle de radicalité » … qui va s'allier avec le PS au second tour. On connaît cette douce mélodie !



Si cela se concrétise, il y a de quoi faire une lourde auto-critique du parcours d'Izquierda Unida fondée en 1986 – longtemps incarnée par l'incorruptible Julio Anguita – ce « mouvement de gauche » conçu par Santiago Carrillo (le Robert Hue espagnol, aujourd'hui à la botte du PSOE).



Carrillo voulait liquider doucement le PCE pour mieux converger vers le PSOE, Anguita a forgé l'illusion électoraliste d'un « dépassement » du PSOE dans les urnes, Llamazares a collaboré partout avec le PSOE. Aujourd'hui, Cayo Lara sera-t-il prêt à se fondre avec Podemos, pour détruire ce qu'il reste du communisme espagnol et fournir une ultime caution de gauche au PSOE ?



Ceci est de la science politique fiction mais peut-être pas pour longtemps. Pendant ce temps, le mouvement social – qui peut mobiliser des millions de personnes dans les rues – est toujours réduit à l'impuissance en Espagne, laissé à l'abandon par les syndicats dominants (UGT, CC.OO), par son parti de référence (le PCE) embourbé dans les calculs politiciens, électoralistes d'Izquierda Unida.



Si compare simplement le développement des luttes au Portugal et en Espagne, le contraste est saisissant, avec une CGTP sous hégémonie communiste. Tout comme il l'est pour la santé des deux Partis communistes : le PC Portugais compte 65 000 membres, le PC espagnol 12 000. L'Espagne est pourtant quatre fois plus peuplée que son voisin portugais !



 

Pour nous, en France, c'est un avertissement. Pas de salut dans ce type de rassemblements politiciens tournant le dos aux luttes, dans les illusions forgées par les médias dominants incarnées par des chefs auto-proclamés. Renforcer le Parti communiste, pour construire une alternative dans les luttes, maintenant, sans attendre 2017 !

Jeudi 25 septembre 2014 4 25 /09 /Sep /2014 06:48
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isis-mccainLes USA bombardent les islamistes en Syrie. Il y a un an, ils voulaient entrer en guerre à leurs côtés. De qui se moque-t-on ?

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Légende : Le chef républicain américain John McCain faisant un selfie avec des combattants islamistes syriens en 2013, dont plusieurs ont rejoint depuis l'EI (l'Etat islamique)

 

Il y a des nouvelles le matin qu'il faut écouter à deux fois avant d'y croire : les Etats-unis bombardent désormais le territoire syrien, sans l'accord du gouvernement, pour anéantir une opposition islamiste qu'ils ont soutenu, alimenté avec les guerres américaines en Irak.

 

Face à la crise du capitalisme et ses contradictions inextricables, les mensonges de l'impérialisme, la seule issue pour le capital : c'est la guerre. La destruction, la course aux armements alimentent des profits salutaires, les tensions communautaires permettent de « diviser pour mieux régner ».

 

Les frappes de la nuit dernière auraient fait 120 morts – 70 d'EI, 50 d'Al Qaeda – selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Huit civils, dont trois enfants sont également morts. Sans susciter autant d'indignation ici que les sinistres décapitations de journalistes américains.

 

D'après le récit qu'en fait une radio comme RFI, l'Arabie saoudite, le Qatar, la Jordanie et les Emirats arabes unis participeraient à des degrés divers à ses raids.

 

Ces quatre dictatures – dont l'Arabie saoudite et le Qatar parmi les plus obscurantistes du monde – forment une bien étrange « Sainte alliance » face à l'islamisme dont ils sont l'inspiration.

 

Qui a dit qu'au moment où James Foley était décapité, l'Arabie saoudite décapitait quatre hommes pour … possession de haschich ? On sait où l'EI trouve son inspiration.

 

Cela pose tout de même une série de questions urgentes :

 

Pourquoi ne dit-on rien sur notre soutien depuis 2011 à ces « rebelles syriens » que l'on bombarde maintenant ?

 

1 – Rien n'est dit sur le financement depuis 2011 d'une rebellion islamiste syrienne par nos alliés, l'Arabie saoudite et le Qatar.

 

C'est un secret de polichinelle que les deux monarchies absolues finançaient les islamistes sunnites, notamment « Al-Nosra » pour le Qatar et « EIIL » pour l'Arabie saoudite.

 

Depuis, l'EI continue à recevoir des donations de richissimes figures du Golfe « à titre individuel ». Quand on sait combien familles princières, milliardaires, réseaux islamistes sont liés dans ces pays, on peut pouffer.

 

Un étrange silence se maintient aussi sur la contribution des services secrets saoudiens menés par le prince Bandar – vieil ami de la famille Bush – depuis 2011 pour organiser ces forces islamistes, notamment à partir de camps d'entraînement en Jordanie.

 

On estime par ailleurs que les Saoudiens constituent le premier contingent étranger en Syrie et en Irak pour l'Etat islamique (EI).

 

2 – Rien n'est dit sur la complaisance d'un autre allié, la Turquie, avec les rebelles islamistes de Syrie.

 

Les rebelles islamistes se maintiennent depuis trois ans dans le nord de la Syrie, au long d'une frontière de 800 km avec la Turquie, et résistent à une des armées les plus puissantes de la région.

 

Jamais cela ne serait possible sans un soutien tacite du gouvernement islamiste d'Erdogan. Divers compte-rendus sortis dans la presse turque révèlent que les combattants islamistes trouvent en Turquie une base arrière pour se soigner, se restaurer, se ravitailler en armes et trouver une aide logistique.

 

Les services secrets turcs (le MIT) ont apporté une aide dont seule l'ampleur reste en débat, la police et la douane turques ferment les yeux face au flot de djihadistes passant majoritairement par la frontière turco-syrienne.

 

L'affaire du camion rempli d'armes et de munitions destiné à la Syrie, intercepté le 1er janvier 2014 à la frontière à Adana, est révélatrice. Ce camion appartenait à l'IHH (Fondation turque pour l'aide humanitaire), organisation de charité islamique liée à la famille Erdogan, paravant pour le financement de groupes djihadistes en Syrie. Les services secrets turcs étaient impliqués.

 

3 – Rien n'est sur le soutien moral, politique, financier apporté par les Etats-unis aux rebelles syriens depuis 2011.

 

Encore en juin dernier, Obama a promis 500 millions de $ pour armer les « rebelles syriens », « modérés » bien sûr. On voit mal à quoi ressemble un islamiste armé modéré !

 

Depuis 2011, les Etats-unis ont été à l'avant-garde d'une campagne idéologique tendant à opposer de façon manichéenne un régime oppressif, sanguinaire à des civils indignés épris de liberté et de démocratie.

 

Une image qui a volé en éclats quand il est apparu que la « résistance » au régime laic et nationaliste d'Assad n'était composée que de militaires en quête de pouvoir, de bureaucrates corrompus dissidents nés des flancs de l'Ancien régime, et d'islamistes extrémistes.

 

4 – Rien non plus sur le bilan désastreux de 25 ans d'ingérences au Moyen-orient, en Irak.

 

Qu'ont apporté les deux guerres du Golfe, en particulier celle de 2003 ? On promettait la démocratie, la prospérité, la paix. On a eu l'obscurantisme, la misère, la guerre.

 

Le régime de Saadam longtemps soutenu par les Occidentaux, malgré ses aspects répressifs détestables, avait fait de son pays celui disposant du meilleur système de santé et d'éducation de la région. La minorité chrétienne était protégée, celle kurde disposait d'une relative autonomie.

 

Depuis 2003, le pays a sombré dans un conflit communautaire sanglant, sa « démocratie » a servi au pillage des richesses du pays (le pétrole) et a alimenté un régime communautaire corrompu. Sa population,dont 500 000 à 1 million de personnes sont mortes à cause de l'intervention américaine, est retourné à l' « âge de pierre » comme le promettaient Bush, père et fils.

 

Ceux qui s'étaient opposés à la guerre en Irak en 2003 soulignaient tous les risques de chaos dans la région, l'hypocrisie d'une guerre pour le pétrole, voire le rempart de régimes « nationalistes laics » comme ceux de Saadam, Kaddafi ou Assad contre l'islamisme extrémiste. Aujourd'hui, ce camp de la vérité remporte une victoire symbolique amère et superflue.

 

5 – Enfin, rien sur ce qu'on nous disait un an : qu'il fallait intervenir en Syrie aux côtés des rebelles contre Assad.

 

C'est le plus incroyable, on était il y a moins d'un an aux bords de la guerre … aux côtés des islamistes d'EI, d'Al Nosra contre le gouvernement d'Assad !

 

C'était l'histoire des armes chimiques soi-disant tirés par le régime syrien le 21 août. Dès le départ, plusieurs experts des renseignements américains ont souligné les contradictions de la version officielle.

 

Depuis, l'implication du MIT turc, des services saoudiens, et surtout la responsabilité pratique des islamistes dans le déclenchement de ces frappes se dessine nettement.

 

En dépit des va-t-en-guerre – dont la France de Laurent Fabius – les Etats-unis ont du rebrousser chemin, face à l'intransigeance russe, aux manœuvres ambigues des Saoudiens, conscients d'être impliqués dans un combat douteux, dont ils risquaient de ne pas maîtriser l'issue.

 

Un an après, il semble aux premiers abords que les Etats-unis se retrouvaient, malgré eux, dans un front commun avec Bachar al-Assad, l'Iran … contre les rebelles islamistes syriens qu'ils soutenaient il y a un an. On est pas en 2014, mais en 1984 !

 

Justifier l'ingérence en Syrie et en Irak … pour continuer à alimenter le chaos dans la région !

 

Mais les apparences sont peut-être trompeuses. Les Etats-unis n'ont toujours pas abandonné leur plan d'ensemble : le « Nouveau Moyen-orient », qui suppose l'élimination de l'Irak et de la Syrie comme puissances indépendantes, l'encerclement de l'Iran.

 

Concrètement, par une habile manœuvre géopolitique. On peut dégager quatre lignes cohérentes pour les USA avec ces premiers bombardements.

 

A – le but des USA, c'est de maintenir le chaos dans la région pour réduire à l'impuissance les grands États arabes.

 

L'Irak, la Syrie sont historiquement les deux grands Etats arabes du Moyen-orient, avec une population éduquée et progressiste, une armée forte et nationaliste, une sympathie pour la cause palestinienne.

 

La stratégie américaine, ce sont de les briser en tant qu'Etat – éventuellement en allant jusqu'à leur partition. Les Etats-unis savent que l'alternative la plus probable au régime d'Assad, c'est un Etat islamiste, avec la bénédiction de leurs alliés du Golfe.

 

Les USA et surtout Israel n'y ont pas intérêt. La stratégie israélienne comme celle américaine est plutôt de maintenir les deux cas dans un état de guerre civile permanente, d'auto-destruction de la Syrie et de l'Irak, qui réduiraient ces deux Etats à l'impuissance, loin de la question palestinienne.

 

B – leur but, c'est aussi de créer un climat d'insécurité dans la région pour alimenter la course aux armements.

 

Le chaos permanent permet de donner un nouvel élan à la course aux armements dans la région, de créer un ennemi peut-être fantoche pour augmenter les budgets militaires, les commandes aux pays occidentaux.

 

Dans la « guerre contre la terreur », le business voit double ou triple, voire quadruple.

 

D'un côté, les marchands de canons américains, français, allemands, britanniques arment nos dictatures alliées – Arabie saoudite, Qatar, EAU – qui tirent les commandes occidentales. L'Arabie saoudite est ainsi le premier client de la France et de l'Allemagne.

 

De l'autre, ces dictatures saoudiennes ou qataris financent et arment en sous-main les rebelles islamistes (avec nos armes) et créent un ennemi qui légitiment de nouvelles commandes militaires, non seulement de ces dictatures, mais des autres puissances de la région et des pays occidentaux.

 

Ce n'est pas fini. Une fois la menace montée de toutes pièces par nos alliés, avec nos armes, nous légitimons ensuite l'armement de nouveaux rebelles, résistants (comme les Kurdes irakiens) que nous armons, finançons grâce à des dépenses militaires exceptionnelles payées par l'Etat, légitimant la re-militarisation de leur économie, ce que font les Allemands.

 

C – cela sert de prétexte à une intervention aérienne et bientôt terrestre contre Bachar al-Assad.

 

Le comble de la fourberie, il apparaît de plus en plus que la menace fantôme EIIL/EI soit une façon de légitimer de façon paradoxale une intervention armée en Syrie.

 

Ainsi, le président américain Obama a parlé d'une longue campagne, peut-être sur plusieurs années.

 

Il a évoqué la coordination avec la Jordanie, l'Arabie saoudite, les autres rebelles syriens d'une campagne militaire terrestre pour battre les islamistes d'EI, accompagnée d'une vague de bombardements.

 

Qui peut croire qu'une fois en Syrie, les troupes américaines, saoudiennes, jordaniennes – qui rêvent depuis 2011 de faire tomber Assad – s'arrêteront à la lutte contre EI, collaboreront même avec les troupes de l'armée régulière ?

 

La « guerre qui vient » approche, se rapproche. En ce centième anniversaire de la mort de Jaurès, une phrase reste gravée en nous : « le capitalisme porte la guerre, comme la nuée porte l'orage ». Son idéalisme pacifiste n'a pas triomphé du capitalisme belliqueux, espérons que les forces de paix trouveront les armes matérielles pour éradiquer ce mal à la racine !

 

 

Mercredi 24 septembre 2014 3 24 /09 /Sep /2014 06:46
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massar.jpgLe parti de gauche tunisien Al-Massar choisit en tête de liste pour les législatives un journaliste retenu prisonnier au Qatar : un geste fort

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Il fallait oser, Al-Massar l'a fait. Pour les élections législatives tunisiennes d'octobre 2014, il aura parmi ses têtes de liste un journaliste tunisien progressiste retenu par la dictature qatarie. Alors que le Qatar arrose la classe dirigeante tunisienne en pétro-dollars.

 

Le symbole est fort. La députée du parti de gauche Al-Massar pour la France (la Voie démocratique et sociale), Nadia Chaabane, a annoncé début septembre que son parti présenterait comme tête de liste pour le monde arabe, en vue des élections législatives d'octobre Mahmoud Bouneb.

 

BN15528mahmoud-bouneb.jpgMais qui est Mahmoud Bouneb ? Ce journaliste tunisien travaillait à Doha pour Al-Jazeera, comme responsable de sa chaîne enfant. Brusquement, en 2011, il se trouve licencié, poursuivi en justice pour « mauvaise gestion » et mis aux arrêts.

 

Si l'accusation est vide, la justice qatarie ne peut rien prouver, les autorités du Qatar refusent de lui redonner sa liberté de mouvement, il reste séquestré en territoire étranger. Le gouvernement tunisien manifeste une indifférence royale face au sort d'un de ses ressortissants.

 

Le parti Al-Massar se présente aux prochaines élections sous la coalition de l' « Union pour la Tunisie ». Ce parti de gauche, laque, démocratique et engagé dans la transformation sociale de la Tunisie dans le sillage de la révolution de 2011 est l'héritier du Parti communiste tunisien.

 

La candidature de Mahmoud Bouneb est une épine dans le pied de la classe dirigeante tunisienne.

 

Elle pointe du doigt la collaboration non seulement des islamistes d'Ennahda, mais aussi du camp dit laic, avec la monarchie absolue qatarie, bailleur de fond des contre-révolutions dans le monde arabe, des interventions impérialistes occidentales au Moyen-orient.

 

On sait que le parti islamiste Ennahda (qui avait obtenu 37 % des voix en 2011), dont le leader Ghanouchi est très proche de Doha, a été largement financé par le Qatar pour assurer sa victoire lors des premières élections démocratiques. Selon The Independent, le Qatar aurait versé 150 millions de $ en 2011 à Ennahda.

 

Le président de la République, présenté comme la figure du camp laic et ami de la France, Moncef Marzouki est prêt à toutes les courbettes pour obtenir quelques derniers de Doha.

 

L'an dernier, il avait adressé des menaces aux critiques droits-de-l'hommistes du Qatar : « Ceux qui s'attaquent au Qatar devront assumer les conséquences de leurs actes ! »

 

Le président Marzouki s'est aligné sur les positions du Qatar et de la France depuis 2011 : soutien aux « rebelles » islamistes syriens contre Bachar Al-Assad (on se rappelle de la « Conférence des amis de la Syrie » à Tunis en février 2012), des « rebelles » islamistes libyens contre Kaddafi.

 

En échange, Ennahda, les laics à la Marzouki bradent les richesses du pays au Qatar, devenu en 2012 premier investisseur du pays (en flux) : Qatar Telecom, Qatar Airways, Qatar National Bank ont déjà fait main basse sur les secteurs stratégiques du pays.

 

Dans son projet d'investissement, le Qatar envisage de développer un projet de raffinerie (« la Shkira ») confié à Qatar Petroleum, de contrôler la mine de phosphate (la Tunisie est le 5 ème producteur mondial) de Sra-Ouertane.

 

Dans le même temps, il met sur la table de grands projets immobiliers comme « Diar Qatar », 150 ha de villas de luxe, de parcours de golf, de lacs artificiels au cœur des palmeraies, une aberration sociale et écologique dans un pays gangrené par la pauvreté de masse.

 

Mahmoud Bouneb a été très touché et honoré que le parti de gauche Al-Massar ait pensé à lui comme tête de liste pour le monde arabe – donc y compris pour le Qatar –, il est apparu les larmes aux yeux dans son adresse aux membres du parti, le 2 septembre dernier. Il a promis de défendre les idées, le programme du parti depuis sa « prison (pas si) dorée » de Doha pour remporter ce combat.

 

Sa candidature, au-delà de sa réussite électorale prochaine qu'on peut espérer, est un beau symbole : il n'y aura pas de Tunisie libre, démocratique, révolutionnaire dans un pays sous influence d'une des dictatures les plus obscurantistes, absolutistes, réactionnaires du monde !

 

Comme il n'y aura pas de Tunisie indépendante sans rupture du lien de dépendance avec la France !

Mardi 23 septembre 2014 2 23 /09 /Sep /2014 06:56
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le-film-du-jour.jpg« Cinema Komunisto » : une histoire fascinante du cinéma en Yougoslavie socialiste, pour comprendre la « Yougostalgie »

 

Compte-rendu AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ *

 

« Il était une fois l'histoire d'un cinéma et d'un pays qui ne sont plus », ainsi commence ce documentaire fascinant qui retrace l'histoire du cinéma dans un pays communiste pas comme les autres : la Yougoslavie. Une façon originale de comprendre la « Yougostalgie ».

 

Ce documentaire nostalgique presque malgré lui, jouant de l'ironie sans malveillance, remplit un rôle assumé :lutter contre l'effacement de la mémoire de l'ancienne Yougoslavie socialiste.

 

C'est ce qui explique l'immense succès qu'il rencontre dans les pays d'ex-Yougoslavie, s'ajoutant à sa qualité formelle et documentaire qui lui a valu 13 prix internationaux, le mérite en revenant à sa jeune réalisatrice Mila Turajlic.

 

En suivant l'épopée du cinéma yougoslave, c'est l'histoire de ce pays qui nous est contée. A travers un prisme peut-être déformant on en apprend beaucoup sur la réalité du socialisme à la Tito, ses réussites comme ses limites, l'énorme trace qu'il a laissée dans les ex-Républiques yougoslaves.

 

Le documentaire retrace deux facettes d'un cinéma yougoslave qui fut, avec celui français et dans une moindre mesure italien, le seul à résister à la vague des films américains.

 

Le « cinéma de partisan », célébrer la Résistance communiste

 

La première facette, c'est celle d'un cinéma militant et épique, servant la propagande du nouveau régime, célébrant la Yougoslavie unie, socialiste et résistante. Ce « cinéma des partisans », c'est 400 films qui se limitent pas à l'immédiat après-guerre mais continue jusqu'aux années 1980.

 

Transcription d'un optimisme quelque peu ingénu dans le monde nouveau né de la Résistance, foi sincère dans la construction du socialisme ou fascination pour la figure du chef communiste et père de la nation Tito, il y a un peu de tout cela dans ces films qui ont rencontré un énorme succès, incarnation de l'image que le peuple yougoslave voulait se donner de lui-même.

 

Les héros sont plus la jeunesse militante, le prolétariat triomphant, les femmes engagées que Tito lui-même, figure invisible dans ces films mais omniprésente, sorte de Dieu caché, de messie libérateur impossible à représenter physiquement.

 

L' « aube nouvelle » promise, c'est cette fraternité retrouvée dans la Résistance au fascisme. Aux cris de « mort au fascisme », les partisans répondent « liberté pour le peuple », qui était le slogan des antifascistes yougoslaves, scandé le poing sur la tempe.

 

Ces films sont révélateurs d'une réalité, celle d'un pays qui s'est libéré essentiellement par ses propres forces, avec l'action décisive du Parti communiste, de son chef le Maréchal Tito, qui a su l'incarner la résistance à l'occupant, la nation multi-culturelle et prendre la direction aux monarchistes de Mihaljovic.

 

Les partisans de Tito – célébrés jusque dans le célèbre club sportif du « Partizan » – vont devenir une véritable armée populaire qui comptera jusqu'à 800 000 combattants, de toute origine ethnique, ce qui fera sa force par rapport aux nationalistes croates ou serbes.

 

Les partisans résisteront aux attaques des collaborateurs serbes de Nedic, aux fascistes croates oustachis du sinistre Pavelic, aux armées allemande, italienne et bulgare, parvenant à immobiliser entre 10 et 20 divisions allemandes pendant tout le conflit.

 

Certes la réalité est déformée, exagérée dans ses films qui gomment totalement les antagonismes entre nations, la complexité des alignements de la population perçue comme unanimement comme résistante – pourtant à côté de cette vaste résistance populaire communiste, il y eut aussi un groupe monarchistes (« Tchetniks ») à l'attitude plus ambiguë, des collaborateurs surtout en terre croate.

 

Ce cinéma en est venu à être la caricature de lui-même, pendant des films d'action hollywoodiens, où une balle tue dix soldats allemands, les charges se font en chantant, le « bien » triomphe du « mal ».

 

Mais face à la valorisation de l'individualisme, le nationalisme, la guerre côté américain, le cinéma yougoslave insistait sur la solidarité, la fraternité multi-culturelle, la paix à venir.

 

Il a forgé ses stars, comme Bata Zivojnovic – adulé jusqu'en Chine ! – celui qui « aurait tué plus d'Allemands que Patton lui-même » (sic). Il a produit des navets, mais aussi des chefs d’œuvre, telle la Bataille de Neretva (1969) qui a remporté l'Oscar ou la bataille de Sutejska (1973).

 

« Hollywood-sur-le Danube » : Orson Welles, Alain Delon et Tito

 

La seconde facette, c'est un cinéma populaire, plus commercial, en partenariat avec les productions américaines, italiennes ou françaises.

 

La Yougoslavie n'était pas un pays communiste comme les autres, pour le meilleur et pour le pire. Elle reposait sur un soutien populaire incontestable, avait construit un socialisme original (« auto-gestionnaire ») mais reposant sur une unité fragile, elle-même minée par cette dynamique décentralisée, auto-gestionnaire, de plus en plus dépendante envers le monde capitaliste.

 

En 1948, Tito rompt avec Staline et le mouvement communiste international, pour des raisons paradoxales : Tito à la fois adoptait une position agressive envers l'ouest sur la question de Trieste, soutenait la résistance grecque, tout en suivant un modèle économique mixte, un ensemble de positions réprouvées par Staline qui cherchait la paix en Europe mais aussi l'adoption d'un socialisme à la soviétique ainsi qu'un alignement sur les positions étrangères de Moscou.

 

La conséquence de ce schisme – qui sera résorbé largement dans les années 1950 – c'est non seulement l'adoption par la Yougoslavie d'une position non-alignée, tiers-mondiste aux côtés des « socialisants » l'Indonésien Soekarno, l'Egyptien Nasser, l'Indien Nehru ou des communistes de la Chine de Mao et Cuba de Fidel et du Che.

 

Mais c'est aussi l'ouverture au « bloc occidental », diplomatique et économique. Les investissements affluent vers la Yougoslavie du « camarade Tito », qui engage des réformes qui entament l'introduction d'une dose de capitalisme aux conséquences périlleuses (endettement, concurrence exacerbée dans le pays, contrainte extérieure imposant des réformes libérales).

 

Sur le plan culturel, cinématographique, la Yougoslavie accepte de diffuser des films américains, qui connaissent un succès sans supplanter le cinéma national. Surtout, à partir des années 1960, la Yougoslavie devient le lieu de tournage de gigantesques co-productions.

 

Les plus grands réalisateurs, les plus célèbres acteurs passent alors par Belgrade : Orson Welles, Alfred Hitchcock, Sergei Bondarchuk, Giuseppe de Santis côté réalisation, Yul Brunner, Alain Delon, Sofia Loren, Richard Burton, Elisabeth Taylor, Kirk Douglas, Anthony Hopkins ou Anthony Quinn côté acteurs.

 

AVALA produira un certain nombre de grandes productions commerciales aux décors somptueux, aux costumes éblouissants, pour les groupes étrangers en échange de devises sonnantes et trébuchantes.

 

Mais dans un deuxième temps, ce sont les stars hollywoodiennes qui viendront participer aux grands films de partisans Yougoslaves.

 

Ainsi on retrouve Orson Welles comme conseiller à la réalisation de la « Bataille de Sutjeska », Richard Burton pour incarner Tito, et Mikis Theodorakis à la musique. Dans le film oscarisé « la bataille de Neretva », Yul Brunner en leader partisan s'oppose à Orson Welles leader monarchiste, avec une affiche signée Pablo Picasso !

 

Cette pléiade de stars se révèle fascinée par le personnage Tito au point pour Orson Welles de le qualifier « de plus grand homme d’État vivant », en raison de son passé de résistant, son action pour transformer son pays de façon progressiste.

 

Pourquoi les Serbes, Bosniaques, Slovènes sont-ils « Yougonostalgiques » ? Ce que nous apprend le film

 

Certes, ce portrait du cinéma yougoslave ne manquera pas de laisser sur sa faim nombre d'amoureux de ce cinéma.

 

D'abord, parce qu'il met totalement de côté un cinéma loin de ces extrêmes – cinéma commercial para-hollywoodiens vs cinéma partisan para-soviétique – gommant la richesse, la diversité de ce cinéma, qui trouva un écho à la « Nouvelle vague » française dans la « Vague noire » yougoslave, plus subversive, libre dans ses formes, attachées aux contradictions de la psychologie humaine.

 

Ensuite, parce qu'en choisissant l'angle de l'interview des réalisateurs, projectionnistes, acteurs, on oublie un peu le public de l'époque, sa réception de ce cinéma yougoslave : a-t-il été aimé par son peuple ? A-t-il contribué à élever les consciences, à forger de nouveaux sentiments, a-t-il reproduit de vieux schémas mentaux, a-t-il réussi à soulever les contradictions d'une société sans la miner ?

 

Toutefois, ce film est d'une valeur rare car il nous apprend quelque chose sur ce que fut la Yougoslavie :

 

1 – la construction d'une nation sur des bases progressistes, socialistes, antifascistes : oui, la Yougoslavie nouvelle de Tito est née d'un « récit national », a perduré sur une « propagande », comme tout régime.

 

Cette « propagande », ce « récit » : c'étaient ceux de la fraternité entre Bosniaques, Croates, Serbes, Slovènes, le dévouement à la paix, l'amitié avec les peuples du Tiers-monde, la fierté nationale sur la base de l'antifascisme, la construction du socialisme comme espoir d'un monde meilleur.

 

Au nom de cette unité mythifiée, les antagonismes sociaux, nationaux ont été gommés. L'histoire de la Seconde guerre mondiale, masquant les terribles exactions, les massacres, l'anti-sémitisme des collaborateurs. Croates contre Serbes, mais aussi Serbes contre Serbes, la guerre de libération nationale fut aussi une horrible guerre civile qui fit près de 2 millions de morts.

 

Ce fut la force de la Yougoslavie de Tito de proposer une idéologie – par définition nécessairement déformatrice, mobilisatrice et unificatrice – qu'on retrouve dans ce cinéma qui choisit l'unité, la réconciliation, le multi-culturalisme sur la division, la vengeance, la haine ethnique.

 

2 – la popularité d'un régime, d'un système socialiste qui a donné une dignité à un peuple : malgré les limites du documentaire, on perçoit que ces films – en particulier ceux épiques sur les partisans, les plus idéologiques – ont été immensément populaires.

 

Les réalisateurs de l'époque rappelaient qu'ils faisaient la tournée des usines, que les ouvriers étaient toujours prêt à contribuer financièrement au succès du prochain film. Les acteurs étaient les héros accessibles des travailleurs yougoslaves, dans l'usine, la rue, ou dans les grands festivals, comme celui des Arènes de Pula, en Croatie.

 

La popularité de ce cinéma était aussi celle de Tito, leader aimé, pleuré à sa mort et longtemps après, jamais présent (hormis une fois) dans les films, leader énigmatique et glorieux de la Résistance, bête noire des occupants (comme le sera Ho-Chi-Minh plus tard). Le public adorait voir à l'écran cette image de Tito, héros national, dirigeant du peuple, partisan communiste.

 

Tito lui-même était un grand amateur de cinéma. Il aurait dans son cinéma personnel regardé plus de 8 000 films, il donnait son avis sur chaque film, comme conseiller historique, assistant technique, spectateur critique.

 

Une popularité qui rejaillit à l'international. Outre les acteurs d'Hollywood, de la Cinecittà, ce sont aussi tous les dirigeants du monde qui accueillent en grande pompe Tito : des Etats-unis à la Chine, de l'URSS à la France, du Mexique à l'Indonésie, de l'Algérie à la Syrie.

 

3 – La nostalgie envers un système socialiste qui n'est plus : c'est ce qui prédomine dans le film, en dépit de ses contradictions internes. C'est Good bye Tito, pourrait-on dire de façon peu opportune.

 

Les protagonistes du film – acteurs, réalisateurs, producteurs, accessoiristes, techniciens – évoquent d'une part un âge d'or du cinéma yougoslave disposant de moyens abondants, profitant de la priorité donnée à la culture dans l’État socialiste en particulier au cinéma, suivant les préceptes de Lénine.

 

Plus largement, le socialisme se révèle être au quotidien un paradis perdu.

 

Ce qu'ont perdu les Yougoslaves, comme le rappellent plusieurs protagonistes, « ce sont des droits inestimables perdus à jamais sous le capitalisme », une société où « on vivait heureux, libres de s'aimer, sans peur du lendemain ».

 

Le témoignage le plus étonnant est celui de cet homme de cinéma qui avait quitté la Yougoslavie en 1952 pour fuir le communisme, revient en 1975 et est stupéfait du niveau de civilisation : « les gens vivaient si bien sous le communisme, il y avait des sorties pour les enfants, les soins étaient gratuits, comme les transports, le logement, l'éducation. Tout était gratuit, c'était incroyable ».

 

4 – Des contradictions réelles évoquées avec bienveillance : le portrait révélé de Tito est parfois à la limite de l'hagiographie involontaire sur ce personnage séducteur qui maîtrise sa propre image, piégé et piégeant son pays dans ce mythe construit autour d'une nation identifiée à lui.

 

Le dictateur Tito est à la fois bienveillant et intrusif, il veut contrôler « son » cinéma. Loin de la fiction du totalitarisme, on est quand même dans une conception autoritaire, personnelle de la culture, soumise aux revirements tactiques, aux excentricités, aux grands-écarts du chef.

 

Ce cinéma yougoslave, parfois brillant, est aussi partagé entre une tendance à l' « opportunisme » du cinéma de qualité médiocre, à l'occidentale, et le « manichéisme » de type stalinien, qui perdurera peut-être relativement plus longtemps qu'en URSS.

 

La difficulté de la critique artistique, nécessaire, vite assimilée à une dissidence politique coupable est évoquée. Ceux qui en sont victimes, perdant leur emploi, leur position, soulignent la contradiction vécue dans leur chair, sans nier qu'ils conservent une nostalgie de cette époque dorée.

 

C'est surtout la fragilité de la construction unitaire qui transparaît, à mesure que le discours cinématographique sur la Résistance devient plus abstrait, les extravagances de Tito écornent son image de dirigeant populaire, tandis que les tensions s'accumulent sur fond d'inégalités territoriales forgées dans une histoire déchirante, renforcées par l'économie mixte, décentralisée yougoslave.

 

Cet élément se ressent à certains moments du film, mais il n'est qu'évoqué de façon allusive. Or, les contradictions de ce cinéma parfois schizophrénique auraient pu permettre de l'évoquer de façon plus critique.

 

5 – La Yougoslavie après 1992, du paradis (reconstruit) au cauchemar (réel) : enfin pour finir, il apparaît dans ce film un regard particulier sur la « Yougostolagie », emprunt de pathétique, de bienveillance, d'ingénuité mais aussi d'ironie.

 

Le combat de la réalisatrice semble aussi de lutter contre l'effacement de la mémoire qui fera de ce pays « soit un objet de damnation, soit de glorification, oubliant ce que fut réellement la Yougoslavie », comme le dit un des protagonistes.

 

Concrètement, c'est en évoquant l'après 1992 que la réalisatrice montre le mieux l'ampleur du désastre, qui contribue pour beaucoup à faire de la Yougoslavie de Tito, malgré toutes ses limites, un âge d'or.

 

Le film se finit en 1991, sur le festival du cinéma de Pula perturbé par les premiers conflits inter-ethniques et la tentative désespérée du directeur de dire « Non » à la haine raciale, « Oui » à la paix. En vain, le cinéma communiste yougoslave, ses mots d'ordre pleins de bons sentiments sont morts.

 

De cette tragédie que fut la guerre civile ethnique, la dissolution de la Yougoslavie, la chute du communisme – avec de lourdes responsabilités occidentales, Allemagne en tête dans la reconnaissance des indépendances – 200 000 Yougoslaves perdirent la vie.

 

Les milices nostalgiques des fascistes croates firent leur réapparition, celles islamistes en Bosnie naquirent avec des fonds du Golfe, la haine raciale prit le dessus sur la solidarité nationale : tout ce que le socialisme avait fait, le nationalisme soutenu par les pays occidentaux le défaisait.

 

En 1999, le film ramène le projectionniste de Tito dans l'ancien palais présidentiel du père de la nation. Dévasté par les bombardements de l'OTAN, ce qui arrache des larmes de désespoir au vieil homme. Plusieurs milliers de Serbes sont morts pendant ce bombardement, l'économie a été réduite à néant.

 

En 2009, et c'est le point de départ de ce film, dans un pays en ruines, le gouvernement tente de privatiser et brader la vénérable société de cinéma AVALA, laissant les vieilles gloires du cinéma yougoslave désarmées, alors que la menace de faillite pèse sur la société et que les terrains historiques sont sur le point d'être vendus.

 

C'est l'image de la Yougoslavie d'aujourd'hui, un pays qui n'existe plus divisé en nations formées dans la haine, jouets des puissances étrangères et qui n'ont connu depuis 1992, avec la fin du communisme, que la guerre, la misère, la dépendance étrangère.

 

Les récentes émeutes de Tuzla en Bosnie et le « printemps bosnien », peu relayé dans nos médias, les mouvements sociaux massifs en Slovénie, comme le vaste courant populaire anti-impérialiste en Serbie sont le reflet de cette insatisfaction générale face au capitalisme importé à coup de bombes.

 

Un sondage réalisé par le quotidien « Danas » en 2010 révélait que 81 % des Serbes voient la période de Tito comme la meilleure qu'ils aient vécu, contre seulement 10 % pour le régime actuel.

 

Le succès du documentaire « Cinema komunisto », reflétant cet âge d'or de la Yougoslavie communiste s'explique aussi par cette vague de « titostalgie », de « yougostalgie », d'un peuple mesurant ce qu'il a perdu avec la chute du communisme. Allez-le voir, achetez le DVD, cela vaut la peine !

 

 

* Une projection exceptionnelle était réalisée le 18 septembre dernier au cinéma La Clef, en présence du distributeur et historien Jacques Choukroun, des « Films des deux rives »

Lundi 22 septembre 2014 1 22 /09 /Sep /2014 06:57
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bergoglio-videlaQuand le chef de SYRIZA Alexis Tsipras rencontre le pape François : « on s'est retrouvés sur l'humain d'abord »

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ **

 

« Une rencontre historique », c'est ainsi que le porte-parole de SYRIZA a qualifié la rencontre au Vatican entre le leader du parti SYRIZA, présenté comme de gauche radicale, Alexis Tsipras et le pape François. Une rencontre tout sauf anecdotique.

 

Quand un humaniste rencontre un autre humaniste, qu'est-ce qu'ils se racontent ?

 

D'après le Vatican, cela fait des mois que SYRIZA négocie en coulisses pour organiser une rencontre entre Tsipras et le pape. Le Saint-Siège préférait attendre la fin des élections européennes, SYRIZA voulait avant.

 

Cela presse pour le leader de SYRIZA, on sent la crise de foi, comme une envie de parler de Dieu et des hommes, du sens de la vie, de l'origine du monde. Comme une envie aussi d’œcuménisme, dans un pays avec 79 % de croyants où un athée peut difficilement imaginer être élu.

 

Qu'attend Tsipras du nouveau patron jésuite du Vatican ?

 

Il y a un mois, Alexis Tsipras rendait ainsi visite aux moines d'Athos, lieu saint de l'Eglise orthodoxe grecque, abritant une communauté monastique puissante, incarnation des immenses privilèges fonciers et fiscaux de l'institution ecclésiastique.

 

Après avoir réalisé son pèlerinage dans toute l'Europe auprès des lieux saints du capitalisme – ayant démarché le patronat et l’Église grecs, les dirigeants sociaux-démocrates à Madrid ou Berlin, les responsables de la BCE à Francfort, du gouvernement allemand à Berlin, de la Commission européenne à Bruxelles, jusqu'à ceux du FMI à Washington – il faut finir par le Vatican.

 

Tous les chemins de l'ordre établi mènent à Rome. Auprès de la sainte Eglise apostolique et romaine qui a soutenu les régimes les plus réactionnaires en Europe et Amérique latine, béni le fascisme et le nazisme, liquidé les mouvements chrétiens progressistes, mené la croisade contre le communisme.

 

Mais les temps changent. Le pape François représente le « catholicisme à visage humain ».

 

Peu importe qu'il soit le premier pape jésuite, les maîtres dans l'art du double discours, les plus soumis au Vatican, mettant leur savoir docte au service de la conquête des milieux populaires pour mieux défendre l'ordre établi, même si une minorité a pu le contester.

 

Pourtant nos amis argentins le connaissent bien. Au mieux, il s'est tu sous la dictature de Videla de 1976 à 1983, au pire, il a collaboré. Ils savent combien il fut hostile au communisme et aux mouvements les plus progressistes de l’Église, telle la Théologie de la libération.

 

Mais ceci est du passé, laissons la parole à Alexis 1 er et à François 1 er. *

 

« On s'est retrouvé sur l'humain d'abord »

 

Selon le récit d'Alexis Tsipras, les deux responsables politiques ont parlé de la situation internationale en Ukraine, au Moyen-Orient, des questions humanitaires liées à l'immigration, de l'urgence sociale en Grèce ainsi que des valeurs de justice sociale, de paix et de dignité humaine.

 

Et là ce fut le coup de foudre, selon Tsipras, qui mentionne le pape François comme « le pape des pauvres » : « nous sommes partis de visions idéologique différentes, mais nous nous sommes retrouvés sur des valeurs humaines universelles, sur l'humain d'abord ». ( = pan-human values)

 

Le Pape précise cette divine convergence sur 'l'humain d'abord', en tout cas pour la Cité des hommes : « on s'est retrouvé sur l'idée de mettre l'humain au-dessus des banques et des profits ».

 

Le récit continue, avec un troc savoureux, père François en bon jésuite avisé : « Tsipras a offert au pape une branche d'olivier (sic), symbole de paix. François a donné à Tsipras une copie de son exhortation apostolique, la Joie de l'Evangile (re-sic), que certains ont décrit comme une illustration de sa conception radicale du rôle de l'Eglise dans le monde moderne ».

 

« Vous parlez un langage différent qui sonne comme une mélodie de l'espoir »

(le Pape à Saint-Alexis)

 

Alexis et François sont d'accord sur la nécessité de la paix au Moyen-orient. Nous voilà rassurés.

 

Alexis a détaillé ensuite la situation dramatique en Grèce due à l'austérité (mais pas à l'UE) : « Je lui ai raconté l'impasse que nous vivons, quand la majorité des Grecs paient la note, alors que les banques sont sauvées ».

 

Notre très saint père a été « ému » et « bienveillant » selon les rapports journalistiques, soulignant la nécessité de défendre l'humain plutôt que les banques. Il en a profité pour bénir Alexis :

 

« Les jeunes politiciens comme vous, vous parlez un langage différent qui sonne comme une mélodie de l'espoir ».

 

Dieu merci, c'est bien la première fois qu'un pape a des paroles aussi douces pour un leader présenté parfois comme crypto-communiste. Tsipras a bien fait passer son message : « il n'est pas dangereux » pour l'ordre établi.

 

Tsipras pour un « vaste front oecuménique » pour mettre les « gens d'abord »!

 

Mais Tsipras n'en a pas fini, il en rajoute une couche. Selon certains compte-rendus, non-rapportés par Tsipras lui-même, il aurait – comme sur le mont Athos – fait l'éloge de l'Eglise comme institution sociale, sans s'exprimer sur la religion chrétienne en soi.

 

Il a conclu ainsi sur un appel à un vaste front, du Vatican à Athènes, en passant par Bruxelles :

 

« Nous sommes d'accord sur la nécessité de continuer le dialogue entre la Gauche européenne et l'Eglise chrétienne. Il faut créer une alliance œcuménique contre la pauvreté, les inégalités, contre la logique mettant les marchés et les profits d'abord, et non les gens ».

 

On se demande toujours jusqu'où va aller l'incroyable M.Tsipras, lui qui fut encore récemment porté comme candidat de la « gauche européenne » pour la Commission européenne, nommé tête de liste par les héritiers du communisme italien : la réponse est jusqu'au pouvoir, non pour subvertir mais pour maintenir l'ordre établi grec et européen.

 

 

* d'après le récit donné par les médias grecs et anglo-saxons, ici The Guardian, To Vima, Ekathimerini, Catholic online ainsi que le site de SYRIZA.

 

** Légende de l'image : un dessin polémique du satiriste brésilien Latuff, avec le pape François arborant autour du cou un médaillon à l'effigie du dictateur Jorge Videla. Entre 1976 et 1983, Jorge Bergoglio est provincial (la plus haute responsabilité régionale) de la Compagnie de Jésus pour l'Argentine. Selon le journaliste d'investigation Horacio Verbitsky, pour Pagina 12, réputé pour son sérieux, Jorge Bergoglio aurait collaboré avec la dictature de Videla sans faire de zèle avant tout en maintenant le silence sur les violations des droits de l'Homme du régime, concrètement face à l'arrestation de deux jeunes prêtres jésuites Orlando Yorio et Franz Jalics, par ailleurs dangeureusement proches des thèses de la Théologie de la Libération. Tous les observateurs reconnaissent un mérite au futur pape : celui d'avoir maintenu l'unité de la congrégation jésuite. Au prix de son silence complice, disent ses détracteurs.

Dimanche 21 septembre 2014 7 21 /09 /Sep /2014 06:35
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