Partis communistes

Notre lutte

Le site http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ publie des traductions de déclarations, de communiqués, d’articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international.

 

La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » qui refuse la dérive réformiste de la direction du PCF suivant le Parti de la gauche européenne. Notre site s’efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationaliste portée historiquement par le PCF.

 

Parmi ses centres d’intérêts prioritaires :

 

  • la solidarité avec les mouvements anti-impérialistes, notamment le soutien à Cuba, aux expériences socialistes d'Amérique Latine, aux résistances aux guerres impérialistes. Notre site relaie ainsi les mobilisations contre la guerre et l’occupation de l’Afghanistan, les prises de position contre l'OTAN, contre la subordination au bloc impérialiste nord-américain,

  • la mise en valeur des actions des partis communistes qui prennent le parti de la lutte de classe, restent fidèles à leur raison d’être révolutionnaire.

  • les tentatives de reconstituer une forme de coopération politique entre partis communistes, dans le monde comme en Europe, à l’opposé du PGE et de son acceptation de l’UE capitaliste. Le site traduit ainsi régulièrement les appels internationaux de partis communistes.

  • le refus du révisionnisme historique, de la criminalisation du communisme, notamment impulsée par l'Union Européenne, l’examen critique et la défense de l'héritage des expériences socialistes passées.

Calendrier

Décembre 2014
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Recommander

Archives

Actualité

Mise à jour : 23 décembre 2013

 

Non aux guerres impérialistes sur le continent africain ! : Les Partis communistes contre l'intervention en Syrie ; porter une opposition conséquente à l'intervention française au Mali ; Françafrique en Centrafrique, c'est non ! 

 

Des Partis communistes qui relèvent la tête en 2013 : au Népal, les communistes hégémoniques ; au Chili, un record de députés depuis 1973 ; en République tchèque, les communistes à 15 %, au plus haut depuis 89 ; Luxembourg, Autriche, résistance des PC (1-2%) dans des contextes hostiles ; Elections locales au Portugal : le PC à 12 %, Bloc de gauche à 2 % ; Lettonie : les communistes à la tête d'une coalition victorieuse à l'assaut de Riga ! ; à Chypre, les communistes résistent ... à 27 % ! ; Elections professionnelles en Grèce, le PAME lié aux communistes en tête ; Israel, communistes et anti-sionistes toujours présents ! ; au Japon, les communistes au plus haut depuis 1995 ; en Inde, les communistes dominateurs dans l'Etat du Tripura.

 

Révolutions latino-américaines et construction du socialisme: nationalisations à l'ordre du jour en Argentine et en Bolivie; réduction des inégalités et de la pauvreté au Vénézuela et en Bolivie; l'exemple cubain: supériorité du socialisme pour le bien-être des mères, des enfants, top 10 mondial de l'IDH non-économique

 

Sortir de l'Euro ? Le débat est ouvert ! : à Chypre, les communistes pour la sortie de l'Euro ; au Portugal, le débat avance pour une rupture avec l'euro dans le PCP ; une idée qui progresse en Espagne, avec des contradictions ; la gauche allemande déchirée, Die Linke freine contre son père fondateur !

 

Dénoncer le mythe de l'Europe sociale, combattre l'Europe du capital et de la guerre : Un congrès du PGE pour refonder l'Europe, la grande illusion ; le syndicat des cheminots britanniques pour la rupture avec l'UE ; 

 

Les partis du PGE: aile-gauche de la social-démocratie: une sioniste amie de Sarkozy candidate à la présidentielle de Linke en Allemagne, Izquierda Unida profite de ses résultats pour collaborer dans les gouvernements régionaux avec le PSOE en Espagne, Syriza lance des appels du pied à l'UE et se propose comme social-démocratie de substitution

 

 

commerzbank.jpgAprès la BNP, la banque allemande Commerzbank paiera 1 milliard de $ aux Etats-unis pour avoir commercé avec Cuba

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

La normalisation des relations entre Etats-unis et Cuba est encore loin d'avoir une traduction sur le plan économique. L'embargo, qui pèse sur le développement de l'île, est bien vivace, il se matérialise dans la série d'amendes qu'impose les USA aux banques européennes.

Après la français BNP Paribas, au tour de l'allemande Commerzbank. Le gouvernement américain frappe les géants bancaires européens, alliés géopolitiques mais concurrents économiques, d'amendes se chiffrant en milliards de $.

Commerzbank est la deuxième banque allemande – dont le premier actionnaire reste l’État allemand – elle fait partie des 20 principales institutions bancaires d'Europe.

C'est la banque allemande du commerce international, bien implantée en Europe de l'est, en Russie, en Chine, où elle devient un concurrent des banques américaines et un partenaire des banques et entreprises locales, avec lesquelles les Etats-unis voient les rivalités géopolitiques s'exacerber.

Selon le Wall Street Journal, Commerzbank est prêt à payer la somme de 1 milliard de $ au gouvernement américain pour avoir mené des transactions commerciales entre autres avec Cuba, en violation des sanctions imposées par les Etats-unis

Le Financial Times souligne que l'institution financière allemande avait convenu de payer 650 millions de $ en septembre 2014, avant de devoir ré-évaluer à la hausse l'amende sous pression américaine.

Le New York Times rappelait que le Département du Trésor américain avait d'abord estimé l'amende à 500 millions de $, le 9 juillet dernier, pour transactions illégales entre ses filiales américaines et des partenaires à Cuba, en Corée du nord, en Iran, ou au Soudan.

Le Département de la Justice américain, le Bureau du procureur du district de Manhattan et le Super-intendant aux services financiers de New-York ont lancé l'enquête en 2008, visant en particulier les liens avec des entreprises iraniennes, au beau milieu de la querelle sur le programme nucléaire iranien.

On est loin de l'amende record infligée à la BNP-Paribas, de 9 milliard de $, en juillet dernier. Mais la logique est la même : continuer le siège économique de Cuba, et surtout l'utiliser comme prétexte dans une guerre économique pour engranger des profits commerciaux maximum. De la rapine pure.

Le gouvernement américain ne compte pas s'arrêter là. Il a lancé des enquêtes contre l'allemande Deutsch Bank, les françaises Crédit Agricole et Société Générale, enfin l'italienne UniCredit. Avec la BNP Paribas, ce sont cinq des dix plus grandes banques européennes.

Des mesures en totale contradiction avec la volonté de l'immense majorité des nations du globe. Le 28 octobre, pour la 23 ème année d'affilée, l'Assemblée générale de l'ONU condamnait le blocus américain contre Cuba et demandait son levée, à 188 voix contre 2, celles des USA et d'Israel.

Moins d'une semaine après les annonces-choc du président Obama, cette nouvelle a de quoi confirmer la réception prudente de la dite normalisation des relations Etats-unis/Cuba. La guerre économique est toujours en vigueur contre Cuba.

Lundi 22 décembre 2014 1 22 /12 /Déc /2014 06:41
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

141905161034_20141221.JPGInterdiction en Corée du sud du principal parti d'opposition, le PPU, force de gauche proche des communistes : solidarité !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Présentée comme modèle du capitalisme du XXI ème siècle, la Corée du sud montre surtout l'image de ce que pourrait être un capitalisme autoritaire au XXI ème siècle. L'interdiction du principal parti d'opposition de gauche en est la dernière preuve inquiétante.

 

La nouvelle n'est pas une surprise pour ceux qui suivent l'actualité coréenne. Elle marque néanmoins une rupture dans la pratique autoritaire du pouvoir sud-coréen. Un retour en arrière qui lorgne vers le temps de la dictature de Syngman Rhee (1948-60), puis Park Chung-Hee (1963-1979)

 

Une dérive autoritaire : la fille du dictateur sur les traces de son père

 

Les partis de gauche, les syndicats, les militants de défense des droits de l'Homme dénonçaient en 2012 l'arrivée à la présidence de Park Geun-Hye, mêlant libéralisme économique, nationalisme anti-communiste (mais pro-américain) et autoritarisme politique. Une « dame de fer » made in Korea.

 

Les opposants à cette dérive autoritaire du régime sud-coréen soulignaient que Park Geun-Hye était aussi la fille du dictateur Park Chung-Hee. Le président à la plus grande longévité qui imposa un régime brutal, en emprisonnant les étudiants et ouvrier, en réprimant brutalement toute opposition.

 

Park Chung-Hee avait fait passer en 1972 une nouvelle Constitution qui lui accordait – au nom de l' « état d'urgence » face au péril communiste – les pleins pouvoirs, restreignant les libertés fondamentales, sanctionnant le tout par un referendum fantoche. 93 % de oui !

 

Sa fille a visiblement gardé un héritage vivace de cet héritage. Depuis deux ans, elle multiplie les attaques par la voie judiciaire contre l'opposition de gauche, le mouvement syndical. Cette fois, un cap est franchi avec l'interdiction du principal parti d'opposition, le Parti progressiste unifié.

 

Il faut d'abord rappeler que la Loi de Sécurité nationale de 1948 est toujours en vigueur.

 

Au nom de la lutte contre le communisme, elle permet à l'Etat sud-coréen de réprimer les activités anti-Etat qui mettent en danger la sécurité nationale (art 1), les groupes anti-Etat étant ceux qui troublent l'ordre national (art 2), prévoyant la peine de mort ou des peines supérieures à 2 ans (art 3 et 4), y compris pour ceux qui constituent des groupements politiques ayant cette intention (art 7).

 

De fait, depuis 65 ans, la Loi de Sécurité nationale sert de prétexte à la répression de tout mouvement d'opposition, syndical ou politique, et à l'interdiction du mouvement communiste, malgré son assouplissement dans les années 1990. 2014 marque la fin du « dégel » démocratique.

 

Le Parti progressiste, un parti de masse à gauche qui dérange

 

Le Parti progressiste unifié (PPU) regroupe des forces unies dans un combat commun pour une démocratie sociale, la paix, l'indépendance face aux États-Unis. Il rassemble large, des patriotes de gauche aux progressistes sociaux-démocrates, des militants syndicaux jusqu'aux communistes.

 

Malgré ce climat difficile, le PPU était parvenu à incarner – comme le Parti communiste au Japon – l'opposition aux dérives autoritaires d'un régime structurellement lié aux intérêts des grands monopoles sud-coréens (les chaebol) et de l'impérialisme nord-américain.

 

Avec ses 100 000 militants, le PPU était une force incontournable dans la société, bien que minortaire au Parlement, mais s'appuyant beaucoup sur la puissance des syndicats de lutte. Il avait toutefois réussi à récolter 13 sièges aux élections de 2012, dépassant la barre des 10 %.

 

Qui croit au complot communiste déjoué par les services secrets ?

 

Ce 18 décembre 2014, la Cour constitutionnelle a reconnu à 8 voix contre 1 que le PPU menaçait « l'ordre démocratique de la République de Corée ». La charge retenue : appel à l'insurrection pour tenter d'instaurer le communisme comme en Corée du nord.

 

La Cour constitutionnelle reprend les allégations des services secrets faisant référence à une rencontre secrète qui se serait tenue en mai 2013, organisée par Lee Seok-Ki, député du parti, avec 130 responsables du PPU.

 

Cette rencontre aurait posé les grandes lignes d'un complot para-communiste visant à prendre le pouvoir légalement d'ici 2017 (sic), tout en préparant un plan clandestin de lutte armée en cas de guerre avec la Corée du nord, et de guérilla contre les infrastructures du pays, insistant sur de cyberattaques contre le réseau Internet sud-coréen.

 

Une réunion qui serait la preuve d'une organisation secrète dans le PPU – l'Organisation révolutionnaire (OR) – qui se serait fixé comme but le renversement violent du régime sud-coréen, la préparation d'une guérilla en Corée du sud.

 

Ce dossier abracadabrantesque monté par les services secrets sud-coréens (Service d'intelligence nationale/SIN), à charge contre le PPU, a laissé sceptique les observateurs. On connaît trop bien le passé du SIN, expert dans la manipulation des faits montés de toute pièce à des fins politiques.

 

Un passé très récent puisqu'en 2012 le SIN a inondé le web, ainsi que les réseaux sociaux, d'articles favorables à la candidat de droite Park Cheung-Hee mais aussi d'articles diffamatoires, calomniateurs sur ses opposants.

 

Selon les analystes politiques, cette campagne médiatique a pu faire la différence dans un scrutin présidentiel qui s'est finalement joué à 51-49 %. Ce qu'a corroboré l'enquête de la Police métropolitaine de Séoul.

 

L'enquête, bloquée dans un premier temps, a révélé au cours de l'année 2013 une manipulation massive via Internet mais elle n'a pas emmené à des poursuites concrètes contre le SIN. Et c'est à ce moment qu'est apparu le scandale du dit « complot communiste ». Une divine surprise.

 

Le parlementaire du PPU, Lee Seok-Ki, a été arrêté en septembre 2013, jugé en février et condamné à 12 ans de prison. Trois autres hauts responsables du PPU ont été condamnés à des peines allant de 4 à 7 ans, accusés de « haute trahison » contre l'Etat sud-coréen.

 

Deux ans d'attaque contre toute opposition, contre le mouvement social

 

L'attaque légale contre le PPU a donc culminé par son interdiction ce 18 décembre. Une interdiction qui, pour la présidente du PPU, Lee Jung-Hee, signifie que « la démocratie est morte aujourd'hui en Corée du sud », la Cour constitutionnelle « ouvre la voie au totalitarisme ».

 

Le patrimoine, mobilier et immobilier, du parti va être saisi. Des élections devraient être anticipées en avril 2015 pour ré-attribuer les 13 sièges laissés vacants par le parti de gauche.

 

Cette mesure autoritaire marque la fin d'une période d'intenses luttes sociales contre la toute-puissance des grands monopoles privés, la privatisation des monopoles publics, et globalement la reprise en main autoritaire du pays par la fille de l'illustre dictateur sud-coréen.

 

En décembre 2013, plusieurs semaines de grèves des cheminots sud-coréens contre la privatisation de la KORAIL ont été ponctuées par une grève générale massive il y a un an de cela.

 

Et depuis septembre, c'est l'automobile qui connaît des mobilisations inédites touchant Kia, Hyundai mais aussi Renault.

 

Le gouvernement a déjà choisi la solution autoritaire pour briser la puissante confédération de lutte – qui entretient des liens privilégiés avec le PPU – qu'est la KCTU (Confédération des syndicats coréens), avec ses 700 000 membres.

 

Le syndicat des enseignants (KTU) est interdit depuis décembre 2013, celui des employés de la fonction publique (KEGU) depuis 2009, enfin l'attaque contre les syndicats de cheminots et de la métallurgie (dont l'automobile) laisse craindre une interdiction du mouvement syndical de classe.

 

Alors que nos médias s'indignent haut et fort face à de prétendues cyberattaques nord-coréennes sur Sony – qui nous ferait passer l'Etat socialiste pour le pays le plus à la pointe au niveau des hautes technologies, un honneur peut-être légèrement surfait – personne ne dit rien sur le danger que porte la re-militarisation japonaise, la dérive autoritaire inquiétante en Corée du sud.

 

Exprimons clairement notre solidarité avec nos camarades coréens, brisons le mur du silence médiatique : non à l'interdiction du Parti progressiste unifié, au nom de l'anti-communisme !

Dimanche 21 décembre 2014 7 21 /12 /Déc /2014 06:22
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

EU-ban-on-dairy-from-Israeli-settlements-destructive_strict.pngLes pays de l'Union européenne ont vendu des sommes records d'armes à Israel en 2012 et 2013 : stop à l'hypocrisie

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Le Parlement européen vient de se prononcer pour la reconnaissance d'un État palestinien, après certains parlements nationaux. Dans le même temps, les pays européens continuent d'armer un État qui tue au quotidien les Palestiniens. Retour sur les livraisons de la honte.

 

L'Union européenne, comme les pays qui la composent, ont l'art de manier le double discours, les manifestations d'indignation théoriques face aux offensives israéliennes et les accords de coopération pratiques, à multiples facettes, avec l’État sioniste.

 

La plaisanterie. « Un code de conduite sur les exportations d'armes » ?

 

Depuis 1998, l'UE dispose d'un Code de conduite sur les exportations d'armements poussant les États à n'exporter des armes qu'à des pays qui respectent : (1) les droits de l'Homme ; (2) les engagements internationaux ; (3) la paix et la sécurité régionale ; (4) un refus du terrorisme.

 

Quinze ans après, les pays de l'Union européenne continue de vendre des armes prioritairement à l'Arabie saoudite, au Qatar, au Pakistan qui sont loin de respecter ses critères, ainsi qu'à Israël.

 

Savoir l'étendue de la coopération militaire de l'Union européenne avec Israël n'est pas chose aisée tant elle peut se draper dans des accords de coopération à dominante civile, des projets de recherche aux finalités diverses.

 

On se rappelle qu'en juillet 2012 l'UE avait signé un accord de coopération portant sur 60 programmes concrets, dans 15 domaines d'actions.

 

Une collaboration institutionnalisée dans des secteurs stratégiques et hautement politiques :coopération policière (Europol), judiciaire (Eurojust), spatial (ESA), et militaire enfin euphémisée derrière la collaboration dans les domaines de la « sécurité maritime et aérienne ».

 

Les livraisons d'armes sont certes plus limitées que les colossales aides américaines à Israël, mais loin d'être nulles, elles sont surtout multi-formes, difficiles à tracer. Nous allons tâcher ici d'en donner quelques exemples illustrant cette collaboration concrète des pays européens.

 

La France, un partenaire militaire fidèle d’Israël

 

Quelle place occupe la France dans les autorisations d'exportations ? Selon les chiffres même de l'UE, une place privilégiée.

 

Un rapport de 2008 de l'UE sur les licences d'exportations soulignait que, pour l'année 2007, la France était de loin le premier pays à accorder des licences d'exportations d'armes vers Israel : 120 millions, soit 60 % des autorisations d'exportation.

 

Selon le rapport, la France était en première place pour la « livraison de matériel lié aux avions de chasse » pour 10 millions d'€, ainsi que pour les « équipements électroniques » à finalité militaire – systèmes de guidage, de navigation, de brouillage de satellite – pour 89 millions d'€.

 

On se rappelle que certains observateurs avaient été frappés de voir le label « Made in France » sur des missiles Hellfire retrouvés à Gaza, en 2009.

 

Si l'année 2007 a marqué un pic, cela n'a pas marqué la fin de ces licences d'exportation. Sur la période 2008-2012, la France occuperait toujours la troisième place pour les licences d'exportation, 200 millions d'€

 

Concernant l'arme fatale du XXI ème siècle, les drones, c'est en collaboration étroite avec Israel que la France avance. Dès les années 1990, Lagardère puis EADS se dote des drones israéliens Hunter/Heron pour en faire les fameux Eagle One, maintenant Harfang entrés en service en 2008.

 

La France prépare les drones de nouvelle génération, cette fois avec la collaboration de Dassault et Thalès. C'était le sens de l'achat programmé de la plate-forme Heron TP (ou « Eitan ») en 2011 pour 500 millions d'€. Les drones Eitan étaient entrés en service lors de la guerre de Gaza de 2009.

 

Si Israel a perdu en 2013 les contrats pour la livraison de 10 à 12 drones (670 millions d'euros!) pour le renouvellement de la flotte française, face aux américains de General Atomics, elle devrait collaborer étroitement au projet, tant les experts israéliens sont liés à l'entreprise américaine.

 

Le Royaume-uni : pour quelques millions (ou milliards) de £ de plus ?

 

Le Parlement britannique a, lui aussi, voté pour la reconnaissance de l'Etat palestinien. Il est même allé plus loin, en annonçant cet été la « review » (révision) de plus de 8 milliards de £ (10 milliards d'€) de licences d'exportation commerciales et militaires.

 

Le chiffre donne le vertige, le gouvernement britannique a tenu à préciser : il ne s'agit même epas d'annuler ces autorisations d'exportation, ni les contrats déjà signés.

 

Et le gouvernement souligne que les autorisations militaires ne concerneraient que 275 millions de £ (400 millions d'€), une somme déjà énorme.

 

Mais les 9 autres milliards d'€ auraient surtout à voir avec des dispositifs de télécommunications, des systèmes de cryptage, dont on peut aisément devenir la porosité avec le domaine militaire.

 

Une somme énorme qui concernerait avant tout des logiciels de cryptage, de communications militaires mais aussi des pièces détachées pour des véhicules militaires. Des licences qui concerneraient 130 entreprises britanniques, toucheraient aux composantes du drone israélien Hermes mais aussi certaines pièces des chars d'assaut d’Israël.

 

Concrètement, de janvier à juin 2014, le Royaume-uni avait déjà vendu pour 9 millions d'€ d'armes : des composantes pour les avions de chasse (400 000 €), pour les drones (150 000 €), pour la guerre électronique (2 millions d'€), pour le ciblage (1,5 millions d'€), pour l'imagerie et les tirs de nuit (2 millions d'€), ou encore des systèmes d'armes à énergie dirigée (800 000 €).

 

L'Allemagne, des sous-marins nucléaires pour Israël

 

L'Allemagne la joue beaucoup plus franchement. Pas question de reconnaître l'Etat palestinien, et l'alliance avec Israel reste intouchable pour la chancelière Merkel.

 

L'Allemagne est même allée plus loin. Elle a livré cette année le 4 ème de ses sous-marins Dolphin. Elle prévoyait d'en livrer un cinquième d'ici la fin de l'année, et un sixième d'ici 2017. Des sous-marins qu'Israel aurait empressé d'armer de missiles à tête nucléaires.

 

Chaque sous-marin coûte près de 700 millions d'€, mais l'Etat allemand a décidé de subventionner (!) un tiers de la somme, soit autour de 200 millions d'€ par sous-marin, soit plus de 1 milliard d'€ de cadeau allemand à l'Etat israélien.

 

C'est aussi en fin d'année 2013 que l'Allemagne a accepté la vente de 3 destroyers destinés à protéger les pipelines israéliens (pour le transport de l'énergie). Elle a encore accepté une réduction de 30 % du prix de vente, réduisant la facture pour Israël de 950 millions d'€ à 650 millions.

 

L'Italie, championne d'Europe des licences d'exportation ?

 

C'est que soulèvent les militants des Associations de lutte pour le désarmement en Italie. Pour la seule année 2012, l'Italie aurait acté pour 475 millions d'€ de licences d'exportations vers Israel, une conséquence de l'Accord de coopération militaire et de défense signé par Berlusconi en 2005.

 

L'Italie a ainsi exporté en 2012 un système de satellite optique pour l'observation de la terre, des dispositifs de contrôle des vols de drones/planeurs, ou encore des systèmes de télécommunications aux normes de l'OTAN.

 

Le groupe italien Finmeccanica – partenaire privilégié de Dassault, EADS dans les projets européens – a surtout livré en 2014 deux avions d'entraînement M-346, des aéronefs à la pointe de la technologie, qui peuvent être configurés comme bombardiers légers.

 

Ce n'est que le début, un contrat pour la livraison de 30 modèles M-346 a déjà été conclu, pour la somme d'1 milliard d'€.

 

Les entreprises italiennes du secteur de l'armement importent également du matériel israélien, pour une valeur de 50 millions d'€ sur ces deux dernières années : Simmel importe ainsi des composantes pour ses bombes, Beretta pour ses armes automatiques, en particulier les pistolets-mitrailleurs.

 

21 pays sur 27 dans l'UE ont vendu des armes en 2012

 

Sur la période 2008-2012, 21 pays européens sur 27 ont vendu des armes, ou tout du moins des licences d'exportation à caractère militaire, à Israël.

 

Y compris l'Espagne qui se gargarisait aussi de reconnaître l'Etat palestinien dans son Parlement, elle a vendu pour 25 millions d'€ de licences dans la période 2008-2012, 5 millions d'€ pour la seule année 2013, ce qui en fait officiellement le 6 ème pays exportateur européen d'armes vers Israël.

 

Craignant toutefois pour ses approvisionnements en Europe de l'ouest, Israel a diversifié au cours des années 2000 ses approvisionnements en … Europe de l'Est. Russie et Ukraine pour l'armement lourd, République tchèque, Bulgarie, Roumanie, Pologne et Finlande pour l'armement léger.

 

Pour les pays désormais intégrés à l'UE, il est intéressant de remarquer que la Roumanie est, pour la période 2008-2012, le 4 ème partenaire militaire européen d’Israël, ayant accordé près de 95 millions d'€ de licences d'exportation.

 

Sur les ventes de licences d'exportation réalisées en 2007 (la Roumanie y occupait déjà une surprenante 3 ème place), on s'aperçoit que la Roumanie vend à Israel surtout des armes légères, des matériels explosifs mais aussi des composantes pour ses aéronefs.

 

Sur le terrain, l'entreprise israélienne Elbit dispose en Roumanie de quatre filiales – Elbit System, Elmet International, AE Electronics et Simultec – qui assurent l'essentiel de la mise à jour des systèmes électroniques de l'armée roumaine.

 

En 2011, Elbit a obtenu un contrat de 18 millions de $ pour mettre à jour l'avion de transport C-130 de la flotte aérienne roumaine.

 

La Bulgarie, la République tchèque et la Pologne font partie du « Top 10 » européen des exportateurs d'armes, avec un total de 50 millions d'€ à eux trois.

 

La République tchèque avait déjà vendu des systèmes de missile tactique (d'origine russe) en 2006, les Totchka, tandis que la Bulgarie avait fourni 6 systèmes d'artillerie de 130 mm en 2004.

 

La Bulgarie a confirmé par un accord en 2012 de coopération militaire, comprenant entraînement communs, projets industriels et de recherche avec Israël.

 

La Pologne : liaisons dangereuses avec le lobby militaro-industriel israélien

 

La Pologne, suivant le grand frère allemand, développe des accords de coopération militaire de grande ampleur avec l'Etat israélien.

 

Elle a annoncé depuis 2010 son intention de renouveler sa flotte aérienne composée de vieux appareils soviétiques et américains, le Ministère de la Défense pousse pour l'achat de drones israéliens Eitan et Hermès.

 

Le Général Skrzypczak, vice-ministre de la Défense et ancien commandant des forces armées polonais, formé aux États-Unis, est connu pour ses relations très étroites avec l'industrie militaire israélien. Il a été démis de ses fonctions fin 2013 pour « conflit d'intérêts » avec le groupe industriel israélien Rafael, pour avoir favorisé la signature de contrats avec Israël.

 

Des accords militaires ont d'ores et déjà été signés depuis 2010 pour livrer à la Pologne des technologies de surveillance et de contrôle, achetés à Elbit pour 16 millions de $. Elbit est responsable du contrôle du mur de séparation, ainsi que pour la réalisation des drones Hermes.

 

Israël avait déjà aussi convenu de la formation des pilotes de la flotte aérienne polonaise ainsi que des forces spéciales. Le groupe industriel Rafael avait signé un contrat d'investissement de 450 millions de $ pour construire des armes en Pologne, dont les missiles anti-chars Spike.

 

Quand même la paisible Finlande fait du business avec Israel...

 

Même la vertueuse Finlande n'y échappe pas. De 2002 à 2010, la Finlande aurait fourni pour près de 4 millions d'€ de missiles anti-char, en faisant dans le domaine, le second fournisseur derrière les Etats-unis.

 

La Finlande a auassi importé pour 37 millions d'€ de missiles moyenne portée de l'entreprise Rafael en 2000-2001, et pour 21 millions d'€ de systèmes électroniques militaires. Elle aurait acquis pour 170 millions d'€ d'armes israéliennes depuis 1999.

 

Et la coopération continue, elle est même florissante. La Finlande a des contrats de livraisons de matériel de plusieurs dizaines de millions d'euros avec les plus grands groupes d'armement israéliens Elbit, Rafael ou Fibrotex.

 

En tout, en Europe, les licences d'exportation sont passées de 150 millions d'€ en 2008 à 600 millions d'€ en 2012. Depuis 2007, les entreprises israéliennes Elbit et Israeli Aerospace Industries ont été autorisés à participer à des projets de recherche d'une valeur de 244 millions d'€.

 

A combien vont s'élever les licences d'exportation pour 2013 ? On ne le sait pas encore, pas de doute qu'on risque d'atteindre un nouveau record.

 

Les contrats réellement signés – ceux pour les destroyers et sous-marins allemands, les avions d'entraînement italiens, et ce malgré les accrocs pour les drones que la France et la Pologne prévoyaient d'acheter en Israel – devraient se chiffrer à plusieurs milliards d'euros.

 

Combien vaut une reconnaissance formelle de l'Etat palestinien dans les Parlements européens quand chaque jour la possibilité réelle qu'un Etat palestinien voit le jour est annihilée par des armes, ou des composantes, ou des technologies venant d'Europe ?

Samedi 20 décembre 2014 6 20 /12 /Déc /2014 06:21
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Libre-los-5-free_3.jpgRaul Castro se félicite du retour des 5 à Cuba, des relations normalisées avec les USA mais, pour lui, la lutte continue



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Mes chers compatriotes,



Depuis mon élection en tant que Président des conseils d’état et des ministres, j’ai réitéré, à maintes reprises, notre disposition à entretenir avec le gouvernement étasunien, un dialogue respectueux, reposant sur une souveraineté mutuellement reconnue, pour aborder réciproquement les thèmes les plus divers, sans porter atteinte ni à l'indépendance nationale ni à l’autodétermination de notre peuple.



Il s’agit d’une position qui a été exprimée au gouvernement des Etats-unis, en public et en privé, par le camarade Fidel, tout au long de notre grand combat, avec l'idée d'entamer des discussions et régler nos désaccords par la voie des négociations, sans renoncer à un seul de nos principes.



L’héroïque peuple cubain a démontré, face aux grands périls, les agressions, adversités et sacrifices, qu’il est et saura rester fidèle à ses idéaux d’indépendance et de justice sociale. Au cours de ces 56 années de Révolution, nous sommes restés unis et nous avons gardé une profonde loyauté pour ceux qui sont tombés en défendant ces principes depuis le début de nos guerres d’indépendance en 1868.



Maintenant, nous sommes en train d'oeuvrer, malgré les difficultés, à l’actualisation de notre modèle économique pour bâtir un socialiste prospère et durable.



A la suite d’un dialogue au plus niveau, y compris d'un entretien téléphonique que j’ai eu hier avec le Président Barack Obama, nous avons pu avancer dans le résolution de certaines questions de première ordre pour les deux nations.



Comme Fidel l’avait promis, en juin 2001, lorsqu’il a dit, je cite : « Ils reviendront ! », aujourd’hui, ils reviennent dans notre patrie, Gerardo, Ramón et Antonio.



L’immense joie de leurs proches et de tout un peuple mobilisé inlassablement vers cet objectif, s’étend aux centaines de comités et groupes de solidarité, gouvernements, parlements, organisations, institutions et personnalités qui pendant 16 ans se sont battus et donné corps et âme pour obtenir leur libération. Nous leurs exprimons, à tous, notre gratitude la plus profonde.



Cette décision du Président Obama, mérite le respect et la reconnaissance de notre peuple.



Je tiens à remercier et reconnaître le soutien du Vatican, et tout particulièrement du Pape François, en vue de l’amélioration des relations entre Cuba et les Etats-unis. Nous remercions également le gouvernement du Canada qui a facilité la réalisation du dialogue, au plus haut niveau, entre les deux pays.



A notre tour, nous avons décidé de libérer et de renvoyer aux États-Unis, un espion d’origine cubaine qui était au service de ce pays. D’autre part, pour des raisons humanitaires, aujourd’hui, nous avons renvoyé dans son pays, le citoyen nord-américain Alan Gross.



De façon unilatérale, car telle est notre pratique, et qu'elle est conforme à nos lois, certains prisonniers qui intéressaient le gouvernement des Etats-unis ont connu des remises de peine, d'autres leur libération.



De même, nous avons convenu de la reprise de relations diplomatiques.



Ceci ne veut pas dire que l’essentiel soit réglé. Le blocus économique, commercial et financier nous causant d'énormes préjudices humains et économiques doit cesser.



Bien que les mesures du blocus soient devenues loi, le Président des États-Unis peut modifier leur application en vertu de ses compétences exécutives.



Nous proposons au gouvernement étasunien l'adoption de mesures mutuelles en vue de l’amélioration du climat bilatéral et de l’avancée vers la normalisation des liens entre nos deux pays, conformément aux principes du droit international et à la charte des Nations unies.



Cuba réitère sa disposition à maintenir la coopération dans les organismes multilatéraux, comme l’Organisation de Nations unies.



Tout en reconnaissant que nous avons de profonds désaccords, principalement sur la souveraineté nationale, la démocratie, les droits de l’homme et la politique extérieure, je confirme notre volonté de dialoguer sur tous ces sujets.



J’invite le gouvernement des États-Unis à surmonter les obstacles qui empêchent ou restreignent les liens entre nos peuples, nos familles et les citoyens des deux pays, en particulier, en ce qui concerne les voyages, le service postal direct et les télécommunications.



Les progrès atteints lors de nos échanges montrent qu’il est possible de résoudre beaucoup de problèmes. Comme que nous l’avons répété, il nous faut apprendre l’art de coexister, d’une façon civilisée, avec nos désaccords



Nous aurons l'occasion de reparler de toutes ces questions ultrérieurement

Je vous remercie beaucoup

Raul Castro, président de l'Etat cubain

Vendredi 19 décembre 2014 5 19 /12 /Déc /2014 06:46
- Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

streikamazon.jpgGrève illimitée de Noel chez Amazon en Allemagne contre l'exploitation effrénée ... l'entreprise délocalise en Pologne !

 

 

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 


Les salariés d'Amazon vivent l'exploitation capitaliste dans sa plus grande brutalité, une inhumanité voilée pour les consommateurs dans la chose-marchandise tant désirée pour Noel. Les travailleurs allemands ont mené une grève de 3 jours pour obtenir des salaires, des conditions de travail dignes. Les enjeux de cette lutte sont éclairants.

 

Cela fait un an et demi, depuis mai 2013, que les salariés d'Amazon en Allemagne multiplient les grèves pour exiger leur intégration aux conventions collectives du commerce, pour obtenir un salaire et des conditions de travail dignes.

 

Une « grève de Noel » inédite : une semaine de mobilisation massive

 

La grève entamée ce lundi 15 décembre, et poursuivie jusqu'à mercredi, est sans doute la plus importante qu'ait connue l'entreprise américaine en Allemagne, le seul réel mouvement de masse qu'il endure en Europe.

 

Cette « grève de Noel » frappe Amazon dans son pic de production. L'an dernier, le 15 décembre, Amazon a reçu 4,6 millions de commandes le 15 décembre, soit 53 marchandises par seconde.

 

Une « grève de Noel » qui, selon le syndicat du commerce VERDI, aurait impliqué 2 500 salariés, soit près du tiers des 9 000 employés permanents du groupe en Allemagne. Un taux de grévistes colossal dans un secteur où règnent le despotisme de l'usine, la terreur patronale.

 

Enfin, une « grève de Noel » qui pour la première fois implique 6 des 8 centres de travail d'Allemagne : à Hersfeld (Hesse), Graben (Bavière), Rheinberg et Werne (Rhénanie), Leipzig (Saxe) et pour la première fois l'atelier de Coblence.

 

Et une « grève de Noël » qui, d'après les dernières déclarations du syndicat Verdi, devrait continuer jusqu'à samedi prochain, voire jusqu'à Noël.

 

L'ampleur de cette grève est une réponse massive, et significative aussi dans son symbole, aux tentatives de l'entreprise américaine, au début de l'année 2014, de mettre en scène un soutien de ses employés à l'entreprise, par des vidéos en ligne montrant des déclarations de soutien des salariés, ou imprimant des T-Shirt : « Moi, je suis pour mon entreprise, Amazon ».

 

La lutte pour le droit aux conventions collectives au XXI ème siècle

 

Les salariés d'Amazon demandent tout simplement l'intégration de leur entreprise dans les conventions collectives du commerce de détail, qui prévoit des salaires minimums ainsi qu'une réglementation des conditions de travail, et la pleine intégration des syndicats aux négociations.

 

Comme partout, Amazon joue sur les failles de la réglementation – ou sur les avantages que fournit ce droit du travail aux grandes entreprises qui maîtrisent son architecture –, elle considère que l'entreprise s'intègre à la branche de la logistique.

 

Cela lui permet dans l'immédiat trois choses :

 

1 – de faire régner son arbitraire dans les conditions de travail dans les ateliers. On connaît les conditions de travail chez Amazon en Allemagne, en Grande-Bretagne, aux USA ou en France : des cadences infernales, des températures inhumaines, la pression de l'encadrement, l'automatisation des comportements, l'isolement des salariés. Le tout sans regard des Inspections du travail.

 

2 – de payer les salariés à un tarif inférieur, le salaire minimum serait de 9 € dans la logistique, contre jusqu'à 13 € – selon les régions – dans le commerce. Selon les syndicats, un aligement sur les conditions des conventions collectives du commerce conduiraient à une hausse du salaire mensuel pouvant aller jusqu'à 700 €. Pour l'instant, Verdi se bat pour 3 % d'augmentation de salaire ;

 

3 – enfin de ne pas reconnaître Verdi, syndicat du commerce, comme partenaire légitime, donc d'exclure les syndicats de toute négociation sur les salaires, les conditions de travail. A prétendre suivre la convention collective de la logistique, Amazon n'en suit aucune, et ne reconnaît aucun syndicat dans ses entreprises.

 

Le dialogue social façon Amazon : obtenir la collaboration du gouvernement et des syndicats au statu quo

 

Face à cette mobilisation massive, au pire moment pour Amazon, quelle est la réaction de ce géant commercial américain ?

 

Tout d'abord, il ne désespère pas de trouver un soutien au sommet de l'Etat allemand, y compris des directions syndicales, contre la grève. Amazon n'est pas effrayé par l'introduction d'un salaire minimum à 8 € de l'heure … qui serait en-dessous des conventions collectives de la logistique.

 

Récemment, la Ministre du Travail (SPD) de Rhénanie, Sabine Bätzing a proposé sa médiation car « le dialogue social est bon pour tous », dit-elle.

 

Au même moment, la Ministre du travail fédérale, aussi une social-démocrate, Andrea Nahles prépare un projet de loi qui prévoit d'annihiler tout pouvoir de négociation aux syndicats de base, ou catégoriels, plus enclins à lancer des mouvements de grève.

 

Une remise en cause du droit de grève, au nom de la représentativité syndicale (« tariffeinheit ») qui renforcerait la collaboration de la centrale syndicale unitaire, la DGB, avec le gouvernement.

 

Ainsi, récemment, dans Tagesspiegel, le secrétaire du syndicat Verdi, Frank Bsirske n'a pas tari d'éloges sur le gouvernement et la chancellière Merkel en particulier, qu'il voit comme « intelligente et réfléchie », plus prête à « dialoguer avec nous », ferme « dans sa politique ».

 

La délocalisation en Pologne comme solution ?

 

Mais Amazon a déjà entamé depuis l'an dernier un vaste plan de délocalisation de son activité vers l'Europe de l'Est, la République tchèque et surtout la Pologne.

 

La presse polonaise, acquise au discours patronal, jubile : « Les Polonais travaillent, pendant que les Allemands font la grève ».

 

Amazon a commencé la délocalisation de son activité en Pologne en 2013. Aujourd'hui, on compte 4 500 employés permanents, et 7 500 saisonniers.

 

Et la première expédition de colis d'Allemagne depuis la Pologne a eu lieu fin septembre 2014.

 

Cependant, le puissant, mais peu compétitif, secteur du petit et moyen commerce polonais ainsi que la grande distribution font pression pour éviter toute implantation en Pologne dans la distribution. Il n'y a toujours pas d' « Amazon.pl », et il n'y aura pas à moyen-terme.

 

Les salariés polonais offrent un avantage : ils sont payés en moyenne 3 € de l'heure, trois fois moins qu'en Allemagne, mais un tarif qui paraît décent en Pologne pour des employés non-qualifiés.

 

Amazon s'attendait par contre à trouver des salariés dociles. Il a vite déchanté, les salariés entamant des poursuites judiciaires, se plaignant des allées et venues considérables dans les centres de travail – 95 000 m2 en moyenne, soit 13 terrains de football –, de cadences intenables ainsi que d'un temps de travail de 10 h par jour.

 

La grève des salariés d’Amazon, inédite par son ampleur, montre néanmoins qu’il est possible de mobiliser les salariés parmi les plus exploités, les plus isolés du capitalisme moderne. Les salariés, syndicalistes français ne peuvent être que solidaires de ce mouvement.

Jeudi 18 décembre 2014 4 18 /12 /Déc /2014 11:35
- Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

barrage_belga2-384x216.jpg La plus grande grève en Belgique depuis 30 ans, résistance massive au plan de guerre contre le monde du travail

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les syndicats belges l'ont qualifié de plus grande grève générale qu'ait connue le pays depuis 30 ans. On attendait une rentrée très chaude en Belgique. Le mouvement social que connaît le pays depuis septembre dépasse toutes les prédictions.

 

« Résistance sociale », le mot d'ordre lancé par le Parti du travail de Belgique (PTB) a pris vie ce lundi 15 décembre pour la journée de grève générale nationale convoquée par les deux grandes fédérations syndicales CSC et FGTB.

 

« Résistance sociale » : les transports paralysés, un pays à l'arrêt

 

Les transports ont été complètement paralysés dans tout le pays : aucun avion n'a atterri ni décollé des aéroports à cause de la grève des contrôleurs aériens. Aucun train n'a roulé – ni TGV, ni Thalys ou Eurostar – depuis dimanche, tandis que le port d'Anvers était à l'arrêt.

 

Aucun autobus, tramway ni métro ne circulait en Flandre comme en Wallonie.

 

Le mouvement a été aussi très suivi dans les écoles, les universités, les hôpitaux, les administrations, même si un certain nombre de travailleurs ont fait grève pour la première fois, en particulier dans le commerce mais aussi dans le secteur social.



Le mouvement social monte en puissance en Belgique, des obilisations du mouvement à l' « As de pique » dans les universités contre la hausse des frais aux « grèves sauvages sur le rail » contre la casse de la SNCB, en passant par les « grèves tournantes » régionales contre l'austérité.

 

Un plan de guerre : retraite à 67 ans, saut d'index, coupes budgétaires

 

Le 6 novembre, ce sont entre 120 et 150 000 personnes qui se sont retrouvés à Bruxelles pour dire Non au plan de rigueur du Premier Ministre wallon du MR (libéral) Charles Michel, un véritable plan de guerre contre les travailleurs belges, sur demande pressante de la Commission européenne et du patronat de Wallonie comme de Flandre.

 

Dans ce plan, trois grandes mesures :

 

1 – le recul de l'âge de la retraite à 67 ans, et le recul de toute retraite anticipée jusqu'à 63 ans. La réforme des retraites consisterait également en l'introduction d'une réforme à points ;

 

2 – le « saut d'index », de fait une baisse des salaires, c'est-à-dire un gel des salaires nominaux (une baisse des salaires réels) dans un pays où les salaires sont toujours indexés sur les prix, ce qui préserve le niveau de vie des Belges ;

 

3 – les coupes dans les budgets de l'éducation, la santé ainsi que dans les subventions à la SNCB (rail) ;

 

Avec ce plan, le gouvernement escompte réaliser 11 milliards d'économies. Il a reçu les félicitations du FMI et de la Commission européenne qui lui reproche juste de ne « pas aller assez loin ». Moins de taxes sur le travail, plus sur le capital, avancent-ils.

 

Toujours plus pour le patronat : la recette de l'UE, du FMI

 

Moins de taxes sur le travail signifie allégements fiscaux pour les entreprises, bien sûr. Le gouvernement envisage déjà de réduire de 33 à 25 % les cotisations sociales patronales alors que le patronat peste contre le taux de prélèvements obligatoires (44 %), plus élevé qu'en France.

 

Si le patronat insiste beaucoup sur le « niveau d'imposition » exorbitant, le « coût du travail » élevé, il oublie de souligner que la Belgique a un des niveaux de productivités les plus élevés d'Europe, avec 45,9 € par heure travaillée. Elle n'est devancée que par le Danemark et égale la France.

 

La guerre est déclarée en Belgique. Et le patronat flamand et wallon a trouvé son unité dans la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). Le patron des patrons wallon Jean-François Héris peut dire que « Patrons wallons et flamands se rejoignent sur beaucoup de sujets ».

 

Mais ce patronat uni a trouvé en face d'elle des salariés unis, dans un pays où la tradition syndicale de lutte est tout de même plus forte en Wallonie. Du nord au sud, de l'ouest à l'est, à Anvers, Liège, Bruxelles, le mouvement a été massif et uniforme.

 

Le PTB, le seul parti à défendre les travailleurs de Belgique

 

Les partis politiques dominants se sont, eux, répartis les rôles. Le MR (libéral), la démocratie chrétienne jouent les « réformateurs » courageux, qui pensent à la nation et non aux intérêts corporatistes des fonctionnaires, tout au service du patronat et de l'UE.

 

Le Parti socialiste (PS) – qui met en place les réformes d'austérité en Wallonie, à Bruxelles – joue hypocritement l'opposition, ménageant son syndicat de référence la FGTB et son électorat ouvrier.

 

Enfin, la droite dure nationaliste flamande du NVA joue la carte anti-syndicale et anti-grève, monte les « honnêtes travailleurs » flamands contre les « grévistes fainéants » de Wallonie. Le leader du NVA, Bart de Wever, a ainsi dénoncé une « grève politique ».

 

Quant au Parti du travail de Belgique (PTB), la formation marxiste qui monte et qui vient de faire son entrée au Parlement fédéral avec 4 % des voix, il a été très bien accueilli sur les 1 000 de piquets de grève où ses militants étaient présents.

 

Les travailleurs belges ont montré la voie en cette année, celle de la lutte contre la politique du patronat et de l'UE, de l'unité dans la riposte aux mauvais coups du gouvernement. C'est maintenant aux travailleurs français de prendre exemple sur leurs compagnons belges.

Mercredi 17 décembre 2014 3 17 /12 /Déc /2014 05:39
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

JCPPercée historique du Parti communiste japonais avec 12 % des voix et 21 députés : son deuxième meilleur résultat depuis 1945 !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Dans la deuxième puissance capitaliste au monde, le soleil qui se lève est rouge écarlate. Le Parti communiste japonais vient d'obtenir un des meilleurs scores de sa longue histoire, il est aussi le parti qui connaît la plus forte progression depuis le début de la crise.

 

Cela fait des années que la presse nippone prédit la fin du communisme au Japon. Quelle ironie, en 2014, le Parti communiste japonais (PCJ) réalise un score qu'il n'avait jamais connu durant toute la guerre froide, à peine égalé par son record historique de 1996 (13,1 %, 26 députés).

 

Le PC japonais double son score : de 3 à 6 millions d'électeurs !

 

Les élections législatives du 14 décembre ont vu le PCJ obtenir la confiance de 6 millions d'électeurs, soit 11,4 % des voix au scrutin proportionnel. Avec 21 députés, il obtient sa plus forte représentation parlementaire depuis 1996, gagnant 13 places à la Diète.

 

Le PCJ connaît un boom qui a totalement pris de court les instituts de sondage. De fait, il a plus que doublé son score. En 2012, il avait obtenu 6,2 % des voix, représentant 3,5 millions d'électeurs.

 

Selon les analystes, le Parti communiste a su incarner l'opposition au Parti libéral-démocrate (PLD) qui passe de 27 à 33 % des voix. Parti traditionnel du capitalisme monopoliste d’État, il a pris un tournant nettement nationaliste et belliciste sous la direction de Shinjo Abe.

 

Il talonne désormais le parti de centre-gauche, le Parti démocrate (18 %), une opposition timide si ce n'est complaisante ainsi que l'allié du PLD, le parti religieux conservateur Komeito (13%) et enfin la formation d'extrême-droite, nationaliste et néo-libérale Parti de l'innovation (15%).

 

Le PCJ a visiblement su convaincre, au-delà de sa base électorale traditionnelle populaire – le Parti n'est jamais descendu en-dessous de 5 % depuis 1968 – les électeurs mécontents et indécis, par son identité de parti incorruptible et opposé au système dominant incarné par le PLD.

 

Non à la hausse de la TVA, au Traité trans-atlantique et à la militarisation !

 

Son programme, simple, reposait sur quatre « Non » à la politique du gouvernement :

 

  • Non au pillage des travailleurs japonais au profit des monopoles : c'est le refus de l'augmentation de la TVA, déjà relevé de 5 à 8 %, et que le gouvernement veut faire passer à 10 %. Le PCJ propose à la place une augmentation du progressif Impôt sur le revenu ;

 

  • Non à la soumission, économique et politique, à l'impérialisme américain : c'est concrètement le refus de ratifier l'Accord de Partenariat Pacifique (TPP), l'équivalent du NAFTA pour l'Europe, un traité de libre-échange pour la zone Pacifique. Le PCJ continue par ailleurs à réclamer le départ des bases militaires américaines, notamment à Okinawa ;

 

  • Non à la relance de l'industrie du nucléaire : après la catastrophe de Fukushima en 2011, le PC japonais qui avait dénoncé la logique de privatisation du nucléaire, a proposé une sortie progressive du nucléaire ;

 

  • Non à la re-militarisation du Japon : cela suppose un refus de la ré-écriture de la Constitution pacifique du pays, écrite après 1945. Une ré-écriture imposée par les Etats-unis, voulue par certaines fractions du capital monopoliste nippon afin de faire barrage à l'émergence de la Chine populaire ;

 

Ce programme a visiblement rencontré les aspirations de millions d'électeurs. Le Parti aurait aussi profiter de sa remarquable structuration, qui lui a permis de réagir vite à la dissolution surprise de l'Assemblée nationale.

 

A Okinawa, le candidat communiste humilie le candidat du pouvoir !

 

Ce succès se mesure aussi à l'ampleur d'une victoire inédite depuis 1996. Il faut savoir que le scrutin au Japon est divisé en deux parties : une pour les 2/5 ème des députés à la proportionnelle, une autre pour les 3/5 ème des sièges sur la base d'un scrutin uninominal majoritaire à un tour.

 

Pour le PCJ, il est très difficile voire impossible de remporter une bataille électorale au scrutin majoritaire à un tour face à la puissance des partis traditionnels (PLD, PD), et son isolement dans cette scène politique dominée par l'anti-communisme.

 

Pourtant, en 2014, le Parti communiste japonais a réussi l'exploit de remporter un siège. Qui plus est face au Parti libéral-démocrate (PLD), avec ses réseaux de pouvoir, son clientélisme, sa légitimité bureaucratique et traditionnelle.

 

A Okinawa bien sûr, où il y a quelques semaines le candidat soutenu par le Parti communiste avait déjà remporté le poste de gouverneur, ainsi que la plus grande ville de l'île.

 

Cette fois, c'est un communiste qui a remporté un siège de député. Seiken Akamine est un ancien professeur de collège, conseiller municipal. Il a grandi près d'une base militaire à Okinawa, et a participé dans sa jeunesse aux mobilisations contre la guerre du Vietnam.

 

Okinawa était jusqu'en 1972 une île sous contrôle direct américain. Elle reste une île perlée de bases américaines : 32, abritant 26 000 soldats.

 

Le mouvement local contre les bases, contre la guerre est puissant. Il se mobilise actuellement contre la re-location d'une base sur l'île. Il a trouvé dans le Parti communiste, un relais fiable, un point d'appui fidèle depuis des décennies dans la lutte pour la paix et l'indépendance.

 

« Changer de nom ? Pas question ! »

 

Cela fait des années que le communisme connaît un regain d'intérêt au Japon. Un intérêt qui a circulé jusque dans la presse occidentale : les traductions du Capital en manga, l'afflux de jeunes précaires vers le Parti, la renaissance de l'original marxisme nippon.

 

En dépit des tentatives pour minorer cet intérêt renouvelé – ce à quoi les sondages ont contribué au Japon, ils ne donnaient que 3-4 % aux communistes ! – celui-ci est désormais indéniable, pour un Parti qui compte 400 000 adhérents, avec une publication quotidienne Akahata (le Drapeau rouge), qui dépasse le million d'exemplaires.

 

Le PCJ a une longue, riche et fière histoire. Persécuté sous le militarisme japonais dans les années 1930 et 1940, il l'a encore été dans le Japon autoritaire sous influence américaine, en particulier dans les décennies 1940, 1950 et 1960. Il a toujours représenté le parti de la classe ouvrière et surtout de la paix, de l'indépendance – y compris face à la Chine, l'URSS – et du progrès social.

 

Un parti communiste qui connaît un tel succès, pour l'idéologie dominante, il doit « se moderniser », « évoluer » donc « changer de nom ». Pour le président Kazuo Shii, pas question.

 

En août 2013, il avait déclaré : « Ce nom, de Parti communiste, c'est le symbole d'un parti qui ne change pas de cap ». Pour lui, ces partis qui changent de nom, font des coalitions éphémères, ne récoltent que la méfiance des électeurs. Le résultat de dimanche montre que c'est bien vu !

 

Bravo à nos camarades japonais qui ne mettent pas leur drapeau rouge dans leur poche ! Vive le Parti communiste japonais qui, à 92 ans, connaît une nouvelle jeunesse et est plus fort que jamais pour faire barrage à la re-militarisation du pays.

Mardi 16 décembre 2014 2 16 /12 /Déc /2014 06:58
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

tsipras-europa.jpgTsipras drague l’élite capitaliste européenne au Bildeberg italien … et y loue les politiques de Draghi (BCE), Monti !

 

Introduction et traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Alexis Tsipras règnera-t-il sur la Grèce ? Assurément. Changera-t-il la face de la Grèce ? Sûrement pas, nous le craignons.


 Les articles se multiplient dans la presse française pour faire avancer l’idée que la finance internationale craindrait l’arrivée du leader d’une formation issue de la gauche radicale. Une vision plutôt déformée de la réalité.


Non que certaines fractions du capital financier – celles craignant le plus une inévitable restructuration de la dette grecque – n’aient de réelles craintes sur Tsipras, mais l’ensemble du capital européen ne semble pas hostile à l’arrivée d’un leader dont ses solutions impliquent toutes un bond fédéraliste européen, le maintien de l’euro et le paiement de la dette (restructurée).


Pour donner une idée du programme d’Alexis Tsipras, nous publions ici un document que nous avions en réserve, la traduction de l’intervention de M.Tsipras à une rencontre organisée le 5 septembre 2014, au Forum Ambrosetti, sur le lac de Come.


Le Forum Ambrosetti est moins connu que le Club Bildeberg, mais il participe de la même logique : réunir les leaders politiques dominants, l’élite des grands groupes capitalistes et des économistes libéraux pour dessiner les contours du maintien du système capitaliste italien et européen.

L’invitation lancée par le Forum et acceptée par Tsipras est significative. Il y côtoyait des hommes politiques clés de l’UE : Joaquin Almunia, Michel Barnier, José Barroso, Enrico Letta, Mario Monti, Romano Prodi, Jean-Claude Trichet.


Des ministres clés de l’économie et des finances ou des affaires sociale d’Espagne, d’Allemagne, d’Italie, des Pays-Bas, d’Autriche étaient présents. On y trouvait aussi les PDG de JP Morgan, Fiat, Goldman Sachs pour ne citer que les cas les plus célèbres.


Laissons la parole à Tsipras, présenté aux grands d’Europe comme « président de SYRIZA. Leader de l’opposition en Grèce. Vice-président du PGE ». Nous publions le texte en intégral, nous nous contenterons de souligner et commenter certains passages.


Eloges pour la politique de Mario Draghi à la tête de la BCE, celle de Monti précédemment (pour une recapitalisation européenne des banques). Nécessité des réformes structurelles, d’un plan de privatisation efficace. Identification de l’ennemi euro-sceptique, urgence de penser une alternative à la crise renforçant l’intégration européenne. A méditer.


Intervention d’Alexis Tsipras au 40 ° Forum de la fondation Forum Ambrosetti


« Mes chers amis,


Je voudrais commencer mon intervention, en reconnaissant que l’invitation qui m’a été envoyée repose sur deux raisons.


La première raison, c’est que vous savez que je vous présenterai une vision différente, peut-être hérétique diront certains, une analyse critique de la politique actuelle, de la politique dominante dans l’UE.


La deuxième raison, c’est que je représente un parti en Grèce, le pays où, par le biais la troïka, on a appliqué le programme d’ajustement le plus violent jamais réalisé en Europe.

 

J’ai entendu il y a peu M.Barroso, presqu’en excusant, dire qu’il n’y avait pas à avoir honte des résultats de nos efforts pour sortir de la crise. Je ne sais pas si quelqu’un aurait en réalité à avoir honte, mais on ne peut certainement ni célébrer ni être fiers de ces résultats.


Je veux ainsi commencer par une introduction. La crise est encore ici. Et ce n’est pas juste que la crise est encore là, mais c’est qu’elle n’en finit pas de résister, qu’elle crée des métastases. Nous luttons depuis cinq ans contre la crise, mais nous ne sommes pas parvenus à en réchapper. La crise est partie des banques, elle est passée à l’économie réelle, et de l’économie réelle elle est passée désormais dans la société, menace la cohésion sociale, et l’Europe se trouve face à une triple crise. Crise politique, économique, mais aussi crise du système politique, crise de confiance. Cela est révélé par les résultats des élections européens, cela démontre le fait qu’une immense majorité des citoyens européens ne croit pas que, nous ( !) qui discutons ici, nous pouvons apporter une solution efficace aux problèmes qu’ils doivent affronter, et ils tournent le dos à la politique. Cela se manifeste par la percée inquiétante de l’extrême-droite populiste, mais aussi par la montée inquiétante de l’anti-européisme.


Si aujourd’hui « un spectre hante l’Europe », ce n’est pas celui du communisme ( !), comme disait Marx dans le Manifeste du Parti communiste, mais le populisme de l’extrême-droite anti-européiste, c’est le spectre de l’euro-scepticisme et de l’anti-européisme ( !!).


Permettez-moi d’apporter brièvement quelques chiffres pour vous prouvez la faillite du programme en Grèce. En seulement quatre années, le PIB a reculé d’un quart, une chose sans précédent pour un pays en temps de paix. Le taux de chômage officiel est arrivé à 28 %, ce qui est inacceptable pour un pays au cœur de l’Europe, et nous avons une dette publique qui de 126 % du PIB se chiffre aujourd’hui à 175 % et augmente encore. Et nous avons également toute une série de dés-investissements. Je pense ensuite que, partant du présupposé que le traitement qui a été donné au patient a aggravé la maladie, nous devons tous nous mettre d’accord sur le fait que ce traitement doit être interrompu. Et je pense que la majorité des citoyens en Europe pense justement que la troika, comme institution qui a été imposée dans le schéma institutionnel européen, doit être abolie.


Je pense donc que nous avons besoins de changer de stratégie, personne ne dit – au moins, nous, nous le disons pas – qu’il faut revenir à l’époque des déficits. Mais la persévérance dans cette voie, avec un dévouement dogmatique et religieux, ne mène nulle part.


En premier lieu, tout simplement, parce qu’aucun pays dans l’histoire économique moderne ne peut faire face à une dette qui s’élève à près du double de son PIB, un PIB qui ne cesse de se contracter, du moment que ce pays doit payer chaque année plus de 10 milliards d’€ d’intérêts, et il doit émettre un excédent de 4,5 % qui ira intégralement au paiement de la dette. Tout simplement, de façon mathématique, le développement est impossible dans un tel cadre. Et sans croissance, on ne sortira pas de la crise. Même si nous croyons qu’il y a des richesses, surtout en Grèce, qui ces dernières années restent intactes, ces richesses doivent être taxées, et nous sommes en mesure de trouver ainsi des ressources mais nous devons avoir la perception que nous avons besoin de créer de nouvelles richesses pour sortir de la crise. Et sans croissance, on ne produit pas de richesses.


En second lieu, le programme de privatisations, qui était censé être un instrument pour sortir de la crise, ne peut pas fonctionner dans un contexte de désinvestissements et dévaluation des valeurs. Ils pensaient récupérer 50 milliards par les privatisations, nous en avons trouvé 2,9 milliards et dans le meilleur des cas, si le programme continue, nous trouverons 9 milliards.


En troisième lieu, les réformes structurelles. Les réformes structurelles vont dans la direction opposée des nécessaires réformes structurelles. Nous n’affrontons pas les grandes pathologies de l’économie grecque : l’évasion fiscale, l’Etat clientélaire. Avec une application dogmatique, ils promeuvent des réformes qui n’ont plus rien d’autre à proposer que la libéralisation des licenciements dans une économie qui compte près de 30 % de chômeurs. Je crois qu’il y a de nombreuses opportunités dans le cadre européen, mais pas dans l’adhésion dogmatique à la logique de l’austérité, pas dans le contexte de la troïka.


La troïka a failli, elle doit être arrêtée. Il existe d’autres solutions. Ici je veux rappeler cela, en juin 2012, M.Monti avait proposé que la re-capitalisation des banques soit réalisée directement par le MES(Mécanisme euroépen de stabilité), sans plomber les dettes publiques. Cette proposition, si elle avait été suivie, nous aurait permis d’aller beaucoup mieux à l’heure qu’il est.


Ainsi, aujourd’hui, nous sommes confrontés à une réalité qui est caractérisée par la stagnation, le risque de déflation, le creusement des dettes publiques et privées. Pour faire face à cette réalité, nous avons besoin :


-         En premier lieu, d’une politique courageuse de la BCE, un « quantitative easing ». Les propositions de Draghi vont pour nous dans une direction positive, mais il faut des mesures encore plus radicales pour traiter le problème ;

 

-         En second lieu, nous avons besoin d’initiatives pour le développement, à l’échelle européenne pour affronter la récession, en étendant le rôle de la Banque européenne pour les investissements ;

 

-         En dernier lieu, nous devons résoudre – nous aurions déjà du le faire, il y a des années, quand a commencé la crise – le problème de la dette. Nous proposons une solution européenne, pour trouver une base durable, dans une logique de solidarité, dans la logique de la Conférence de 1953 qui a traité la dette de l’Allemagne. Ce fut un grand moment de solidarité pour l’Europe. Nous devons redécouvrir ces valeurs fondatrices de l’Europe. Solidarité, démocratie, cohésion sociale. »

 

Lundi 15 décembre 2014 1 15 /12 /Déc /2014 07:00
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

B1IgwgIIcAEcxwX.jpg16 ème Rencontre internationale des Partis communistes à Guayaquil (Equateur) : analyse convergente, actions communes

 

Introduction et traduction pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les 13, 14 et 15 novembre dernier se tenait la 16 ème Rencontre des Partis communistes et ouvriers, à Guayaquil, en Equateur.

 

85 délégués venant de 53 partis ont assisté à ce qui est devenu depuis 1998 le point de rencontre annuel des partis communistes du monde entier, un moment d'échanges sur les situations politiques nationales, de coordination à l'échelle internationale de la riposte à la politique du capital mondialisé, de l'impérialisme de plus en plus belliqueux.

 

Le mérite de cette relance est venu au Parti communiste de Grèce (KKE) qui en 1998 a fait le choix d'affirmer que les partis communistes, le socialisme comme projet de société alternatif, avait un avenir au moment où beaucoup abandonnaient le terrain de la lutte pour une transformation révolutionnaire de la société.

 

La liste des partis et villes hôtes illustrent depuis une dizaine d'années la dimension mondiale acquise par l'initiative, son soutien parmi des partis communistes encore puissants : Lisbonne, Moscou, Sao Paulo, New Delhi, Athènes, Beyrouth, Johannesbourg, et Guayaquil.

 

En 2014, parmi les 53 partis venus en Équateur et qui ont laissé une contribution :

 

ceux d'Australie, d'Argentine, du Bahreïn, de Belgique (PTB), de Biélorussie, de Bolivie, du Brésil (PCB/PCdoB), de Grande-Bretagne, du Canada, de Chine, de Colombie, du Costa Rica, de Cuba, de Chypre (AKEL), de République tchèque, du Danemark, d'Equateur, de Finlande, de France (PCF), d'Allemagne, d'Inde, de Hongrie, de Grèce, d'Irlande, d'Italie (PdCI), de Jordanie, de Corée, du Laos, de Liban, de Lituanie, du Mexique, de Norvège, de Palestine, du Panama, du Pérou, du Portugal, de Russie, d'Espagne, d'Afrique du sud, de Syrie, de Turquie, des États-Unis et du Vietnam.

 

Un certain nombre d'autres partis n'ont pu matériellement être présents et ont envoyé un message de soutien à l'initiative. Nous tâcherons dans les prochaines semaines de réaliser des traductions des interventions des différents partis ayant participé au meeting international.

 

Nous vous communiquons ci-dessous le résumé des débats de la Rencontre Internationale tel qu'il a été formalisé par le Parti communiste d'Equateur :

 

COMMUNIQUE DE PRESSE DU PC D'EQUATEUR SUR LA XVI EME RENCONTRE INTERNATIONALE DES PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS

 

Les 13, 14 et 15 novembre dernier se tenait à Guayaquil, en Equateur, la 16 ème Rencontre internationale des Partis communistes et ouvriers, sous le thème « Le rôle des partis communistes et ouvriers dans la lutte contre l'exploitation impérialiste et capitaliste, à l'origine de crises et de guerres et de la montée des forces fascistes et réactionnaires. Pour les droits des travailleurs et des peuples, pour l'émancipation nationale et sociale ; pour le socialisme ».

 

La rencontre, à laquelle ont assisté 53 partis venant de 44 pays et qui a reçu les messages de salutation d'autres partis qui pour diverses raisons n'ont pu venir, a rassemblé 85 délégués.

 

Ont été analysés les effets dévastateurs de l'exploitation capitaliste et impérialiste exacerbée qui se traduisent aujourd'hui par une recrudescence des conflits régionaux, dans le danger réel d'un nouvel affrontement mondial et par la résurgence de courants fascistes et néo-fascistes, par lesquels les oligarchies et les puissances impérialistes tentent de faire durer cet ordre mondial injuste.

 

Les participants ont aussi discuté de la riposte que pouvaient apporter les peuples et du rôle dirigeant que peuvent avoir les partis communistes et ouvriers à ce stade.

 

La Rencontre a dressé le constat du processus néo-libéral que l'on cherche à imposer aux peuples. Insoutenable, ses contradictions s'aggravent par la crise écologique et alimentaire, ce qui produit des transformations profondes et complexes dans le monde d'aujourd'hui, avec l'ascension de nouveaux acteurs sur la scène internationale, révélant la perte d'influence des centres traditionnels de pouvoir.

 

L'agressivité impérialiste se manifeste avec toujours plus de vigueur, via les guerres conventionnelles ou non, dans différentes parties du globe. L'impérialisme cible de nouvelles régions géopolitiques qui lui garantiraient un plus grand contrôle sur les ressources naturelles du dit Tiers-monde et sur les routes du commerce international. Nous sommes ainsi les témoins d'une offensive visant à empêcher que ne se consolident les tendances à la multi-polarité.

 

La réunion a pris note que les États-Unis, pour rétablir leur hégémonie uni-polaire, ont un recours toujours accru à la force militaire, articulée à des instruments médiatiques, politiques, idéologiques, culturels et économiques qui provoquent des conflits.

 

L'issue de la situation dépendra entre autres, de la capacité des forces communistes, démocratiques, progressistes et révolutionnaires dans le monde à participer résolument à la lutte politico-idéologique en faveur de transformations sociales et d'un nouvel ordre international.

 

Il a été dénoncé le fait que, dans cette nouvelle vague belliciste et réactionnaire, se démarque la contre-offensive néo-libérale contre l'Amérique latine et les Caraibes, dont l'objectif principal est l'élimination des gouvernements progressistes de la région qui défendent des politiques sociales et la défense de leurs intérêts souverains, ainsi qu'un nouveau type d'intégration économique, politique et sociale.

 

Ont également été soulignées les activités subversives impérialistes déployées par les instruments traditionnels d'ingérence, qui vont de la CIA à l'USAID, avec la participation de franges de la bourgeoisie nationale étroitement liées au capital nord-américain.

 

L'objectif de cette subversion à visage découvert est de déstabiliser ces sociétés, pour justifier un scénario politique qui impliquerait le renversement violent des régimes progressistes.

 

Lors de la réunion, des informations ont été apportées sur les expériences des gouvernements progressistes et révolutionnaires en Amérique latine, et les avancées importantes en matière de réduction de la pauvreté, la consolidation de l'intégration latino-américaine et caribéenne, et la récupération de la souveraineté, ce qui a suscité une violente réaction des oligarchies nationales, qui redoublent d'efforts pour remettre sur pied des projets néo-libéraux dans cette partie du monde.

 

Il a été constaté que l'Amérique latine connaît aujourd'hui des expériences clairement progressistes, qui sont le résultat des aspirations et luttes populaires dans la région pour la défense de la souveraineté nationale, des efforts pour l'indépendance économique, du renforcement des Etats, cherchant à mettre un terme au néo-libéralisme, et de la formation d'organismes économiques régionaux, recherchant l'indépendance et le soutien solidaire entre égaux, comme l'UNASUR, le MERCOSUR, la Banque du Sud, la CELAC.

 

Il s'agit d'un processus de lutte contre le colonialisme, de résistance contre le pillage économique. Ces expériences ont rendu possible ce qui apparaît désormais comme de nouveaux signaux d'espoir envoyés dans la recherche de la justice sociale, et s'est transformé de fait en un point de repère politique dans la lutte pour le changement en direction de ce monde possible que nous souhaitons.

 

Il a été tout particulièrement fait référence au rejet international unanime du blocus économique, financier et commercial contre Cuba, une politique toujours en vigueur, en violation ouverte des principes de la Charte des Nations unies, renforçant la pression sur les institutions commerciales, financières et bancaires qui entrent en relation avec Cuba, élargissant son caractère extra-territorial et touchant jusqu'à ses alliés les plus proches.

 

On a dénoncé la crise économique et financière persistante qui en Europe a servi de justification et de prétexte aux élites de ce bloc impérial pour intensifier la destruction de ce qu'on connaît sous le nom d’État social.

 

Avec les politiques d'austérité fiscale ( = des coupes massives et la suppression totale des programmes à dimension sociale), les grands groupes capitalistes européens voient dans un regain de compétitivité l'issue à la crise, ce qui se traduit par des licenciements massifs, la précarisation du travail et l'érosion accélérée du niveau de vie des travailleurs.

 

Les participants ont aussi condamné la participation européenne à des conflits menés par l'OTAN, sous prétexte de « crise humanitaire », de nécessité de « préserver des vies humaines ».

 

Il a été souligné que la crise a un impact sur les forces politiques de la région, conduisant à une dégradation de la culture politique, rendant les pays de moins en moins gouvernables, soumis à une instabilité sociale de plus en plus importante, des éléments qui mettent en évidence les vulnérabilités du modèle démocratique-libéral bourgeois.

 

La rapacité du capitalisme européen, avec le soutien de l'impérialisme nord-américain, le conduit à chercher à mettre en œuvre une politique de chantage économique coercitif misant sur un blocage des importations et exportations, ce qu'on appelle les « sanctions » au détriment des peuples de ces pays.

 

Cependant, dans ce scénario compliqué, l'idéologie néo-libérale progresse, les forces ultra-réactionnaires et d'extrême droite prolifèrent, captant des parties importantes de l'électorat.

 

Il a été mis en avant que l'OTAN continue ses pressions pour étendre ses frontières, tout particulièrement en Europe de l'est, participant aux conflits se déroulant sur ce territoire.

 

Les participants ont exprimé leur solidarité avec les camarades ukrainiens, qui ont du affronter directement la montée du néo-fascisme dans ce pays. La vie de nombreux communistes a été mise en danger, en toute impunité, victimes d'agressions violentes contre leurs maisons, les sièges de l'organisation. Le massacre contre le peuple de Donetsk continue, et contre les régions qui affichent leurs velléités d'indépendance politique et territoriale.

 

Ce conflit dont le coût humain énorme a été ignoré par les démocraties occidentales, est l'expression la plus crue de la résurgence du fascisme sur le sol européen et des guerres comme instrument du capitalisme pour maintenir sa politique d'exploitation. L'instabilité et le chaos sont une réalité terrible dans des régions de plus en plus vastes.

 

Les participants ont condamné le récent bombardement sioniste contre Gaza, partie intégrante de la stratégie globale de l'impérialisme dans la région. Son objectif est de briser l'unité des forces palestiniennes, de détruire la résistance et de maintenir la politique d'occupation sur les territoires occupés, ce qui correspond pleinement aux intérêts des États-unis. La réaction de la résistance palestinienne et la solidarité internationale ont obligé Israël à mettre un frein au génocide et à s'engager à continuer les négociations indirectes.

 

L'importance géopolitique de la région en fait un champ de bataille dans la prétendue lutte contre le terrorisme à une période où monte le besoin de s'assurer les routes maritimes, ce qui est vital pour le développement du commerce, pour la garantie de la sécurité nationale des principales puissances mondiales.

 

La réunion a analysé ces bandes mercenaires criminelles, organisées par la CIA, l'OTAN, autorisées, soutenues et financées par les gouvernements réactionnaires du Moyen-orient qui continuent d’assassiner des hommes, des femmes, des enfants et des peuples autochtones dans des proportions massives, ce qui conduit à une migration contrainte née de la faim, de la misère, des discriminations, sans aucun espoir certain d'y survivre.

 

La nouvelle situation créée en Irak et en Syrie avec la proclamation de l’État islamique, rejeton des États-Unis, de l'Occident, et d'un groupe réactionnaire de pays arabes, déborde le cadre national et est à relier à des intérêts étrangères qui poussent pour changer le rapport de forces géopolitique régional avec une stratégie qui inclut le maintien de la crise en Syrie pour faire tomber Bachar al-Assad, recomposer la structure de pouvoir en Irak et faire obstacle à l'influence régionale de l'Iran. La menace de l'Etat islamique a servi aux États-Unis pour justifier des actions qui sont dans ses intérêts dans la région.

 

La prolifération des groupes djihadistes et l'instrumentalisation du facteur religieux rentrent dans le jeu des nord-américains.

 

La rencontre a souligné qu'en Afrique sub-saharienne, les problèmes politiques, économiques et sociaux hérités du colonialisme et du néo-colonialisme, combinés aux effets de la grande crise mondiale actuelle et de la politique de l'impérialisme, provoquent instabilité, conflits et interventionnisme impérialiste.

 

La richesse naturelle du continent en a fait une région stratégique pour les intérêts de l'impérialisme. La lutte pour les marchés et les sphères d'influence a exacerbé les contradictions entre les diverses puissances impérialistes pour acquérir l'hégémonie.

 

Afrique orientale, centrale et occidentale voit l'activité de groupes djihadistes, suivant Al-Qaeda comme Boko Haram au Nigeria ou al Shabaab en Somalie.

 

Les pays de l'OTAN utilisent ces réalités pour justifier le renforcement de leur présence militaire sur le continent. S'approfondit la ruée du grand capital vers les énormes ressources économiques de ce continent, qui est à la fois une des régions les plus riches et les plus pauvres de la planète.

 

Elle doit faire avec de dures réalités, comme la récente épidémie d'Ebola qui frappe les pays d'Afrique occidentale.

 

Il a été dit qu'en Asie et dans le Pacifique, la région la plus dynamique économiquement de la planète, l'Administration d'Obama a adopté la « politique du pivot » qui consiste dans le redéploiement des Etats-unis vers cette région qu'ils considèrent comme partie intégrante de sa stratégie de sécurité nationale, et également de sa politique d'endiguement de la Chine et de la Russie.

 

Dans ce contexte, la lutte des partis communistes pour garantir la poursuite des processus socialistes en Chine, au Vietnam, au Laos et en Corée du nord, avec pour objectif de garantir leur stabilité et leur souveraineté, prend une importance toute particulière au vu de ses répercussions intérieures et sur la politique internationale.

 

Il a été souligné que la situation internationale troublée, marquée par la crise systémique de l'impérialisme mondial, la multiplication des conflits armés aux quatre coins du globe et le développement de tendances néo-fascistes, exige des partis communistes et ouvriers ainsi que des forces, organisations progressistes et révolutionnaires un débat ouvert, sans préjugés et rassembleur, qui se départisse de tous les dogmatismes et sectarismes.

 

Nous devons construire ensemble, et selon nos réalités, des alternatives de développement socialiste, que les peuples puissent identifier comme la solution à leurs graves problèmes. C'est une tâche de tout premier ordre, non seulement pour les partis communistes et ouvriers, mais aussi pour les autres forces politiques et mouvement sociaux dans le monde.

 

Seules des propositions socialistes qui posent les bases pour transformer la réalité du monde d'aujourd'hui seront capables de sauver l'humanité de la débâcle de la guerre, l'exploitation effrénée des ressources naturelles, et du soutien périlleux à un néo-fascisme qui sous de nouvelles formes trompe et manipule des millions de personnes.

 

Les partis réunis à Guayaquil, ont réaffirmé que la seule alternative viable au capitalisme est le socialisme, ce qui suppose une indépendance pleine et entière, condition préalable pour le développement, la justice sociale, l'égalité des chances, la répartition équitable des richesses, la solidarité humaine, le respect de l'environnement et le droit des peuples au libre choix, démocratique, du projet de société dont ils veulent.

 

Les participants ont souligné que les Rencontres internationales des Partis communistes et ouvriers sont d'une importance vitale pour le mouvement anti-impérialiste, progressiste et révolutionnaire mondial, dans une période où se décident des choix capitaux pour l'humanité.

 

La science du marxisme-léninisme a acquis une réputation mondiale comme instrument fondamental d'analyse de la situation sociale, de mise en œuvre pratique en faveur des transformations révolutionnaires, ouvrant la voie au socialisme et au communisme.

 

La seule option pour faire face aux nouveaux défis de ce monde, et aux pouvoirs impériaux, trans-nationaux et mondiaux dominants, ce sera l'unité dans la diversité, de façon créative, la solidarité entre forces de transformation et de progrès.

 

La réunion a adopté 11 lignes et initiatives d'action commune ou convergente des Partis communistes et ouvriers à appliquer d'ici la réalisation de la 17 ème Rencontre, ainsi que le mandat des réunions du Groupe de travail des Partis communistes et ouvriers pour sa préparation.

 

 

---

 

ACTIONS COMMUNES ET CONVERGENTES DES PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS A ORGANISER D'ICI LA 17 EME RENCONTRE DES PC

 

1 – Célébrer le 1er mai, par la participation aux luttes de la classe ouvrière dans chaque pays, en insistant sur les droits sociaux et démocratiques, soulignant le rôle du mouvement ouvrier, en commémorant le 70 ème anniversaire de la FSM en octobre 2015 ;

 

2 – Dévoiler les plans d'hégémonie impérialiste, les véritables raisons derrière la guerre et l'instrumentalisation de la lutte contre le terrorisme, insistant sur l'importance de la défense de la paix. Développer des actions contre les bases militaires de l'OTAN et celles que l'impérialisme a imposé dans de nombreux pays, contre les interventions et le militarisme, avec une attention spéciale sur la mise en place de la « Situation Trident 2015 » ;

 

3 – Faire monter la lutte contre les guerres impérialistes en Irak et en Syrie, contre celle menée par les groupes criminels soutenus par l'impérialisme et les Etats réactionnaires contre le Liban, la Libye, la Tunisie. Condamner les Etats-unis, l'OTAN et l'intervention impérialist européenne en Ukraine et en Afrique ;

 

4 – Commémorer le 70 ème anniversaire de la victoire sur le fascisme et le nazisme soulignant le rôle de l'URSS et des partis communistes dans la lutte et l'unité contre le fascisme et le nazisme, et mener la lutte contre la ré-écriture réactionnaire de l'histoire et la réhabilitation du fascisme et du nazisme ;

 

5 – Commémorer le 40 ème anniversaire de la victoire du Vietnam dans sa libération contre l'agression impérialiste nord-américaine ;

 

6 – Dénoncer et luter contre les lois anti-communistes. Développer des actions de solidarité avec les partis qui subissent des attaques anti-communistes, des interdictions et persécutions, telles que celle qu'endurent les communistes ukrainiens ;

 

7 – Renforcer la solidarité, avec des actions communes, avec ceux qui sont en première ligne de la résistance contre l'offensive impérialiste. Renforcer la solidarité et l'action commune de soutien aux peuples, aux camarades qui sont à l'avant-garde de la résistance à l'offensive impérialiste. A l'occasion du 29 ème novembre, renforcer la solidarité avec les Palestiniens. Faciliter une visite de solidarité en Palestine, à Gaza, ouverte à tous les membres de la liste Solidnet ;

 

8 – Renforcer la solidarité avec les Partis communistes, les ouvriers et avec les peuples qui luttent pour leur émancipation nationale et sociale, en Amérique latine et dans d'autres parties du monde. Affirmer le droit des peuples à la souveraineté, la lutte contre les diktats du capital, les ingérences et agressions impérialistes. Réaffirmer notre solidarité avec la lutte des peuples pour construire le socialisme dans chaque pays ;

 

9 – Réaffirmer notre solidarité avec Cuba socialiste, afin de mettre un terme au blocus américain, à la position commune de l'UE et pour rejeter toute intervention impérialiste, toute guerre menée par les médias bourgeois. Intensifier l'activité pour la libération des trois Cubains qui sont dans les prisons américaines, et soutenir la campagne internationale qui culminera en septembre 2015 ;

 

10 – Soutenir et renforcer les organisations anti-impérialistes internationales de masse,la Fédération syndicale de masse (FSM), le Congrès mondial pour la paix (CMP) et la Fédération démocratique internationale des femmes (FDIM), soulignant leur rôle et leur importance dans les anniversaires respectifs qui seront commémorés en 2015 ;

 

11 – Donner des instructions au Groupe de travail afin qu'il entame une réflexion, en coordination avec les partis de l'ancienne Union soviéitique, sur la commémoration et des actions communes à l'occasion du centenaire de la Révolution socialiste ;

Dimanche 14 décembre 2014 7 14 /12 /Déc /2014 06:59
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

sciopero-generale-12-dicembre1.jpgGrève générale massive en Italie, plus d'1 million de personnes dans la rue contre le 'Jobs act' qui casse le Code du travail

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

L'heure est grave en Italie. Le gouvernement de Renzi, frère de Valls acte la casse du Code du travail, les syndicats ont voulu négocier l'inamendable, la gauche institutionnelle sombre. Les travailleurs sont désarmés malgré un potentiel de mobilisation extraordinaire.

 

70 % de grévistes : les transports italiens paralysés

 

Les chiffres communiqués par l'UIL (Union italienne du travail) et la CGIL (Confédération générale italienne du travail) – relayés par l'agence de presse ANSA – donnent le vertige : 1,5 million de manifestants, et un taux de grévistes national compris entre 60 et 70 %.

 

L'objectif de la journée de mobilisation du 24 octobre – 1 million de manifestants – est dépassée ce 12 décembre.

 

A la mi-journée, les cortèges étaient massifs : entre 2 et 5 000 à Padoue, Venise, Brescia, Pescara, entre 10 et 15 000 à Ancone, Bari, Palerme, 30 000 à Bologne, Florence, enfin 50 000 à Naples, Milan, Turin et Rome.

 

La grève a conduit à une paralysie du pays qui s'est sentie avant tout dans les transports : annulation de plusieurs centaines de vols (300 pour le seul aéroport romain de Fiumicino), de la moitié des trains, alors que 70 % des métro et bus sont restés au dépôt (avec des pointes à 90%).

 

« Jobs act », une déclaration de guerre contre le monde du travail

 

Ce qui mobilise les travailleurs italiens, c'est la déclaration de guerre du nouveau Président du Conseil, le leader du Parti démocrate (PD, ex-Parti communiste reconverti en Parti à l'américaine!), Matteo Renzi contre le monde du travail.

 

Sa réforme du travail inspirée de Blair et Clinton, son « Jobs act » (la tonalité anglo-saxone n'est pas une coincidence!) cible un marqueur identitaire du monde du travail italien : l'article 18 du Code du travail qui conditionne tout licenciement jugé abusif à un reclassement du salarié.

 

Cela fait 15 ans que le patronat essaie à tout prix d'annihiler cette disposition. Berlusconi en a rêvé, les manifestations réelles de 2002 l'avaient fait chuter, celles qui craignaient en 2011 l'avaient incité à faire marche arrière.

 

L'homme de gauche, libéral-populiste, Renzi abolit ce qu'il appelle ce « totem », ce tabou de la gauche. Dans la réalité, l'article 18 joue un rôle moins important que celui qui lui est accordé. Il protège de façon importante les travailleurs individuellement mais les entreprises italiennes le contournent par des licenciements collectifs maquillés en chômage technique forcé.

 

Mais c'est le symbole qui compte, il s'agirait d'un signe fort de la casse du Code du travail, de la flexibilisation totale des licenciements pour le patronat, la porte ouverte aux réformes structurelles voulues par la Confindustria (le MEDEF italien), l'UE, la finance internationale.

 

Avec une forme de discours populiste, qui « parle aux gens » et méprise « les partis, la bureaucratie, les syndicats », revalorise le « sens du travail » au service de l' « esprit d'entreprise », Renzi est entre Berlusconi et Sarkozy, Valls et Grillo.

 

Contrat unique de travail, garantie-jeune, revenu minimum universel : danger !

 

Renzi prévoit certes des réformes inspirées par celles de Blair, Clinton, Schroder. Mais elles ont aussi un caractère nouveau qui préfigure celles qui vont être mises en œuvre en France.

 

  1. Un « contrat unique de travail » pour les nouvelles embauches, officiellement un CDI, comprenant une période probatoire de 3 ans (au lieu d'1 an) où le licenciement économique est autorisé ;

     

  2. La « libéralisation des licenciements », donc l'abolition de l'article 18 du Code du travail. Le recasement du salarié licencié est remplacé par une indemnisation du travailleur, en fonction de son ancienneté ;

 

  1. Une « garantie-jeunes » qui consiste en une allocation minimale de 400 € pour les jeunes en grande précarité, un dispositif coordonné par l'Union européenne. Une allocation conditionnée à leur suivi par l'agence nationale pour l'emploi, ainsi qu'à la réalisation de missions de travail, de stages et de formations liées aux besoins des employeurs ;

     

  2. Enfin, une « allocation chômage universelle » qui est une remise en cause du droit à l'assurance chômage, maquillé derrière une allocation de 1 000 € puis 700 €, qui peut être supprimée après 2 ans, et destinée avant tout à 300 000 travailleurs aux carrières fragmentées ;

 

On note la perfidie de Renzi. Il reprend des idées superficiellement progressistes – revenu minimum universel, CDI pour tous, universalisation de l'aide pour les précaires – afin de faire passer la précarisation de l'ensemble des salariés, la casse du Code du travail et de la Sécurité sociale.

 

Les syndicats divisés sur la réforme, unis sur le « dialogue social » !

 

Enfin, les syndicats réagissent. Très tard, et sans unité. La CISL (démocrate chrétienne) trouve la réforme du travail positive. La CGIL (ex-communiste), dans un premier temps, avait salué le revenu minimum universel, le contrat unique d'insertion, ne réclamant que plus d'ambition (!).

 

Cette fois, la CGIL et l'UIL (la FO italienne) ont affiché leur opposition à la réforme. Renzi ne leur a laissé aucun espace de négociation, il a foncé, manifesté son mépris envers « ses syndicats qui ne savent que faire des grèves, alors que lui essaie de trouver des emplois aux gens ».

 

Certains leaders syndicalistes ont rejoint les thèses de Renzi, dans les rangs mêmes de la CGIL. On peut penser à un certain Guglielmo Epifani qui s'était fait connaître en 2002 par son statut de leader de l'opposition à la casse par Berlusconi de l'article 18.

 

Il a été le secrétaire de la CGIL de 2002 à 2010. Député du PD depuis lors, il a voté la Réforme au Parlement et la défend, tout comme Cesare Damiano, membre de la direction nationale de la CGIL, de sa branche métallurgique la FIOM, dans la mythique usine FIAT-Mirafiori, de Turin.

 

Malgré tous ces accros, les bras d'honneur de Renzi, la secrétaire de la CGIL, Susanna Camusso, est loin d'être catégorique devant les micros : « C'est au gouvernement de décider si il veut l'escalade du conflit ou si il veut retourner à la table des négociations ».

 

Hypocrisie du PD qui a deux fers au feu

 

C'est sur les représentants et locaux du Parti démocrate (PD) que se sont concentrées toutes les colères des manifestants ouvriers, étudiants, salariés, lors des manifestations organisées ce 12 décembre. Les sièges du PD ont été agrémentés de jets de peintures, d'oeufs et de tomates.

 

Le chef du gouvernement, leader du PD, Renzi a été raillé en « Pinocchio » à Rome, en « Terminator du monde du travail » à Turin, en « Riformatic » à Gênes. De la créativité, mais aussi une personnalisation qui – comme du temps de Berlusconi – fait le jeu du pouvoir.

 

Stefano Fassina – qui se fait passer pour l'aile gauche, sociale, du PD – était présent au cortège à Rome, comme Pippo Civati à Milan. Ce sont les « frondeurs » du Parti démocrate, Fassina insiste : « il fallait que quelqu'un du PD soit dans la rue, avec les travailleurs ».

 

Le 25 novembre, ils avaient oublié leurs frondes à la maison. Le « Jobs act » est passé à 316 voix pour, 6 contre. 29 députés PD, autour de Fassina, ont refusé de participer au vote.

 

Les caciques « de gauche » du PD, représentants de l'héritage communiste, ont choisi l'hypocrisie jusqu'au bout. Pier-Luigi Bersani, secrétaire-général du PD, a exprimé certaines contrariétés mais a voté pour, « par discipline de parti ».

 

Massimo d'Alema qualifie lui le gouvernement Renzi d' « épisode » - on a l'impression d'entendre Benedetto Croce face au fascisme, « une parenthèse » ! -, il exprime certaines réserves face au Jobs Act, lui qui a toujours favorisé la précarisation du travail. Il n'a pas voté contre.

 

Les travailleurs ne se sont pas trompés. D'Alema a osé se pointer au cortège de Bari. Il a été accuelli par des « Dégage », « Bouffon », « Vendu ». Massimo d'Alema a répondu : « C'est normal. Les gens sont en colère, en particulier contre le PD ». De quoi justifier les noms d'oiseau.

 

Et à la gauche du PD ? Nichi Vendola – l'ancien liquidateur de Refondation communiste, qui s'est fait élire à la tête de la région des Pouilles et s'est forgé un bel appareil d'élus grâce aux voix du PD –, qui joue le jeu des primaires du PD – occupe tout l'espace médiatique.

 

Un drôle de personnage qui a commencé par valoriser le style Renzi, plein de nouveautés dans la forme, rupture avec le discours politique conventionnel. Il avait loué certaines mesures démagogiques comme les crédits d'impôts de 85 € par mois.

 

Depuis la rentrée de septembre, Vendola se montre plus critique. Son objectif, fracturer le PD pour emporter son aile-gauche et former une nouvelle organisation qui lui permettrait de devenir le leader du centre-gauche.

 

Sa nouvelle formation ? « Human factor » (le facteur humain, si! Et en anglais dans le texte !) qui lui aurait été inspiré par les paroles du pape François (si!). Il s'agirait de rassembler toutes les forces de gauche, du centre qui refusent la politique de Renzi.

 

Vendola dénonce les inspirations de Renzi chez Blair, mais il cherche la sienne dans les expériences de Romano Prodi, l'ancien Président du Conseil qui a mis en place des réformes structurelles libérales (sur les retraites notamment), plongé l'Italie dans les guerres américaines, enfoncé l'Italie dans l'Union européenne austéritaire. Quel beau programme !

 

Et pendant ce temps, les communistes ne parviennent pas à sortir de l'ornière, piégés dans les combinaisons politiciennes passées et présentes, contraints d'accepter le cirique électoral alimenté par les Vendola, Fassina, d'Alema, pour l'avoir alimenté trop longtemps.

 

L'espoir n'est pas mort en Italie. Mais il viendra décidément de la rue, des luttes, du mouvement social, plus que des combinaisons politiciennes. Même si ce mouvement a désespérément besoin d'une perspective politique.

Samedi 13 décembre 2014 6 13 /12 /Déc /2014 07:22
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

  • : Solidarité Internationale PCF
  • Solidarité Internationale PCF
  • : Le site publie des traductions de déclarations, communiqués, articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.
  • Contact
  • Partager ce blog
  • : Politique
  • Retour à la page d'accueil

Liens

Théorie

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés